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Psychomotricité : Les concepts fondamentaux

Sommaire

1 - Introduction générale

2 - Histoire de la notion de corps et des thérapeutiques corporelles

3 - Les fondements théoriques de la psychomotricité

4 - Les théories du corps au XXème siècle : phénoménologie, corps propre, schéma corporel

5 - Les théories du corps au XXème siècle : psychanalyse, image du corps

6 - Les concepts d’espace et de temps

7 - L’expérience du temps : le corps et sa mémoire

8 - Ethique et responsabilité en psychomotricité


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 6 - Les concepts d’espace et de temps

 

 

6.6 L’espace et le temps au 19ème siècle

Le temps n’est pas une préoccupation majeure pour les physiciens (on en reste à Newton, c’est le cadre vide dans lequel s’inscrivent les phénomènes) jusqu’au milieu du XIXème siècle où l’énoncé du second principe de la thermodynamique jette le trouble dans les esprits scientifiques dans le sens où l’on parle de la conservation de la matière (rien ne se perd, rien ne se crée).

Au début ce principe ne s’applique qu’aux systèmes clos, et comme l’univers ne peut être considéré comme espace clos, cela ne gène pas trop, néanmoins, on commence à envisager les notions générales d’irréversibilité, d’évolution et de progrès.

De cette notion d’irréversibilité naît l’idée d’une histoire irréversible de la nature et de l’humanité, l’une servant de modèle à l’autre : c’est dans cette période que sont énoncées les lois de l’évolution du vivant par Lamarck et surtout il est dit que cette évolution est nécessaire : c’est un progrès nécessaire, une loi de progrès qui suit le développement qui, lui-même suit la ligne du Temps. Le temps, irréversible pousse nécessairement au progrès.

Mais, en 1859, c’est la parution de l’origine des espèces où Darwin affirme l’origine animale de l’homme et la théorie de l’évolution générale des espèces par le système de variation et de sélection naturelle. Donc l’histoire de l’homme n’obéit plus à la loi universelle du progrès. C’est une histoire aléatoire, où, à chaque instant se produisent des phénomènes qui auraient pu ne pas se produire. Donc on arrive, au bout de compte à l’homme mais cela aurait très bien pu ne pas se produire !

6.7 L’espace-temps au 20ème siècle

Au début du XXème siècle, Bergson va s’écarter de la notion de temps absolu en élaborant une conception anti-mesure du temps. Il y a là une véritable révolte contre cette conception scientifique de la mesure du Temps. Bergson oppose le temps des horloges à la durée qui, dans la conscience est absolument non mesurable, a une valeur originale et une capacité de création.

Et cette idée, c’est la ruine de la conception du Temps de Newton, car avec cette idée de durée non mesurable, Bergson introduit la psycho-perception du Temps.

C'est important au point que la question du Temps et du Sujet sera la préoccupation majeure des philosophes du XXème Siècle.

Cette question du Temps et de l’Espace intéresse également les physiciens et l’ensemble des scientifiques :

En 1903, B.Russell définit le temps comme l’ensemble des instants de la même façon que Leibniz définissait l’espace comme étant l’ensemble de toutes les places mais la notion de temps absolu reste néanmoins la référence jusqu’à la publication en 1905 d’Einstein sur la théorie de la relativité restreinte.

Dès 1850, le mathématicien Riemann avait étudié les conditions de possibilités d’un espace non euclidien, violemment rejeté à son époque. Cinquante ans plus tard, Einstein pose la façon dont l’espace et le temps sont en relation l’un avec l’autre d’une façon différente de ses prédécesseurs. Nous avons vu jusque là que la relation entre l’espace et le temps s’opérait par le mouvement. Dans l’expérience, chacun sait que pour parcourir une certaine distance il faut un certain temps donc le temps est lié à la vitesse. Comment conceptualiser cela ? c’est le cœur de la théorie de la relativité.

L’exemple célèbre que donne Einstein est celui du dormeur dans le train.

  1. Du point de vue du dormeur : il n’a pas bougé.
  2. Du point de vue de l’observateur : il a bougé

Les deux points de vues sont justes et ne prévalent pas l’un sur l’autre.

Un autre exemple est celui de quelqu’un qui jette un objet d’un train

  1. pour celui qui jette : la trajectoire est droite
  2. pour celui qui observe : la trajectoire est courbe

Or c’est la loi de chute des corps qui détermine l’accélération du corps pendant sa chute donc l’observation de deux phénomènes différents aboutissent à une même loi physique. On dit que ces lois sont des invariants mais cette invariance est restreinte car elle n’est pas valable pour toutes les transformations.

En résumé : la relativité restreinte s’établit par rapport à un point de vue et non pas par rapport aux lois physiques.

Einstein de développer ensuite une théorie de la relativité généralisée.

Le but de la relativité généralisée est d’accéder à l’absolu et non pas au relatif par rapport à l’espace.

Il y a 3 niveaux d’accès pour aborder la théorie.

1er niveau : ce sont nos conceptions élémentaires de l’univers dans lequel nous sommes.

2ème niveau : relativité restreinte

3ème niveau : relativité généralisée à l’univers.

Cette théorie générale conduit à démontrer que l’univers est courbe (comme la chute de la bouteille du train)

Dans cette théorie, il apparaît que le plus court chemin d’un point à un autre n’est pas, comme dans l’espace euclidien, la ligne droite, mais une ligne courbe. L’espace est courbé et cela est une réalité physique. Einstein montre que la courbure de cet espace dépend de la quantité de matière qu’il y a dans l’espace.

Vers 1930, à la suite des travaux d'Einstein, on découvre que le Temps, comme l'Univers peut avoir un début (théorie du Big-bang) et une fin, mais a-t-il une fin indéterminée (théorie de l'univers en expansion) ou bien est-il une suite d'expansion et de contractions (théorie cyclique de l'univers) c'est à dire un recommencement éternel.

Cette théorie nous conduit naturellement à la physique quantique : retenons simplement que pour la physique quantique les structures de l’espace-temps restent inchangées. Ce qui change ce sont les propriétés de l’objet physique : un objet quantique est un objet non localisé : on ne peut pas dire qu’un électron est quelque part, il n’a pas de position unique et bien définie : il est ubiquitaire.

Par exemple en mécanique, on localise un objet selon quatre paramètres (trois paramètres concernant l’espace et un paramètre concernant le temps) alors qu’en physique quantique on se contente d’une probabilité : en moyenne il est là mais avec un certain flou et c’est ce flou qui est quantique.

Mais cette incertitude n’est pas le fruit de notre ignorance. On appelle ce flou une dispersion. Ces objets sont caractérisés par des spectres. Or la théorie quantique rend compte à l’heure actuelle d’un nombre impressionnant de phénomènes. L’électron étant un peu partout à la fois, on ne peut pas séparer le monde en morceaux indépendants les uns des autres.

Il y a donc des corrélations entre des phénomènes physiques très distants dans des espaces simultanés.

Les phénomènes physiques et les phénomènes psychiques peuvent être liés par exemple...

6.8 Bibliographie

L’espace et le temps aujourd’hui : ouvrage collectif, collection point seuil sciences, 1983, et tous les auteurs cités dans l’espace du texte.

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6.1 - Introduction
6.2 - L’espace et le temps en Grèce ancienne
6.3 - L’espace et le temps à la renaissance
6.4 - L’espace et le temps au 17 ème siècle
6.5 - L’espace et le temps au 18ème siècle
6.6 - L’espace et le temps au 19ème siècle
6.7 - L’espace-temps au 20ème siècle
6.8 - Bibliographie