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Sémiologie psychomotrice de l’enfant

Sommaire

1 - Spécificité de la psychomotricité

2 - La clinique psychomotrice

3 - Les interventions psychomotrices

Bibliographie


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 1 - Spécificité de la psychomotricité

 

 

1.1 Symptômes et syndromes psychomoteurs

L’intervention psychomotrice tient compte de la globalité et de la complexité de l’être humain. Cette position conduit à l’élaboration d’une intervention située entre intention et savoir et résulte de facteurs symboliques et moteurs concourant à la variété des représentations.

L’examen psychomoteur cherche à tendre à une connaissance et à une compréhension aussi larges que possible de la globalité de la personne du malade et de son histoire personnelle et familiale. Par ailleurs, l’examen se situe d’emblée comme un acte thérapeutique dans la mesure où il s’inscrit dans une relation interpersonnelle.

Le plus souvent les symptômes se renvoient les uns aux autres plutôt qu’à une étiologie précise. Les facteurs étiologiques sont multiples, complémentaires les uns des autres, se situant dans un système de causalité circulaire.

Situé dans une position pluridisciplinaire où toutes les conceptions théoriques du corps s’éclairent mutuellement sans préjuger d’une hiérarchie dans leur validité, le cadre thérapeutique en psychomotricité sollicite des représentations qui soient tout autant des actes intentionnels que des productions langagières.

L’intervention psychomotrice est alors conçut comme un dispositif thérapeutique qui sollicite des représentations verbales et des représentations gestuelles. Celui-ci implique :

  • Un équilibre entre processus d’apprentissage et processus relationnels ;
  • Un équilibre entre processus interne et réalité ;
  • Un contexte de co-construction permanent incluant le thérapeute dans son élaboration ;
  • Une réflexion sur le choix de la médiation thérapeutique.

Le dispositif thérapeutique psychomoteur instaure un espace thérapeutique intermédiaire, axé sur l’apprentissage et le sens, par l’implication corporelle. Ce qui conduit cette discipline à un carrefour thématique où les différences conceptuelles cherchent à se compléter plutôt qu’à s’exclure.

1.2 La gestualité et le mouvement

Les activités motrices sont tout à la fois conséquence et cause de perceptions, lieu d’intégration de processus sensoriels et moteurs, réponses aux sollicitations externes et internes, et actions sur l’environnement.

Par ailleurs, les activités sensorimotrices sont génératrices d’activités intellectuelles. Les travaux de Piaget sur le développement de l’enfant ont montré le rôle décisif de la motricité chez le jeune enfant. Ceux de Wallon ont montré leur importance dans celui de la personnalité.

Les travaux psychanalytiques ont œuvré pour mettre en évidence le rôle fondamental de la motricité dans la constitution de l’individualité et dans l’étayage relationnel que celle-ci suppose.

Une action désigne une manifestation comportementale intentionnelle. Les actions sont intentionnelles, orientées vers un but, les activités désignent plutôt les déplacements et les mouvements eux-même.

L’action implique donc une planification et la programmation nécessaire à sa réalisation.

Pour maîtriser ses relations spatiales avec l’environnement, l’organisme dispose d’un répertoire d’activités motrices qui se rapportent à deux grandes classes d’activités : les actions de transport et de positionnement et les actions de manipulation. (Paillard, 1974)

1.3 La représentation du corps chez l’enfant

La représentation du corps renvoie à la manière dont le sujet fait siennes ses expériences corporelles. Elle repose sur une activité de représentation générale qui donne sens à la sensation, et l’inclue dans une tonalité affective, une modalité de percevoir. Cette représentation s’appuie sur une construction progressive tout au long de la vie d’un individu lui permettant d’affirmer son identité et tout autant de le propulser dans la vie relationnelle. La représentation du corps peut être définie comme une appropriation cognitive, motrice, affective du corps dans une relation humaine, sociale.

Les facteurs de la corporéité
Le schéma corporel
En plus des notions spatiales, et donc de la localisation du corps dans son milieu en plus des rapports spatiaux entretenus entre les différentes parties du corps, le schéma corporel est une entité changeante, adaptative qui dépasse les processus physiologiques à proprement parler.
« Edifié sur la base des impressions tactiles, kinesthésiques, labyrinthiques, visuelles, le schéma corporel réalise dans une construction active constamment remaniée des données actuelles et du passé, la synthèse dynamique qui fournit à nos actes comme à nos perceptions le cadre spatial de référence où ils prennent leur signification. » (De Ajuriaguerra)
L’image du corps
La motricité et plus généralement encore l’expérience sensorielle est liée à une expérience émotionnelle imposée par la relation à autrui. Aux aspects intégratifs des données sensorielles et aux modes spécifiques des traitements de l’information, s’y adjoint un champ affectif et relationnel.
Au concept neurologique de schéma corporel, Schilder superposera le concept d’Image du corps, qui se situe dans le champ psychanalytique, affirmant que s’il existe une base biologique à la conscience du corps, sa structure est sous la dépendance des processus émotionnels.
Le corps comme être au - monde
L’apport phénoménologique va s’attacher à rendre compte du critère dynamique du schéma corporel. Le corps apparaît comme posture en vue de certaines tâches actuelles ou possibles. Il est orienté tout entier dans une situation qui polarise toutes ses actions. Le schéma corporel est alors une manière d’exprimer que mon corps est au-monde.

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1.1 - Symptômes et syndromes psychomoteurs
1.2 - La gestualité et le mouvement
1.3 - La représentation du corps chez l’enfant
1.4 - Spatialité
1.5 - Tonicité