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Psychomotricité : Les concepts fondamentaux

Sommaire

1 - Introduction générale

2 - Histoire de la notion de corps et des thérapeutiques corporelles

3 - Les fondements théoriques de la psychomotricité

4 - Les théories du corps au XXème siècle : phénoménologie, corps propre, schéma corporel

5 - Les théories du corps au XXème siècle : psychanalyse, image du corps

6 - Les concepts d’espace et de temps

7 - L’expérience du temps : le corps et sa mémoire

8 - Ethique et responsabilité en psychomotricité


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 2 - Histoire de la notion de corps et des thérapeutiques corporelles

 

2.2 - Vème siècle avant J-C.

 

Platon va rationaliser cette façon grecque de penser la culture du corps et de l’âme.

C’est ainsi que :

  1. Il immortalise définitivement l’âme dans Il appelle « vivant », l’ensemble du Sôma fixé à la Puskhé, et, s’il condamne les excès du corps, c’est pour rendre l’âme immortelle ; et au moment de la mort de Socrate, il dépeint avec une grande précision les postures corporelles des amis de Socrate ;
  2. Il appelle « vivant », l’ensemble du Sôma fixé à la Puskhé, et, s’il condamne les excès du corps, c’est pour rendre l’âme immortelle ;
  3. Dans Alcibiade il nous dit que l’œil sert de miroir à l’âme ;
  4. Dans le Timée, Platon systématise une nouvelle façon de penser le corps en l’inscrivant dans le cadre général d’une cosmogonie. Le postulat de base est le suivant : l’organisation du monde est régie par « le logos », le discours mathématique. Par conséquent, tous les éléments qui composent la matière ont une structure géométrique et sont régis par des lois de proportion et d’harmonies précises (le nombre d’or), le vivant étant à l’image du cosmos. Fortement influencé par les médecins de son époque, notamment Hippocrate, il nous dit que c’est l’âme qui construit le corps en trois régions essentielles : la tête qui contient la partie immortelle de l’âme et qui est le siège de la raison ; la partie entre l’isthme du cou et le diaphragme qui est le siège du courage (le cœur, la respiration) ; la cloison qui sépare le thorax de l’abdomen qui est le siège des désirs et de l’ardeur.
    Il y a, à la fois, un cloisonnement et une circulation entre ces trois régions. Elles communiquent entre elles.
    La maladie ou la folie se communiquent à l’âme et la contaminent, car la maladie est le résultat d’un désordre ou d’une violence faite au corps.
  5. Dans la République et Les lois, Platon élabore des règles d’éducation du corps et de l’âme.
    « Ne mouvoir ni l’âme sans le corps, ni le corps sans l’âme pour que, se défendant l’une contre l’autre, ces deux parties préservent leur équilibre et restent en santé ». Ainsi l’homme doit non seulement faire de la gymnastique pour entretenir son corps, mais aussi exercer son esprit à la philosophie et à la musique.

    « Le mouvement, c’est le bien dans l’âme et dans le corps », dit Platon dans Théétète.
    C’est pourquoi il préconise les régimes frugaux et dénonce, à la fois, l’art culinaire et la médecine, dans ce qu’ils ont de violence excessive pour le corps.
    En fait, pour tous les plaisirs du corps, c’est en connaisseur et non en consommateur qu’il convient d’agir ; sans trop d’excès et sans trop grande sagesse afin d’atteindre à l’équilibre. Or le corps résiste et l’on doit composer avec lui. C’est dans ce sens qu’il faut de temps en temps le purifier par des bains rituels ou des jeûnes.
    Une petite anecdote : Les Grecs pensent qu’à l’origine l’homme était de forme parfaitement ronde, avec quatre bras, quatre jambes et deux têtes. Zeus a coupé en deux cette forme et ainsi se sont constitués l’homme et la femme ; puis il les mit tous deux debout. Le nombril reste l’unique témoignage de cette coupure originaire. Mais l’homme a perdu la mémoire de cette origine ; il ne lui en reste des réminiscences qui s’expriment sous la forme du désir de s’accoupler afin de tenter de retrouver cette forme ronde originaire !

