Site FMPMC
     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 

Sémiologie

Sommaire

1 - Le schéma corporel

2 - L’infirmité motrice cérébrale

3 - La déficience mentale

4 - La latéralité

5 - Les dyspraxies

6 - La graphomotricité

7 - L’hyperactivité

8 - Inhibition psychomotrice


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 8 - Inhibition psychomotrice

 

 

8.1 Définitions

Inhibition = mise en réserve des potentialités diminution des moyens.

Se retrouve dans divers tableaux de psychiatrie adulte et enfant.

C’est un mécanisme adaptatif essentiel

Excès = pathologie limitation de l’intégration au réel

Inhibition est indispensable pour un bon ajustement de la motricité.

Ajustement « impulsion/inhibition » liberté motrice nécessaire à la création de l’action.

WALLON : « l’inhibition supprime ce qu’il peut y avoir d’inutile dans l’acte ».

Elle rend possible l’ajustement moteur en éliminant les mouvements parasites.

CARRIC : « L’inhibition est indispensable pour concentrer l’attention, adapter la réponse et diminuer les mouvements parasites »

8.2 Les causes et les conséquences

Les causes organiques
  • Dysfonctionnement du système nerveux
  • Influence génétique et héréditaire
  • Déficience mentale
Les causes psychosociales
  • Carence affective : abandon, séparation
  • Milieu surprotecteur ou trop sévère

Tout facteur anxiogène

8.3 Les différents concepts

8.3.1 En psychanalyse

Freud : inhibition n’est pas forcément pathologique.

Inhibition peut être limitation normale d’une fonction

Devient un symptôme quand elle exprime « des renonciations à une fonction motivées par le fait que son exercice provoquerait un développement d’angoisse »

Angoisse se manifeste par : évitement, la dépendance anxieuse et inhibition.

Conduites d’évitement :

l’enfant s’oppose au désir de l’adulte

L’enfant aspire à être moins materné

Dépendance anxieuse :

attachement excessive à l’adulte, recherche constante de sa présence.

Il tente de « se faire contenir » et donc de « se contenir » lui même à travers son parent.

Chez l’enfant inhibé : souvent terrain phobique qui s’inscrit dans une dynamique de phobie scolaire.

Dictionnaire de psychiatrie : blocage de l’activation émotionnelle

Notion de conflit intra psychique et de mécanismes de défense

8.3.2 En psychomotricité

  • Trouble aussi fréquent que l’instabilité mais plus méconnue car ne gène pas au début, puis elle irrite surtout si réduction verbale altération de communication.
  • Atteinte de la liberté motrice de l’enfant avec manque de discipline motrice et trouble de l’attention.
  • Défaut d’ajustement du couple impulsion/inhibition
  • Difficulté d’entrer en communication avec autrui
  • Difficulté à s’investir dans le jeu
  • Sentiment de mal faire ou de déplaire aux autres

Deux aspects de l’inhibition :

L’inhibition par hypercontrôle et rétention
État tensionnel considérable dans toute attitude ou mouvement = paratonie de fond et d’action
Le mouvement est schématique, freiné
Présence de l’autre = aggravation de la situation
Attitude de retrait
Inhibition par suspend de l’initiative
L’inhibition se marque dans le déclenchement et non dans le déroulement.
Hypotonie fréquente

AJURIAGUERRA décrit 2 familles d’inhibés

  • Les grand inhibés avec peu de troubles moteurs
  • Les inhibés débiles moteurs

Caractéristiques de l’enfant inhibé :

  • Attitude rigide
  • Peu de mouvements
  • Difficultés à engager son corps dans l’action sous le regard d’autrui
  • Peu d’investissement de l’espace
  • Trouble de l’attention
  • Réduction verbale
  • Peu d’initiatives

8.4 Le bilan psychomoteur

Large part à l’observation de sa motricité spontanée, de l’investissement de l’espace, du matériel.

Examen du tonus
Souvent perturbé
Étude des réactions tonico-émotionnelles et réactions de prestance.
Epreuves les + intéressantes : Ballant, tonus d’attitude, syncinésies toniques.
Noter les réactions de sursaut, les augmentations brusques de tonus et les manifestations végétatives importantes.
Epreuves de motricité
Les épreuves d’immobilité
Réactions de prestance aux épreuves les yeux fermés anxiogène.
Les épreuves dynamiques
Marche : peu de participation des membres supérieurs
Course : libération car assimilée à un jeu
Épreuve de schéma corporel
Échec aux épreuves d’imitations de gestes ou au test de Head dimension relationnelle.
Orientation spatiale
Investissement de l’espace difficile
Test de M.Vyl : impulsivité, trouble de la mémorisation
Adaptation aux rythmes
Discordance du rythme frappé et marché ↑ des frappes, ralentissement de la marche.
Métronome = anxiogène, ↑ réactions anxiogènes

8.5 Abord thérapeutique

Fond tonique et relationnel perturbé restaurer la communication gestuelle ou verbale

Enfant doit être dans une situation d’agir motivante

  • Technique théâtrale : faire émerger des élaborations verbales et gestuelles.
  • Techniques d’expression à prédominance physique
  • La relaxation : prise en compte de l’anxiété et amélioration des troubles du tonus.

Toute activité qui développe une activité motrice plus globale investissement de l’espace

8.6 Bibliographie

  • AJURIAGUERRA J. Manuel de psychiatrie de l’enfant. Paris, MASSON 1980
  • ANDRE P, BENAVIDES T, GIROMINI F : Corps et psychiatrie
  • BERGES J : Nouveau traité de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent Paris, PUF 1995
  • DUPONT R. Psychomotricité, les troubles de la régulation tonique Paris, VERNAZOBRES 1989
  • FREUD S. Inhibition, symptômes et angoisse Paris, PUF 1951
  • GUILLEMOT D. et CROMBEZ Y. L’enfant inhibé Paris, PUF 1989
  • PUYUELO R. L’anxiété de l’enfant ou le bonheur difficile Collection Enfances cliniques, PRIVAT 1990
  • ROBERT OUVRAY S. Intégration motrice et développement psychique Paris, MAX PAGES 1992

     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 
8.1 - Définitions
8.2 - Les causes et les conséquences
8.3 - Les différents concepts
8.4 - Le bilan psychomoteur
8.5 - Abord thérapeutique
8.6 - Bibliographie
8.3.1 - En psychanalyse
8.3.2 - En psychomotricité