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Fondements théoriques et techniques de la relaxation

Sommaire

Avant-propos

1 - Méthodes de relaxation

2 - Indications, contre-indications

3 - Quelques points de théorie

Bibliographie


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traduction HTML V2.7
V. Morice


Chapitre 1 - Méthodes de relaxation

 

 

Nous reprendrons ici la définition de R. Durand de Bousingen (1992) : « Les méthodes de relaxation sont des conduites thérapeutiques, rééducatives ou éducatives, utilisant des techniques élaborées et codifiées, s’exerçant spécifiquement sur le secteur tensionnel et tonique de la personnalité. La décontraction neuromusculaire aboutit à un tonus de repos, base d’une détente physique et psychique ».

1.1 Le training autogène de Schultz

Premièrement, les méthodes utilisant l’auto-concentration et l’auto-hypnose. La méthode de référence est le training autogène de Schultz J.H. Ces méthodes sont à point de départ central. Elles sont dites « centrifuges ». Ou encore cataloguées parmi les méthodes globales à point de départ psychothérapique (R. Durand de Bousingen, 1992). Ces méthodes sont issues de la tradition de l’hypnose médicale Française et allemande du XIXème siècle.

Décrivons la méthode.

Celle-ci comporte deux cycles, l’inférieur et le supérieur. Nous ne développerons pas ce cycle supérieur qui est en réalité une psychothérapie. Le cycle inférieur, lui, correspond à l’apprentissage de la relaxation proprement dit. Il est composé d’un certain nombre d’exercices, des « stades », qui permettent de parvenir à la détente et d’obtenir une « déconnexion générale de tout l’organisme » (Schultz, 1958, 1977).

  • Accord du patient indispensable, ce qui exclu les jeunes enfants, les déficients mentaux, les psychotiques et les grands névrosés.
  • L’environnement : une pièce tranquille de température moyenne, dans une demi-obscurité.
  • Une attitude corporelle : Soit assis dans un fauteuil confortable, soit sur une chaise (position du cocher de fiacre). Ou encore, en position couchée.
  • Durée de la relaxation : lors des premiers essais 20 à 30 sec. Après 4 à 6 semaines les séances durent de 5 mn. à 1/4 h. Après trois mois d’exercice, vers la fin du cycle, il y a la possibilité d’étendre la séance à 1/2 h.
  • Au début de chaque séance :
    1. Fermer les yeux ;
    2. Induction au calme : « je suis tout à fait calme » (une seule fois en début de séance).
  • Fin de chaque séance : la reprise
    1. mouvements vigoureux de flexion de l’avant bras sur le bras ;
    2. respirer profondément ;
    3. ouvrir les yeux.
  • Les stades du cycle inférieur : ± 15 jours pour chacun des stades
    1. Expérience de la pesanteur :
      « mon bras (droit ou gauche) est (tout) lourd ».
      Le patient se concentre sur cette phrase cinq ou six fois. C’est la détente musculaire qui est recherchée. On guette également l’apparition de la « généralisation », c’est-à-dire le moment où de façon tout à fait spontanée, sans intervention volontaire, la pesanteur se fera également sentir dans d’autres membres. A ce moment là Schultz intègre dans sa formule les parties du corps qui se sont spontanément alourdies précédemment. Par exemple : « mes bras sont lourds » ou « mes bras et mes jambes sont lourds » … etc. Pour terminer par « tout mon corps est lourd », le patient a alors franchi le premier stade du training.
    2. Expérience de la chaleur :
      « mon bras est chaud ».
      Modifications vasculaires dans le sens d’une vaso-dilatation. En fin de séance formule globalisée « mon corps est lourd, mon bras est chaud ». Au fil des séances, induction globalisée « je suis tout à fait calme, tout le corps est lourd et chaud ».
    3. Contrôle du cœur :
      « mon cœur bat calme et fort ».Descriptions plus riches : « une vague va et vient comme une mer qui sans cesse déferle
      sur la rive […] Tout mon corps devient alternativement plus grand et plus petit […] Quelque chose en moi se resserre, un peu comme si je fermais le poing […] Je ressens une pression et une constriction, cela n’est pas désagréable ; cela s’élargit vers le milieu de la poitrine, je crois que c’est mon cœur qui se contracte ». Le relaxateur peut venir placer sa main sur la poitrine pour aider à la sensation. Par la suite le sujet utilise sa propre main.
    4. Contrôle respiratoire :
      « je respire calmement [...] je suis tout respiration ».
      Cette formule n’implique aucune modification active de la respiration, au contraire il est proposé au patient de s’abandonner à sa respiration, sans vouloir l’influencer d’aucune manière. Autres formules proposées par les patients eux-même : « Mon corps est tout à fait chaud, le cœur travaille très calmement, je me soulève et m’abaisse en respirant, comme une barque sur une mer tranquille […] Je suis tout respiration ».
    5. Chaleur au niveau de l’abdomen :
      « Mon plexus solaire est tout chaud » ou mieux « … inondé de chaleur ».
      Le relaxateur vient poser sa main sur l’abdomen du patient en état de concentration dans une région située entre le nombril et l’appendice xyphoïde.
    6. Fraîcheur du front :
      « Mon front est bon [ou agréablement] frais ».
      Le patient doit se concentrer sur une fraîcheur légère et passagère « comme un bref tamponnement d’eau de Cologne […] Comme si un souffle frais caressait légèrement le front ». Il cherche une réaction vaso-constrictive (ou peut-être simplement à refroidir l’activité fantasmatique).

