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Sémiologie psychomotrice de l’enfant

Sommaire

1 - Spécificité de la psychomotricité

2 - La clinique psychomotrice

3 - Les interventions psychomotrices

Bibliographie


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 2 - La clinique psychomotrice

 

 

2.7 Bégaiements

2.7.1 Définition et sémiologie du bégaiement

Le bégaiement est un trouble de l’émission verbale touchant le débit élocutoire ; avant 3 ans il doit être considéré comme physiologique et demeure transitoire. Deux principaux types de bégaiement sont classiquement distingués :

  • Le bégaiement tonique qui se traduit par un blocage de l’émission sonore avec l’impossibilité d’émettre un son pendant un temps de latence plus ou moins important ;
  • Le bégaiement clonique caractérisé par la répétition d’une syllabe ou d’un début de mot.

A cette classification s’adjoint le bégaiement tonico-clonique associant les manifestations cliniques des deux autres troubles.

2.7.2 Sémiologie psychomotrice du bégaiement

Trouble du tonus
La sémiologie psychomotrice met en avant une dysharmonie tonique plus qu’une hypertonie. Les dysharmonies toniques rendent compte de l’engagement affectif dans la mise en jeu du corps dans les échanges. Ils traduisent l’hésitation à s’engager dans l’action sans craindre de ne pouvoir maîtriser les débordements éventuels du corps.
Trouble spatio-temporel
Le défaut d’utilisation des données spatiales, notamment au niveau de l’orientation spatiale s’appuyant sur un trouble de la latéralisation, constitue un autre versant de la sémiologie psychomotrice du bégaiement.
Trouble de la représentation du corps
Les troubles temporo-spatiaux du bégaiement s’appuient sur les difficultés d’élaboration d’une topographie corporelle qui sera ensuite utilisée par l’enfant pour définir l’espace.

2.7.3 L’abord thérapeutique

Les possibilités d’investissement du corps se répercutent sur le langage. Il est en effet courant d’observer que l’approche psychomotrice permet d’obtenir un effet de signification du symptôme.

La relaxation est la médiation la plus adaptée. Elle s’appuie en effet sur la recherche de la modulation du tonus tout en proposant un travail d’investissement et de représentation du corps. A partir de l’action symptomatique sur les manifestations corporelles de l’anxiété, ces méthodes visent à accroître la connaissance par le patient de son corps et à en explorer son investissement.

2.8 Tics

2.8.1 Définition

Contraction musculaire brusque, involontaire mais non intentionnelle (inconsciente, échappant à l’intention de le produire), le tic affecte d’un mouvement rapide et répété un endroit précis du corps, peu susceptible de changement. Il se manifeste à l’état de veille chez des individus émotifs, avec une tendance à s’exacerber lorsque s’accroissent les difficultés.

2.8.2 Sémiologie psychiatrique

Les tics sont fréquents chez l’enfant. Ils apparaissent vers l’âge de 7 ou 8 ans et, principalement chez les garçons, lors de la puberté. Les tics ne surviennent guère avant 6 ans. Leur évolution est capricieuse, ils peuvent apparaître et disparaître spontanément, changer de localisation, réapparaître de façon intermittente ou s’installer définitivement, être mineur et peu envahissant ou au contraire très gênant. Ils disparaissent généralement avec la croissance, pour autant que celle-ci apporte un plus grand sentiment de sécurité et fasse succéder aux effervescences de la formation un climat psychologique plus serein.

Il faut distinguer les tics, des divers mouvements anormaux qui ne possèdent ni la brusquerie ni l’aspect stéréotypé : mouvements choréiques, gestes conjuratoires de certains obsessionnels graves (frotter les pieds sur le paillasson, toucher préventif d’un objet…), stéréotypies psychotiques (marquée par la finesse et la bizarrerie du geste), rythmies diverses (des membres de la tête) moins brusques.

Il faut signaler encore, outre diverses variétés de chorées, une forme extrême, et plus rare, du symptôme, la « maladie des tics convulsifs », à laquelle un disciple de Charcot, Georges Gilles de La Tourette (1857-1904), a attaché son nom et dans laquelle le trouble s’étend à la totalité du corps, lui imprimant une gesticulation intense et incoercible, accompagnée de coprolalie, de sueurs et, surtout, d’impressionnantes manifestations vocales. Alors que les tics semblent directement apparentés aux névroses de l’enfant, la maladie de Gilles de La Tourette apparaît comme un syndrome évolutif d’ordre psychomoteur.

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2.1 - Débilité motrice
2.2 - Les dyspraxies
2.3 - Dyslexie et dysorthographie
2.4 - Inhibition
2.5 - L’instabilité
2.6 - Les troubles toniques
2.7 - Bégaiements
2.8 - Tics
2.7.1 - Définition et sémiologie du bégaiement
2.7.2 - Sémiologie psychomotrice du bégaiement
2.7.3 - L’abord thérapeutique
2.8.1 - Définition
2.8.2 - Sémiologie psychiatrique