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Fondements théoriques et techniques de la relaxation

Sommaire

Avant-propos

1 - Méthodes de relaxation

2 - Indications, contre-indications

3 - Quelques points de théorie

Bibliographie


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 2 - Indications, contre-indications

 

 

2.1 Indications / contre-indications générales

Chez l’homme normal
Personnes soumises de part leur profession à des fatigues, des stress ou des émotions violentes. Les orateurs, les acteurs, les sportifs, les chefs d’entreprise ou les médecins.
Syndromes cardio-vasculaires et vaso-moteurs
  • l’hypertension artérielle ;
  • ’’névrose cardiaque’’ : précardialgie, palpitation, tachycardie … les sujets présentent toujours une anxiété importante.
  • Troubles vaso-moteurs : l’éreutophobie, l’artérites, maladie de Raynaud, certaines migraines
Syndromes respiratoires
  • rhumes saisonniers ;
  • toux nerveuses ;
  • dyspnée.
Asthme bronchique
(domaine psychosomatique)
Tuberculose pulmonaire
dans le cas d’un déclenchement de la maladie à la suite de traumatismes affectifs qui offre au bacille un lieu de moindre résistance. Par ailleurs la relaxation offre au patient un repos et une ventilation optimale.
Syndromes endocriniens et métaboliques
Un désordre endocrinien ou métabolique est parfois psychogène, souvent « organique », mais toujours sujet à des variations importantes selon les stress, les émotions.
  • hyperthyroïdie
  • diabète
  • spasmophilie et tétanie.
Syndromes digestifs
  • troubles de la déglutition : dysphagie hystériques, les spasmes de l’œsophage.
  • Gastrites et ulcères gastriques : gastrite atrophique ou hypertrophique.
  • Recto-colite ulcéro-hémoragique.
Système uro-génital et trouble de la fonction sexuelle
  • trouble de la miction (difficulté névrotiques d’uriner), énurésie.
  • syndrome douloureux de la région génitale chez la femme : tension prémenstruelle, dysménorrhée.
  • Troubles de la fonction sexuelle : chute de l’érection au moment du coït ou de l’intromission, éjaculation précoce, frigidité chez la femme (vaginisme = spasme des sphinctères).
  • Obstétrique : technique de détente pour l’accouchement sans douleur.
Troubles oculaires
  • fatigue oculaire, flou et autres plaintes des sujets névrotiques ;
  • le glaucome : caractère psychosomatique de cette affection qui survient chez des hypertendus artériel qui ont une tension émotive retenue éxagérée réprimée.
  • Cécité : permet aux aveugles d’affronter les multiples facteurs stressants physiques et émotionnels qui résultent de leur infirmité.
Troubles dermatologiques
  • Affections dermatologiques d’origine psychosomatique ou allergique.
  • Prurit anal et vulvaire sine materia.
  • Psoriasis, eczéma.
Affections d’ordre neurologique
  • Tremblements : par réduction de la composante émotive des tremblements de type hystérique observé après certains traumatismes crâniens.
  • [contre-indication] « Le tremblement extra-pyramidal donne lieu à des appréciations beaucoup plus nuancées ; dans le cas de la maladie du Parkinson (postencéphalitique ou sénile) on ne peut améliorer les épisodes d’aggravation du tremblement par les émotions. Au contraire […il y a] aggravation du tremblement pendant les exercices, par suite de l’abaissement du tonus musculaire de défense .[…] De même pour les tics, les spasmes et les mouvements anormaux qui ont une étiologie organique » (Schultz, 1958, pp238).
  • Syndrome subjectif des traumatisés crâniens (vertiges, céphalées, bourdonnements d’oreilles, asthénie).
  • Epilepsie : pour diminuer la part émotionnelle et affective qui existe toujours dans le déclenchement des crises d’épilepsie.
  • Algies : diminution de la sensibilité à la douleur.
Les psychoses
[contre-indication]
Les névroses
La relaxation est efficace sur les différents symptômes de la névrose.
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  • Céphalées,
  • vertiges
  • trouble de l’équilibre,
  • douleurs lombaires,
  • symptômes hypocondriaques,
  • l’insomnie,
  • tension anxieuse généralisée,
  • bégaiement,
  • crampe des écrivains …