1.2 La relaxation progressive de Jacobson

Encore appelée méthode analytique, modèle de référence de toutes les relaxations neuro musculaires à point de départ physiologique.

Edmund Jacobson fonde sa technique sur ses travaux en physiologie du système neuro-musculaire. Il définit la relaxation comme l’ « absence de toute contraction musculaire s’exprimant du point de vue électromyographique par un silence électrique absolu […] » (in Durand de Bousingen, 1992, pp28). Le but de la relaxation, simplement dit, est d’« obtenir un calme dans le domaine psychique ». C’est-à-dire, de « mettre le cortex au repos » en diminuant le fonctionnement cérébro-neuro-musculaire excessif en relaxant directement la partie périphérique de ce circuit. Le patient s’entraîne a observer ses schémas de tension et à les relâcher : concentrant son attention sur des états de tension musculaire qu’il provoque, le sujet apprend à repérer ces tensions, puis il cesse son effort et porte son attention sur les nouvelles sensations qui sont, alors, identifiées comme celles du relâchement. De répétition en répétition, il essaie d’approfondir les états de détente musculaire. Son idée est qu’en diminuant ces tensions dites « résiduelles », on atténue l’impact émotionnel. Cette relaxation, qualifiée d’ « analytique » (non pas au sens psychodynamique du terme) et de « pédagogique » par son auteur, implique un entraînement relativement long, pouvant durer de quelques mois à plusieurs années.

Nous décrirons la méthode rapidement, laissant le lecteur approfondir par d’autres lectures que nous conseillons dans la bibliographie.

La cure peut être schématiquement séparée en deux parties : la relaxation générale et la relaxation différentielle.

La relaxation générale
Le sujet commence par un repos de 5 à 10 minutes, allongé sur le dos. Dans la relaxation générale, on fait mettre en tension un membre, expl. « fléchissez l’avant bras sur le bras ». Tout en maintenant cette tension, on demande au sujet de ressentir les muscles contractés. Puis le sujet cesse l’effort et on lui demande de ressentir cette nouvelle sensation de relâchement musculaire. Le sujet répète cet exercice pendant 30 minutes. Ainsi, de séance en séance, on progresse à travers tout le corps, jusqu’à obtenir un contrôle global, une relaxation générale.
La relaxation différentielle
La seconde partie de la méthode, la relaxation différentielle, est définie comme « le minimum de contraction musculaire nécessaire pour l’exécution d’un acte, en même temps que la relaxation des muscles dont l’activité n’est pas indispensable pour la réalisation de cet acte ». Donc, cette relaxation différentielle est destinée à permettre au sujet de maîtriser parfaitement le bon niveau tonique, le niveau utile pour une réponse adaptée aux variations du milieu. Ainsi après une relaxation générale en position couchée, le sujet poursuit en position assise. Puis, il peut lire ou écrire mais en cherchant à garder cette sensation de relaxation qu’il a obtenu en étant allongé. Enfin le patient cherche dans la vie de tous les jours à utiliser un minimum de contraction pour effectuer ses actes quotidiens.
Détaillons la relaxation générale
La séance dure une heure. Elle se déroule de la façon suivante :
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Indications pour la contraction :
  • « Fermer les yeux »
  • « Contractez [le biceps], maintenez [la contraction quelques secondes], repérer [la sensation dans la partie haute du bras], relâcher, observer [la disparition de la contraction) ».
  • 1) exercices impliquant les bras, 2) les jambes, 3) le tronc, 4) le visage avec les yeux et la bouche, 5) exercices en les imaginant.
  • Entre les séances de contraction-relâchement on intercale des séances de relaxation seule pendant une heure.

