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Sémiologie

Sommaire

1 - Le schéma corporel

2 - L’infirmité motrice cérébrale

3 - La déficience mentale

4 - La latéralité

5 - Les dyspraxies

6 - La graphomotricité

7 - L’hyperactivité

8 - Inhibition psychomotrice


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traduction HTML V2.7
V. Morice


Chapitre 1 - Le schéma corporel

 

 

1.1 Introduction

  • Perception que l’on a de son corps.
  • Image de notre corps
  • Modèle permanent
  • Se constitue grâce à nos expériences vécues
  • Se constitue au long de l’enfance → 11 ans

SCHILDER : Représentation que chacun a de son corps, immobile ou en mouvement dans l’espace.

HEAD : modèle postural

L’HERMITTE : insiste sur la nécessité des praxies – Rôle des données kinesthésiques et visuelles

BERGES : armature ou enveloppe

MERLEAU-PONTY : sensation de corporéité → conscience des postures.

Développement de l’affectivité lié à celui de la motricité.

Le schéma corporel se constitue lentement en fonction de :

  • La maturation de SN
  • L’univers dans lequel les mouvements sont à faire
  • La tonalité affective de cet univers

La conscience du corps est l’ensemble de la représentation motrice : mouvements, attitudes, postures.

1.2 Développement du schéma corporel

Chronologie difficile à établir

Importance des données sensorielles :

Image graphique11.trsp.gif

A l’origine :

  • Importance de la relation mère-enfant : postures, odeurs, bercement
  • 2 mois : développement du toucher
  • 3 mois : la vision entre en jeu

Modalités sensorielles diverses = perception « éclatée » de son corps.

A partir de 10 mois : différence entre les différentes sensations : sensation de son corps et sensations faisant intervenir les objets.

Vers 12 mois : changement important

  • La préhension se développe
  • Acquisition de la marche

Meilleure structuration de l’image du corps

Expérimentation de son corps : se frappe certaines parties du corps avec des objets

Vers 2 ans : Reconnaissance des organes sur autrui

Attitude de l’enfant par rapport à autrui :

Unification du corps par l’expérience du miroir

  • 4 mois : fixe son image
  • 5 mois : sourit à son image
  • 6 mois : se retourne quand on lui parle

Expérience nouvelle

  • Il n’avait que des images partielles de son corps
  • Il est vu par autrui

Rôle du tonus :

Permet l’émergence du sentiment d’enveloppe.

État tonique = expression du bien- être ou mal-être

L’enfant s’adapte aux messages tonico-posturaux dans le portage ou maternage.

WALLON : L’enfant acquiert le « sentiment de corps propre » en réagissant au variations toniques qui l’entourent.

S. ROBERT-OUVRAY : importance de la fonction tonico-émotionnelle et de la parole.

La peau : frontière entre l’intérieur et l’extérieur

BULLINGER : « genèse de l’axe corporel » = repère fondamental

Permet à l’enfant de ressentir la continuité entre les différents segments de son corps.

Du vécu sensori-moteur à la représentation

Nécessité de la fonction symbolique association de l’image mentale à la représentation kinesthésique du corps.

Expérience du miroir : permet l’élaboration d’une réalité, d’un imaginaire, et de la fonction symbolique

Importance de l’intégration des expériences perceptivo-motrices

L’unité psycho corporelle se développe en suivant les étapes du développement cognitif et psychoaffectif de l’enfant.

Elle s’enrichit des expériences du corps propre avant de donner naissance aux représentations que sont le schéma corporel et l’image du corps.

1.3 Image corporelle, image de soi

Représentation mentale de ce qu’est notre corps-expression.

S’élabore par investissement libidinal

Image du corps = perceptions et représentations mentales de notre corps

Première représentation inconsciente de soi

DOLTO : « C’est une représentation dynamique du sujet en état désirant »

Elle se construit par les expériences agréables ou douloureuses, au travers du regard des autres.

3 sous-unités :

  • Image de base
  • Image fonctionnelle
  • Image des zones érogènes

Dolto propose une image schématique entre schéma corporel et image du corps.

Schéma corporel Image du corps
Le même pour tous Propre à chacun, liée à l’histoire
S’élabore sur des sensations S’élabore sur des expériences émotionnelles
Évolutif dans le temps et l’espace Le passé inconscient résonne dans la relation présente
Pré-cs, cs, ics Incs
Se structure par apprentissage et expériences Se structure par la communication

1.4 Le corps dans le pathologies

Les névroses
La question du corps est centrale.
Atteintes des fonctions : alimentation, sommeil, sexualité
Le névrosé habite son corps mais il en a peur.
  • Hystérie : le corps est mis en scène
  • Phobie : Le corps est encombrant
  • Obsession : Corps = objet de soins, de méfiance
Les troubles de l’humeur
Dépression : Ralentissement idéique et psychomoteur
Le corps est douloureux
États maniaques : hyperactivité motrice, déni corporel.
La schizophrénie
Dépersonnalisation, catatonie, élaborations délirantes
Le corps n’est pas engagé dans la relation
Inadéquation entre l’affect et son expression corporelle.
Rôle du psychomotricien
  • Réveiller des sensations pour que le corps prenne son rôle de référent
  • Donner au patient le désir de ressentir, de découvrir des sensations corporelles, donner les moyens de maîtriser son corps pour favoriser une ouverture sur l’extérieur.

