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2.1 Le bébé est compétent
POMERLEAU et MALCUIT (1983) ont définit la compétence, ils parlent de compétence de base : « La compétence de base est entendue comme l’ensemble des comportements (actions et réactions) que le jeune enfant, en se fondant sur son équipement biologique de départ, est susceptible de manifester, quand les circonstances, le contexte et les conditions environnementales s’y prêtent ».
L’enfant dispose à sa naissance d’un équipement biologique que l’on va lui faire développer. A sa naissance, bébé voit, entend et reconnaît les odeurs. On pourrait penser que l’enfant est complet à sa naissance, « tout équipé », avec deux bras, deux jambes et une tête un peu grosse par rapport au reste de son corps. A l’intérieur, les différents systèmes (circulatoire, respiratoire,
) fonctionnent. Pourtant, si on le compare au bébé des animaux mammifères qui peuvent se mettre sur leurs pattes et marcher quelques heures après la naissance, le bébé humain est bien démuni et il est totalement dépendant de sa mère. Il y a une vingtaine d’années, le nouveau-né était pourtant considéré comme un simple « tube digestif », un être réflexe, sans aucune compétence, dénué de sentiments, de sensations. A partir du 18ème siècle, l’enfant va progressivement être perçu comme un être en croissance et maturation, somatique et psychique, en même temps qu’un sujet qu’il faut éduquer de plus en plus tôt.
| Rappel historique |
1872 : création du mot pédiatrie 1878 : l’enseignement de la pédiatrie est officialisé en France 19ème siècle : période clef dans l’histoire de la pédiatrie en matière d’hospitalisation des enfants et de promotion d’actions préventives et sociales. 1877 : repos de la femme enceinte 1891 : ponction lombaire 1895 : radiographie 1901 : découverte des groupes sanguins 1950 : naissance de la pédiatrie néonatale 1970 : surveillance des nouveau-nés en maternité avec une consultation médicale obligatoire dans la première semaine. 1975 : l’échographie fœtale permet enfin d’observer le fœtus vivant dans sa bulle amniotique. |
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Grâce au progrès des méthodes de recherches (comme la vidéo, les ordinateurs), et aussi grâce au changement de point de vue de la part des chercheurs, le nouveau-né est considéré comme un élément actif possédant des compétences très riches dès sa naissance et même in-utéro. Le nouveau-né ne naît pas « table rase », mais plein de possibilités qui ne demandent qu’à s’exprimer. 2.2 La vision
14-15 sem. de gestation : les muscles oculomoteurs et les globes oculaires sont formés. La vision chez le prématuré : 30 sem : réflexe des pupilles à la lumière 32 sem : réflexe des yeux à l’éblouissement 34 sem : suit de façon oculocéphalogyre par saccades oculaires une cible contrastée (œil de bœuf) 37 sem : oriente spontanément et activement les yeux et la tête vers une lumière douce La vision chez le prématuré suit la maturation cérébrale. Le temps de conduction chez un prématuré, arrivé à terme, est plus lent. Le système visuel n’est pas totalement mature à la naissance car le câblage et la myélinisation des circuits correspondants ne sont pas achevé mais il fonctionne. Dès le moment où il ouvre les yeux, le bébé est capable de diriger son regard vers un point ou un autre de son environnement. Son acuité visuelle est très faible, environ 60 fois plus faible que celle de l’adulte. Il ne voit donc pas bien les détails fins et s’intéresse surtout aux zones de fort contraste. Le nouveau-né n’a pas d’accommodation : il voit flou à toutes les distances. Par contre à 3 mois, l’accommodation est meilleure que celle de l’adulte ce qui permet à l’enfant d’avoir une vision nette d’objets situés à 5 cm seulement des yeux. La perception des reliefs se fait vers 3 mois avec l’accommodation. La vision binoculaire est fonctionnelle dès la naissance : les deux yeux se déplacent toujours simultanément (conjugaison oculaire) et s’oriente de manière à ce que les deux regards se fixe sur une même point (convergence). La fixation oculaire et la poursuite oculaire saccadée existent dès la naissance mais sont fonction des différentes informations provenant du milieu : modification de l’éclairage, déplacement d’objets, différence de brillance, contraste des couleurs,
Certains, comme le Docteur AMIEL-TISON, considèrent que le meilleur stimulus pour obtenir une poursuite visuelle dès les premiers jours de vie est un disque de carton sur lequel sont représentés des cercles concentriques en noir et blanc brillants (l’œil de bœuf). Le nouveau-né : - fixe surtout les angles et les limites des formes (exemple : quand il voit un visage, ses yeux en font le tour) ;
- préfère ce qui est hétérogène et complexe à une structure simple ;
- est plus attiré par la nouveauté que par l’habituel
Ces performances limitées permettent néanmoins au bébé de suivre un mobile, s’il ne se déplace pas trop vite, de faire la différence entre une boule et un cube, s’ils ont une taille suffisante et de différencier leur mère d’une autre femme. La faiblesse du nombre de bâtonnets (cellules réceptrices des couleurs) à la naissance ne permet pas aux bébés de voir les couleurs comme nous les voyons. Un nourrisson de 3-4 mois voit les couleurs comme l’adulte. Dans l’ensemble, on peut considérer que vers 6 mois, le bébé dispose de capacités visuelles de base très proches de celle de l’adulte. A la naissance, les coordinations sensori-motrices tactiles et visuelles sont indépendantes Le nouveau-né ne peut pas attraper ce qui est vu et ne peut pas regarder ce qui est touché Ensuite, lorsque la main et l’objet se trouvent dans le champs visuel, il apparaît une coordination limitée : c’est-à-dire le main saisit l’objet. Puis, vers 16 semaines (4 mois), un objet non visible mais touché est saisi et amené dans le champ visuel. La coordination entre vision et audition est beaucoup plus précoce qu’entre la vision et le tact puisque dès la naissance, les yeux et la tête se tournent ensemble vers une source sonore. Le nourrisson dispose de mécanismes de traduction automatique, entre plusieurs modalités pour reconnaître les objets. Exemple : expérience avec des nourrissons de 30 jours :- soit succion d’une tétine lisse
- soit succion d’une tétine parsemée de petites irrégularités
Les bébés ne voient pas la tétine. Si présentation des 2 tétines visuellement ; ils reconnaissent celle des 2 qu’ils ont sucée. Conclusion : l’information acquise sur un objet par le toucher buccal peut-être transformée par le cerveau en une information utilisable dans une autre modalité sensorielle, ici la vision. BASQUIN : « le développement perceptif a été sous-estimé pendant longtemps du fait de l’intérêt accordé à la seule action motrice. Il est considéré aujourd’hui comme l’élément premier de l’intelligence ». |