Avec Aristote la notion d’un corps irrationnel se termine et nous entrons de plain-pied dans la notion d’un corps purement physique. Il y a une logique du corps comme il y a une logique du langage. Le corps devient rationnel et objet de la science.

Aristote classe, trie, répertorie le corps et ses fonctions possibles.

Il est déterminé par sa largeur, sa longueur et sa profondeur. Il est divisible, mais pas totalement contrairement à la théorie atomiste de Démocrite.

Le corps est une substance sensible, déterminée par sa matière et par sa forme. C’est un composé fini, comme l’ensemble du monde physique. Quelle est la nature du corps dans cette perspective ? C’est l’étude du mouvement qui en donne la réponse : « le mouvement est inséparable du corps ».

En effet, pour Aristote, le corps sans le mouvement n’estë « rien », et le mouvement sans le corps est une pure abstraction.

Si l’on considère le mouvement comme cause de la sensation, c’est l’analyse du mouvement qui permet de déterminer la nature du corps sensible.

Le mouvement s’effectue entre les contraires tels que le chaud et le froid, l’humide et le sec. C’est leur combinaison qui permet de déterminer les qualités des corps premiers ; c’est ainsi que le corps se meut lui-même, naturellement, et au fur et à mesure, il atteint sa plénitude.

Le corps veut dire pour Aristote TOUS les corps : célestes, terrestres et êtres vivants. Le vivant en tant que substance se définit par ses mouvements. Ils sont décrits de façon fonctionnelle et ne sont pas séparables de leurs organismes qui sont rigoureusement classés. Il établit une progression du végétal à l’homme. Le premier mouvement du vivant est pour Aristote,la fonction de la nutrition puis viennent ensuite, dans l’ordre, la fonction de la sensation, puis la fonction de la pensée et, enfin, la fonction du désir et de la motricité. En ce qui concerne l’homme, il y a en outre : l’imagination, (qui est le prolongement de la sensation et représente l’objet disparu) le souvenir, (qui est la capacité de reproduire des images qui ont laissé une trace dans l’imagination), la pensée et les facultés intellectuelles (qui est le plus haut degré que puisse atteindre l’homme car elle permet l’appréhension des notions universelles).

Dans cette optique, l’âme est la forme organisatrice du corps, et à ce titre elle est mortelle.

L’homme peut néanmoins tendre vers l’immortalité s’il ne se situe pas du côté des plaisirs corporels, sinon il ne se distingue pas des animaux.

C’est donc l’intellect qui l’en distingue et à ce titre c’est bien l’activité intellectuelle qui prévaut sur l’activité corporelle. Il distingue deux catégories d’intelligence :

L’intelligence passive qui reçoit les informations et l’intelligence active qui transforme les données pour créer une pensée nouvelle. Celle-ci manifeste la présence du divin chez l’homme.

En conclusion
Aristote, père de la biologie moderne, fonde la Physique qui est la science des corps.
Ce corps physique est composé de forme et de matière, de puissance et d’acte. Mais, Aristote crée également une métaphysique (ce qui dépasse la physique) car la physique ne suffit pas à rendre compte de l’ensemble de la vie de l’homme et de l’univers.
Comme nous avons pu le voir brièvement à travers ces théories grecques du corps, il y a une différence fondamentale entre Platon et Aristote dans la mesure où Platon propose une théorie idéaliste et mathématique de l’homme dans l’univers alors qu’Aristote en propose une théorie matérialiste, physique. Néanmoins, ces penseurs marquent de leur sceau le début d’une pensée logique et rationnelle, à laquelle nous sommes encore attachés dans notre monde moderne.

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2.1 - Le corps dans la Grèce antique
2.2 - Vème siècle avant J-C.
2.3 - Le statut du corps de la renaissance à l’âge classique
2.4 - Le statut du corps au XIXème siècle et au XXème siècle
2.5 - Bibliographie