1.5 Chez l’enfant polyhandicapé

L’évolution du tonus permet l’émergence des premières conduites motrices intentionnelles dont la coordination renforce la conscience du corps propre.

Troubles du tonus fréquents
  • retard ou impossibilité l’acquisition des mouvements.
  • Incidence sur le développement des praxies
Atteinte visuelle ou auditive
  • Privation de stimulations sensorielles éveillant le désir de se mouvoir ou de saisir des objets.
La douleur
  • Adoption de postures antalgiques + attitudes de repli pauvreté des échanges corporels.
Pauvreté des expériences sensorimotrices
  • Pauvreté d’élaboration de repères somatognosiques et temporaux spatiaux
La déficience intellectuelle
  • Difficulté de construction de ces représentations

Les premières étapes sont entravées : affectation des représentations spatiales et de l’image du corps qui l’accompagne.

1.5.1 Le cadre en psychomotricité

  • Offrir un cadre rassurant, stimulant qui favorise l’exploration du corps et de son environnement.
  • Définir la place des parents dans ce cadre

1.5.2 Le rôle du psychomotricien

  • Offrir un lieu où l’enfant puisse ressentir son corps et les affects qui s’y rattachent et en construire les limites
  • Utiliser son corps dans la relation à l’autre
  • Créer un espace où il peut expérimenter en sécurité et connaître le plaisir à travers le mouvement
  • Construire des modes de communication
  • Donner un sens à son vécu corporel en accompagnant les progrès et les régressions.
  • Développer, maintenir les fonctions perceptivo-motrices et favoriser son adaptation à l’environnement.

Auprès des parents

  • Leur offrir un espace d’écoute
  • Valoriser leur compétence parentale en leur donnant les moyens de se rencontrer

1.5.3 Évaluation psychomotrice

Nécessité d’une évaluation des possibilités neuro-motrices, sensori-motrices et relationnelles

→ Orientation et les différentes modalités de prise en charge de l’enfant.

Important : le bilan psychomoteur est un outil d’évaluation d’un enfant à un moment de son existence.

Il permet de connaître les potentialités et les difficultés et ainsi d’établir un projet thérapeutique.

L’évaluation des fonctions psychomotrices s’effectue en référence à des échelles de développement du jeune enfant.

  • L’échelle de développement psychomoteur de Brunet-Lezine
  • Les grilles d’évaluation neuro-psychomotrice de Vaivre-Douret
  • Les grilles des N.E.M de Le Métayer

Le bilan d’observation peut s’établir sous différents axes :

Etat tonique global :
Tonus axial et périphérique
Capacités posturo-locomotrices :
  • Maintien et redressement de la tête, du tronc.
  • Maintien des postures
  • Passage d’une position à l’autre
  • Modes de déplacement
Préhension :
Type de préhension : au contact, palmaire, pince.
Comportement avec les objets saisis : cognitif, stéréotypé.
Coordinations/dissociations :
Coordination oculo-manuelle, coordination membres supérieurs/membres inférieurs.
Schéma corporel et image du corps :
Perception de la globalité de son corps, conscience et reconnaissance des différentes parties de son corps,
Zones corporelles les plus investies.
Investissement de l’espace :
Intérêt pour le corps propre seulement, investissement de l’espace proche et/ou plus lointain.
Attitude face aux objets :
Regarde, lance/jette, utilisation dans des gestes stéréotypés, activités manipulatoires, activités exploratoires, permanence de l’objet.
Capacités de communication :
Désir ou non de communiquer.
Mode de communication 
Observation de réactions face aux moments de plaisir et/ou de mécontentement.
Absence ou présence de langage
Contact :
Recherche ou non de contact physique, déplacement vers l’autre, comportement de fuite.
Sociabilité :
Sourire, réponse aux sourires, colère

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1.1 - Introduction
1.2 - Développement du schéma corporel
1.3 - Image corporelle, image de soi
1.4 - Le corps dans le pathologies
1.5 - Chez l’enfant polyhandicapé
1.6 - Bibliographie
1.5.1 - Le cadre en psychomotricité
1.5.2 - Le rôle du psychomotricien
1.5.3 - Évaluation psychomotrice