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Sémiologie psychomotrice de l’enfant

Sommaire

1 - Spécificité de la psychomotricité

2 - La clinique psychomotrice

3 - Les interventions psychomotrices

Bibliographie


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 2 - La clinique psychomotrice

 

 

2.1 Débilité motrice

En 1911, Dupré isole et décrit une entité clinique qu’il nomme « débilité motrice ».

2.1.1 Définition

Dupré décrit la débilité motrice comme suit :

« Dans une série de travaux j’ai décrit sous le nom de syndrome de débilité motrice un état pathologique congénital de la motilité, souvent héréditaire et familial, caractérisé par l’exagération des réflexes ostéo-tendineux, la perturbation du réflexe plantaire, la syncinésie, la maladresse des mouvements volontaires et enfin par une variété d’hypertonie musculaire diffuse, en rapport avec les mouvements intentionnels et aboutissant à l’impossibilité de réaliser volontairement la résolution musculaire. J’ai proposé pour désigner ce dernier trouble le terme de paratonie. Presque tous les sujets paratoniques sont peu aptes à l’exécution des mouvements délicats, compliqués ou rapides ; ils se montrent dans la vie courante malhabiles, gauches, empotés, comme l’on dit. »

2.1.2 Description clinique

Les troubles du tonus
Ils sont représentés par la présence de syncinésies, mais aussi d’un état permanent d’hypertonie qui s’exprime aussi par une paratonie.
Anomalie de certains réflexes
  • Vivacité des réflexes, surtout celle du réflexe tendineux.
  • Survivance d’anciens réflexes.
La maladresse
Elle peut se manifester soit globalement, soit dans certains secteurs avec l’existence de discordance, une inadaptation motrice flagrante pouvant cohabiter avec une motricité correcte dans d’autres domaines. Elle constitue le symptôme d’appel.
Les troubles affectifs
Ajuriaguerra et Diaktine ont noté l’importance des réactions émotionnelles aggravant l’apparition de la paratonie et de la maladresse.

2.1.3 Etiologie

Pour Dupré, la débilité motrice est due à une insuffisance de maturation du système nerveux pyramidal. La débilité motrice est normale chez le jeune enfant.

2.2 Les dyspraxies

2.2.1 Définition

Les dyspraxies de l’enfant réalisent un tableau neuro-psychologique dominé par la maladresse en rapport avec une perturbation majeure de l’organisation conjointe du schéma corporel et de la présentation spatiale. Si la caractéristique essentielle de ces troubles est une altération importante du développement de la coordination motrice. Celle-ci ne peut être imputable à un retard intellectuel global ou à une affection neurologique spécifique.

2.2.2 Cliniquement

dans la vie quotidienne
Le jeune enfant peut avoir une démarche maladroite et être lent à apprendre à courir, à sauter ou à monter et descendre des escaliers.
Il peut par ailleurs présenter une maladresse générale dans les mouvements fins ou globaux, et avoir tendance à laisser tomber des objets, à trébucher, à buter sur des obstacles…
Dans la vie scolaire
Les acquisitions graphiques posent problèmes ainsi que l’acquisition de la lecture bien que plus facilement accessible.
L’apprentissage de l’écriture est difficile et souvent aléatoire, sans que pour autant (dans un premier temps) l’enfant ne manifeste de résistance à cet apprentissage.
L’échec est massif dans les opérations spatiales et les opérations logico-mathématiques. L’acquisition de la lecture est souvent plus accessible bien qu’elle puisse présenter chez certains patients des accrocs sous la forme de lenteur par exemple…

2.2.3 L’efficience mentale et la spécificité de l’atteinte

Les tests d’efficience intellectuelle mettent très nettement en évidence une discordance entre l’efficience verbale et l’efficience de performance. La différence entre performance et verbal peut s’étendre de 20 à 25 points.

De fait, la dyspraxie chez l’enfant recoupe un certain nombre de symptômes psychomoteurs, dans un tableau psychologique bien spécifique.

2.2.4 Les troubles psychomoteurs

Les signes majeurs sont alors les troubles de l’organisation gestuelle (maladresse), les troubles spatiaux et les troubles du schéma corporel.

2.2.5 Sur le plan affectif et relationnel

De Ajuriaguerra distingue deux groupes d’enfants.

Les premiers présentent des difficultés motrices prévalantes, sans traits psychopathologiques saillants.

Le second groupe manifeste en revanche des perturbations plus profondes de l’organisation de la personnalité qui se traduisent au plan clinique par un aspect bizarre, la difficulté de contact, par leur relatif isolement du groupe des enfants.

2.2.6 Etiologies principales

Les facteurs neuro-psychologiques
mettent en avant la prédominance d’une atteinte à minima du système nerveux, en allégeant d’une corrélation avec les apraxies chez l’adulte.
Les facteurs psychoaffectifs
mettent en évidence la prédominance d’éléments archaïques chez certains dyspraxiques évoquant un état prépsychotique.

A coté de ce groupe, la maladresse se réalise dans un contexte de personnalité névrotique avec un maintien de la relation d’étayage et donc une forme de dépendance à l’égard de l’entourage qui est souvent amener à faire à la place de l’enfant.

2.2.7 L’abord thérapeutique

Le principe thérapeutique est centré sur le développement de la représentation du corps et plus particulièrement du schéma corporel, c’est à dire l’amélioration des élaborations spatiales. Les activités de représentation doivent tout autant s’appuyer sur un contexte relationnel adéquat, c’est à dire explorant et constructeur de ces données. Un cadre thérapeutique facilitant mais non activiste.

L’utilisation de l’activité ludique spontanée de l’enfant est une bonne base pour intervenir dans l’élaboration de l’activité et la construction progressive des étapes nécessaires dans le déroulement de l’activité motrice et gestuelle. Dans les mêmes perspectives l’utilisation de la médiation des techniques perceptivo-motrices peuvent convenir. Et de même l’utilisation des jeux de rôle qui permettent de se combiner avec les précédentes techniques. Ce sont en général les activités que les enfants préfèrent considérant que l’espace thérapeutique intermédiaire constitue un excellent dispositif pour interroger et élaborer le monde interne et la réalité externe.

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2.1 - Débilité motrice
2.2 - Les dyspraxies
2.3 - Dyslexie et dysorthographie
2.4 - Inhibition
2.5 - L’instabilité
2.6 - Les troubles toniques
2.7 - Bégaiements
2.8 - Tics
2.1.1 - Définition
2.1.2 - Description clinique
2.1.3 - Etiologie
2.2.1 - Définition
2.2.2 - Cliniquement
2.2.3 - L’efficience mentale et la spécificité de l’atteinte
2.2.4 - Les troubles psychomoteurs
2.2.5 - Sur le plan affectif et relationnel
2.2.6 - Etiologies principales
2.2.7 - L’abord thérapeutique