  1. Les membres sup. (à droite puis à gauche) :
    • Pliez la main droite en arrière, au niveau du poignet, sans soulever l’avant-bras et le coude. La tension a lieu dans la partie haute de l’avant-bras.
    • Pliez le poignet vers l’intérieur, en le tournant vers le corps. La contraction apparaît dans la partie basse de l’avant-bras
    • Levez l’avant-bras en le pliant au niveau du coude. Former un angle de 30°. Contraction au niveau du biceps.
    • Le bras étendu progressivement faite le devenir rigide. Soit en serrant fort le point, soit en serrant le bras contre le corps.
    • Les mêmes exercices avec des contractions de plus en plus faibles.
  2. Les membres inférieurs :
    • Pliez le pied droit et ses orteils vers vous. Tension sur le devant de la jambe et en dessous du genou.
    • Etendez le pied ou les orteils vers le bas. Tension dans le mollet.
    • Soulevez la jambe à partir du genou. Tension sur le devant de la cuisse.
    • Poussez la jambe vers le sol. Tension à l’arrière de la cuisse.
    • Soulevez la cuisse. Contraction dans l’abdomen au niveau de la hanche.
    • Soulevez le genou par une pile de livre et appuyez la cuisse vers le bas. Tension au niveau des fesses.
  3. Le tronc :
    • Rentrez le ventre. Tension sur le dessus de l’abdomen.
    • Cambrez le dos. Tension de chaque côté de la colonne vertébrale.
    • Inspirer profondément en remplissant votre poitrine d’air. Tension au niveau de votre poitrine.
    • Etendez le bras d’avant en arrière. Tension au niveau de la poitrine. Rétractez les épaules vers la colonne vertébrale. Tension vers les omoplates. Haussez les épaules. Tension sur le dessus et les côtés du cou.
    • Pliez le cou d’un côté puis de l’autre. Tension de chaque côté du cou. Pliez le cou d’avant en arrière (oui/non). Tension au niveau de la nuque et à l’avant du cou.
  4. Le visage :
    • Plissez le front en haussant les sourcils. Tension dans tout le front.
    • Froncez les sourcils.
    • Serrez les paupières.
    • Les yeux fermés, diriger votre regard vers la gauche, puis vers la droite, en haut en bas. Ressentez les tensions dans chaque cas des muscles oculaires.
    • Les yeux ouverts regardez un objet et localiser les tensions.
    • Les yeux ouverts en mouvement. Localiser les tensions.
    • Serrez les dents. Contraction entre l’angle des mâchoires et les tempes.
    • Ouvrez les mâchoires. Contraction vers le bas de l’oreille.
    • Montrez vos dents. Contraction dans les joues.
    • Mettez les lèvres en forme de O (en cul de poule). Tension dans les lèvres.
    • Rétractez la langue. Tension dans la langue et dans le « plancher » de la bouche.
    • Comptez lentement jusqu’à dix à voix forte. Ressentez les tensions dans les parties du visages étudiées, ainsi que dans la gorge, la poitrine et le diaphragme.
    • Idem en comptant en imagination.

Le training autogène de Schultz et la relaxation progressive de Jacobson ont ceci en commun que le but visé est essentiellement un relâchement du tonus musculaire. Plus simplement dit, elle cherche une baisse des tensions musculaires pour créer un détente psychique ou mentale.

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1.1 - Le training autogène de Schultz
1.2 - La relaxation progressive de Jacobson
1.3 - Prolongements des méthodes Schultz et Jacobson
1.4 - Méthodes à visée psychothérapique
1.5 - Relaxation dans un but comportementaliste
1.6 - Relaxations adaptées aux enfants
1.7 - Techniques corporelles empiriques ayant une action relaxante
1.8 - La relaxation dynamique psychomotrice (R. Dupont)