Chez l’enfant
Un entraînement classique peut être réalisé à partir de 10 ans (Schultz). En dessous la méthode est difficile à appliquée. De même, qu’elle est difficile d’accès à tous les débiles mentaux de tout âge.
Bergès propose sa méthode aux enfants à partir de 5 ans.
Une méthode de type Wintrebert pour les enfants algiques est proposée à partir de 2 ans, avec une majorité entre 4 et 6 ans.
  • Syndromes psychomoteurs : Troubles paroxystiques du tonus musculaire (tics névrotiques, bégaiement, onychophagies, trichotillomanies …), instabilité et d’impulsivité, crampe de l’écrivain, bégaiements, troubles du rythme de la voix, troubles grapho-moteurs et les paratonies en générale … etc.
  • Troubles vaso-moteur et circulatoire du type éreutrophobique, tachicardie,
  • Troubles digestifs : vomissements, douleurs abdominale, syndromes pseudo-occlusifs,
  • L’énurésie : possibilité d’une formule organo-spécifique (Schultz) portant sur la chaleur de la vessie « je sais que je dois uriner, je me réveille complètement » […] « je sais que je me réveille à 11 heures, je vais aux toilettes, je retourne au lit, je me rendors ».
  • Trouble de la série algique : asthme, dermatose …
  • Période de préoccupations hypocondriaques chez l’adolescent …
Contre-indications classiques
  • Patients qui tirent de leur maladie des bénéfices secondaires.
  • Ceux qui « érotisent » la cure de relaxation à tel point qu’ils chercheront à ne plus la terminer pour en prolonger la jouissance.
  • Sujets schizoïdes. Plongés dans leur monde intérieur ces sujets portent un grand intérêt à des techniques comme le Yoga dont ils apprécient l’atmosphère floue et pseudo-mystique, ils y voient une communication possible entre leur monde interne et le cosmos au limites … incertaines.
  • Sujets débiles mentaux (selon la méthode).

2.2 Indications en fonction d’une grille multi-axiale

Données par les connaissances et le bon « sens ».

Traditionnellement les indications et contre-indications se présentent sous forme de listes. Nous souhaitons compléter les quelques indications qui ont été données par une méthode sous-tendue par les questions suivantes : Comment savoir si tel ou tel patient peut bénéficier de la relaxation ? Comment choisir une méthode plutôt que telle autre ? L’idée centrale serait de personnaliser l’indication en partant de la singularité du patient.

Axe 1 : A quelle pathologie a-t-on à faire ? Quelle problématique la sous-tend ?

Axe 2 : La connaissance que j’ai du processus thérapeutique à l ’œuvre en relaxation me permet-elle de faire l’hypothèse d’une action possible sur cette pathologie ?

Axe 3 : Ai-je l’adhésion du patient à cette thérapie psycho-corporelle ? Peut-on espérer une alliance thérapeutique ?

Axe 4 : Quelle méthode de relaxation convient le mieux aux exigences des axes 1 et 2, ainsi qu’aux capacités physiques, intellectuelles, attentionnelles et motivationnelles du sujet.

Exemple :

Un patient présente un état anxio-dépressif. Différents traits de caractère font penser à une personnalité obsessionnelle. Il est dans une attitude de contrôle de son corps qu’il renforce par des exercices physiques pratiqués à outrance, un contrôle de ses pensées et d’un comportement agressif dont il craint le débordement.

Axe 1 : La pathologie de ce patient implique le corps. Une agressivité sadique-anale que le patient tend à maîtriser jusqu’à l’épuisement par la pensée et par le corps, à travers un rituel gymnique obsédant. Une angoisse due à sa crainte d’avoir détruit ses bons objets internes par ses pulsions destructrices.

Axe 2 : La relaxation peut avoir une action sur l’anxiété. Elle permet un relâchement tensionnel progressif, que le patient contrôle lui-même.

Axe 3 : Le patient est d’accord pour s’engager dans cette thérapie.

Axe 4 : Je donne ma préférence à une relaxation neuro-musculaire car l’effet centripète m’intéresse particulièrement. Le patient utilise d’emblée son corps et les sensations pour contrôler son activité psychique. La relaxation dynamique me paraît celle qui est la plus accessible à ce patient. Par l’attention constante portée aux sensations, par cette maîtrise du geste lent, le sujet garde le contrôle, par les techniques respiratoires abdominales, les viscères sont impliqués.

De fait, ces exercices respiratoires auront une action particulièrement favorable sur l’état du patient qui dira : « […] ça me soulage, je me vide de mon pu […] ». Le contrôle qui bloquait tout, jusqu’à la parole, a pu s’assouplir peu à peu au rythme du patient, dans le respect de ses défenses. Cette culpabilité annihilante a pu se dire.

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2.1 - Indications / contre-indications générales
2.2 - Indications en fonction d’une grille multi-axiale