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Psychomotricité : Les concepts fondamentaux

Sommaire

1 - Introduction générale

2 - Histoire de la notion de corps et des thérapeutiques corporelles

3 - Les fondements théoriques de la psychomotricité

4 - Les théories du corps au XXème siècle : phénoménologie, corps propre, schéma corporel

5 - Les théories du corps au XXème siècle : psychanalyse, image du corps

6 - Les concepts d’espace et de temps

7 - L’expérience du temps : le corps et sa mémoire

8 - Ethique et responsabilité en psychomotricité


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 3 - Les fondements théoriques de la psychomotricité

 

3.4 - La psychomotricité relationnelle

 

C’est DE AJURIAGUERRA qui imprime à toute une génération, sa façon de penser le soin en pédo-psychiatrie ; il inclut dans ses réflexions les travaux des neurologues tels que J. LHERMITTE, des psychanalystes tels que FREUD et M. KLEIN et est fortement influencé par la phénoménologie de MERLEAU-PONTY et de BUYTENDIJK.

Dès lors, trois courants, issus des trois origines (neurologie, philosophie et psychanalyse) se dessinent : sous la houlette d’AJURIAGUERRA et de Madame SOUBIRAN la psychomotricité va conquérir sa place dans l’arsenal thérapeutique entre 1950 et 1960. C’est ainsi que le mouvement corporel et la relaxation doivent contribuer à restaurer les fondements relationnels d’un sujet perturbé.

ZAZZO publie le Manuel pour l’examen psychologique de l’enfant dans lequel se trouvent les tests qui seront utilisés par les psychomotriciens (Santucci, Stambak, Bergès...)

PIAGET et WALLON se rejoignent pour donner la préséance au corps dans la genèse de la pensée. SIVADON dit que « c’est par rapport au corps de la mère que l’enfant définit les limites de son propre corps, de son propre soi, c’est toujours en passant par un autre que l’on se situe comme automone ».

MERLEAU-PONTY évoque le corps comme « véhicule de l’être au monde » et, dit-il, « avoir un corps, c’est, pour un vivant, se joindre à un milieu défini, se confondre avec certains objets et s’y engager continuellement ».

La maladie mentale est le témoin de la rupture du pacte entre le corps et l’esprit : il est donc nécessaire de retrouver une certaine forme de communication au moyen de la fonction motrice afin de recréer une dialectique entre corps et pensée.

Mais, de quel corps s’agit-il ?

La notion de « corps propre » définie par WALLON à partir des travaux du philosophe allemand HUSSERL est reprise par AJURIAGUERRA : c’est un corps rendu présent au monde par la perception, c’est un corps de chair vécu et non pas seulement imaginé ou représenté de façon symbolique ou conceptuelle.

« Il se tient là, sous nos yeux comme quelque chose de donner à soi-même et en acte, présentement » (Leib différent de Korper, en allemand)

Ce sont les déterminations visuelles et tactiles du corps qui sont susceptibles de lui garantir une identité et une figuration spatiale.

AJURIAGUERRA utilise cette notion de corps propre pour donner plus « de réalité » à la notion du « moi » ; pour renforcer son propos, il utilise le texte de J. LACAN sur le « stade du miroir », écrit en 1939.

Le stade du miroir est le moment ou l’enfant, dans son immaturité motrice, anticipe, par l’image, son unité corporelle et psychique. L’unité ne peut être réalisée que si l’enfant exerce sa motricité dans son rapport spatio-temporel et dans sa relation à l’autre ; s’introduit ici la notion du désir.

La question posée alors à la psychomotricité est la suivante :

Comment faire pour que les enfants intègrent la connaissance de leur corps ?

La réponse est de reconstruire l’enchaînement des acquisitions : la logique réeducative se construit ainsi :

  • par la relaxation, l’enfant acquiert un vécu corporel accompagné de la nomination des parties du corps et,
  • par le travail dynamique, il développe ses repérages temporo-spatiaux.

Cette rééducation psychomotrice permet de régler les difficultés des enfants en échec scolaire.

Mais, si cette pratique innove, elle s’avère rapidement insuffisante si l’enfant présente des troubles profonds de la relation et de l’identité.

Néanmoins, AJURIAGUERRA opte pour un fonctionnement global, car dit-il, il faut unifier un « psychisme aux multiples visages ». C’est pourquoi se crée en 1961 à Henri ROUSSELLE, le Diplôme de Réeducateur en Psychomotricité sous la responsabilité du titulaire de la chaire de Neuropsychiatrie.

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3.1 - Introduction
3.2 - Eléments d’une théorie psychomotrice
3.3 - Emergence des pratiques psychomotrices
3.4 - La psychomotricité relationnelle
3.5 - Influence de la psychanalyse
3.6 - Conclusion
3.7 - Bibliographie