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Sémiologie psychomotrice de l’enfant

Sommaire

1 - Spécificité de la psychomotricité

2 - La clinique psychomotrice

3 - Les interventions psychomotrices

Bibliographie


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 3 - Les interventions psychomotrices

 

3.2 - Les différentes approches corporelles

3.2.3 - Les thérapies perceptivo-motrices

 

Elles mettent l’accent sur la dynamique du mouvement et sur la production du mouvement, et donc sur une activité mettant en jeu le corps en vue d’intervenir sur l’environnement ;

Les activités ludiques, physiques et sportives constituent les interventions fondamentales, dans des dispositifs collectifs ou individuels : yoga, taï chi chuan, parcours psychomoteurs…

3.2.3.1 Techniques sportives

Introduction
Dans toutes les sociétés, l’homme a organisé des jeux moteurs ayant des règles et des normes bien définies. L’acte moteur montre qu’il peut être hautement intellectualisé pendant son déroulement. Pourtant maintes activités physiques se passent de l’activité cognitive simultanée. Quelquefois, celle-ci peut être nuisible, à l’efficacité du geste.
Support théorique
Les théories du début du siècle étaient axées sur le jeu en tant que phénomène biologique de nature instinctive assurant une fonction physiologique. Ce sont les théories sur la conservation et l’évacuation du surplus d’énergie. Le jeu est alors considéré comme un vestige du passé animal, en liaison avec des origines très lointaines et expression de ces origines.
Ainsi Groos, fortement influencé par la théorie de la sélection naturelle, émet l’hypothèse que le jeu serait le produit d’instincts naissants. Le jeu permettrait de les manifester, de les fixer, et de les exercer ensuite en préparation de la maturité de l’individu.
Hall (1906) considère pour sa part que le jeu est une activité récapitulant les différents stades de l’évolution culturelle de l’humanité.
Nous utiliserons essentiellement trois courants théoriques :
  • Le courant psychanalytique, axé sur l’énergie instinctuelle et l’aspect inconscient de la motivation ;
  • Le courant comportementaliste (behaviorisme) axé sur l’apprentissage ;
  • Le courant cognitiviste, axé sur la connaissance, l’apprentissage symbolique et l’action interpersonnel.

Le courant psychanalytique
  • La pratique sportive est considéré comme des exutoires de l’angoisse issue de la frustration.
  • Les activités sportives sont considérés comme un moyen pour accéder à la maîtrise de la réalité, et de son propre fonctionnement psychique.
  • Les activités sportives libèrent une agressivité réprimée.
  • Les activités sportives permettent un détachement provisoire de la réalité et d’axer l’activité fantasmatique sur des objets qui ont un rapport direct avec la réalité.
Le courant comportementaliste
La récompense est le fondement de l’apprentissage. L’apprentissage s’effectue lorsque des états pulsionnels sont réduits par la satisfaction des besoins qui les créent.
  • Les activités sportives sont considérés comme un moyen indirect de conditionnement positif.
  • Les activités sportives comme apprentissage par imitation de Miller et Dollard (1941).
  • Les activités sportives comme mode d’exploration et d’investigation.
  • Les activités sportives comme besoin d’adaptation de White (1959).
  • Les activités sportives comme recherche de la nouveauté. Hechausen (1964).
Le courant cognitiviste
La pratique d’activités sportives, dans cette optique, sont perçues comme permettant de mettre en œuvre des processus spécifiques qui permettent à l’individu, en tant qu’organisme biologique-cognitif et organisme social, de capter des informations sur son environnement, de les analyser, de les traiter enfin pour élaborer une réponse adaptée aux circonstances ( circonstances liées à la réalité et à ses fluctuations ; circonstances liées aussi aux contraintes que s’imposent l’individu, à l’expression spécifique de l’individu comme étant un organisme unique possédant sa propre histoire, son propre mode de réflexion et donc de perception...).
  • Les activités sportives comme assimilation et accommodation.
  • Les activités sportives comme occasion de jeux organisés.
Quelques réflexions thérapeutiques
Ce n’est pas tant la performance qui doit être cherchée que les notions de plaisir, d’élaboration et de représentation.
A propos des techniques collectives et individuelles :
Classiquement la littérature spécialisée distingue les activités dites collectives, des activités individuelles.
Indications et contre-indications
L’utilisation des techniques sportives s’avèrent indiquée pour les patients dont l’expression des troubles trouvent un versant corporel prédominant, ou lorsque les représentations mentales se trouvent limitées.
La déficience mentale constitue une indication des techniques sportives, notamment en ce qui concernent les activités collectives avec des règles simples et pouvant donner lieu à des échanges spontanés très riches. En général, les activités globales sont mieux perçues par ce type de patient. Les techniques sportives individuelles comme le yoga, le tai-chi-chuan et les arts martiaux demandent une maîtrise corporelle trop importante, une finesse de perception qui sont difficilement accessibles pour les déficients.
Dans les états dépressifs, la restriction des échanges est un facteur limitatif pour la pratique d’activités collectives. Une orientation vers une activité plus individuelle sera mieux indiquée (comme le yoga ou le tai-chi-chuan).
Les activités sportives teintée de mysticisme seront contre-indiqué dans le cadre des psychoses chroniques, en effet ceci pourrait réactiver le délire.
Dans le cadre des pathologies centrées autour du corps (addiction...), les techniques sportives constituent un moyen dynamique de construire une représentation du corps hors d’un champ mortifère. On tiendra compte de l’état somatique du patient qui parfois est précaire.
Le yoga comme exemple de pratique
En se définissant comme « une discipline spirituelle et corporelle, issue d’un système philosophique brahmanique, et qui vise à libérer l’esprit des contraintes du corps par la maîtrise de son mouvement, de son rythme et de son souffle », le yoga se pose comme une pratique mystique permettant de parvenir à une libération spirituelle.
L’Hatha-yoga est la forme la plus répandue en Occident, dont la pratique se dégage de toutes portées mystiques pour orienter l’attention des participants vers des réalisations plus concrètes.
L’Hatha-yoga est un complexe d’exercices gymniques et respiratoires se décomposant en : contrôle de la conscience ; les postures (asanas) et la discipline de la respiration (pranayama).
Le contrôle de la conscience cherche à rendre compte de la tentative de lutter contre toute dispersion de l’attention au cours des différents exercices : l’attention doit être concentrée sur les éprouvés corporels.
Les postures sont des positions stables. Il s’agit « d’éduquer » le corps à propos de la posture afin de réduire le tonus et d’améliorer la connaissance de son corps.
Le pranâyâma est un ensemble de techniques respiratoires qui s’associent à la pratique des postures. Elle consiste à rythmer la respiration en allant quelquefois jusqu’à la suspendre après réalisé une posture.
Le yoga comme thérapeutique
Sa pratique doit être conçue comme une thérapie à médiation corporelle dont les indications doivent être discutée.
L’Hatha-yoga met l’accent sur l’unification de la représentation du corps, avec un effet anxiolytique. Les éprouvés corporels au cours des postures permettent d’augmenter la prise de conscience du schéma corporel par le biais de sensations kinesthésiques, proprioceptives et coenesthésiques. En portant son attention sur les perceptions corporelles, le patient est invité à réduire son tonus pour en parvenir à une certaine maîtrise.

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3.1 - Thérapies à médiation corporelle
3.2 - Les différentes approches corporelles
3.2.1 - Les thérapies psychosensorielles
3.2.2 - Les thérapies expressives
3.2.3 - Les thérapies perceptivo-motrices
3.2.3.1 - Techniques sportives