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Modalités d’observation et d’évaluation des fonctions psychomotrices aux différents âges de la vie

Sommaire

1 - Les interactions précoces entre le bébé et ses partenaires

2 - Les compétences du bébé


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 2 - Les compétences du bébé

 

 

2.3 L’audition

A la différence de la vision qui est peu stimulée avant la naissance, d’autres sens sont fonctionnels in-utéro. C’est le cas de l’audition. On sait maintenant avec certitude que le fœtus entend.

L’ensemble des études réalisées chez le fœtus montre que celui-ci réagit significativement aux stimulations auditives externes.

L’échographie montre qu’un bruit fort provoque une accélération du rythme cardiaque et des mouvements globaux. Si le bruit est faible, on observe des petits mouvements des paupières. La motricité observée est fonction de l’intensité du bruit. Les sons graves passent mieux la paroi abdominale.

Plus le fœtus croît dans la grossesse, plus l’intensité nécessaire à l’obtention d’une réponse diminue : de 115 décibels à 20 semaines à 85-95 décibels à 35 semaines.

L’audition chez le prématuré :

La couveuse fait environ 60 à 80 décibels.

Un prématuré de 6 mois répond à une stimulation auditive par une modification du rythme cardiaque et une réaction comportementale : clignement des paupières, orientation de la tête vers la source auditive.

Chez le nouveau-né, son système auditif est fonctionnel, même si son développement n’est pas complètement achevé. Dès la naissance, l’enfant est donc en mesure de percevoir les sons de parole produits par son entourage. Il reconnaît la mélodie et la prosodie de la voix maternelle.

A la naissance, le nouveau-né répond a une stimulation auditive par clignement des paupières et parfois orientation de la tête vers un stimulus sonore.

D’autres travaux très récents démontrent que, non seulement le nourrisson entend bien et très tôt, mais qu’il est aussi en mesure de reconnaître la voix de ses parents : il distingue celle de son père de celle de sa mère et il essaie de tourner la tête si ces voix lui parviennent de derrière.

Le nouveau-né est aussi équipé de détecteurs spécifiques de la fonction linguistique lui permettant de faire la différence entre le son « ta » et le « da », ou « pa » et « ma ». Il perçoit donc une grande variété de contrastes de phonétique, bien avant de pouvoir les reproduire.

2.4 L’odorat

30 sem. de gestation : le fœtus a des sensations olfactives apportées par le liquide amniotique.

Dernier trimestre de gestation : le fœtus détecte les changements olfactifs in-utéro. La perméabilité placentaire augmente.

Le nouveau-né, dès sa 6ème heure, se met à dilater et rétracter ses narines bien plus qu’il ne lui est nécessaire pour respirer : il fait l’apprentissage des odeurs dont l’air est porteur.

Dès les premiers jours de sa vie, le nouveau-né reconnaît les odeurs maternelles qu’il sait distinguer des autres. En effet, il est en mesure de reconnaître l’odeur du sein maternel et de s’orienter activement vers une source imprégnée de cette odeur.

Par exemple, si on met dans une pièce une douzaine de bébés âgés de 8 à 10 mois et que l’on place au milieu un tas de chiffon imprégnés d’odeurs maternelles, chaque bébé ira cueillir celui de sa mère (MONTAGNER).

L’odorat joue un rôle important dans l’attachement mère-enfant, dans l’établissement du schéma temporel (les odeurs qui rythment la journée), dans le contrôle émotionnel et d’adaptation interactionnelle avec l’entourage.

2.5 La gustation

A 7 sem. de gestation : apparition des premiers bourgeons gustatifs situés sur la langue et le palais. Le nombre augmente avec la grossesse.

A 2 mois de gestation : l’épithélium olfactif est bien différencié

A 3 mois de gestation : tout le système gustatif est fonctionnel

Le liquide amniotique a une saveur qui varie en fonction des habitudes alimentaires de la mère.

Chez le prématuré de 34 sem., on observe une augmentation des mouvements de déglutition si on injecte du liquide sucré.

Pour la gustation, le nouveau-né différencie par une mimique de rejet ou de plaisir, un goût amer ou sucré ou acide ou salé (LIPSITT).

2.6 L’appareil vestibulaire

Les canaux semi-circulaires et le labyrinthe sont matures dès la 15ème semaines. Le fœtus reçoit des stimuli vestibulaires par les mouvements du corps de la mère et de ses propres mouvements.

L’appareil vestibulaire donne des informations sur le positionnement de la tête et ses déplacements dans l’espace, ainsi que ceux du tronc.

Il contrôle les équilibres statique et dynamique du corps ainsi que le contrôle de l’oculo-motricité.

A 24 semaines apparaît une réponse vestibulo-oculaire, c’est-à-dire le déclenchement des yeux par rotation de la tête.

Dès 30 semaines, le réflexe de Moro est présent.

Le système vestibulaire est mature à terme (myélinisation complète des fibres du nerf vestibulaire). C’est un système qui fonctionne en pluri-modal, par recoupement automatique avec les informations visuelles, propiroceptives des muscles de la tête et du cou, et auditives.

2.7 Le tact

A 7 sem. de gestation, le fœtus est sensible à l’effleurement.

Plus le fœtus grandit, le liquide amniotique diminue, les sensations tactiles augmentent.

A 6 mois de gestation, tout le corps est rempli de récepteurs, la maturation est achevée.

Le fœtus est constamment bercé contre la chaude paroi utérine, le liquide amniotique lui servant de tampon et la lisse membrane amniotique, de coussin.

Le nouveau-né a une sensibilité au chaud et froid. A la naissance, le bébé a des difficultés de régulation thermique.

Le nouveau-né est sensible à la douleur mais les seuils sont mal connus avant et après la naissance. Il existe un temps de latence.

Les sensations que l’enfant éprouve au contact du corps de sa mère constituent son premier mode de communication, son premier langage, son premier contact avec les autres êtres humains.

Le toucher n’est pas ressenti comme une simple modalité physique, une sensation, mais comme une émotion.

Les caresses, les tapotements de toutes les parties du corps pendant le bain, la toilette, ou tout simplement dans tous les instants de jeu partagés entre la mère et son nouveau-né contribuent à lui permettre de découvrir peu à peu qu’il est bien un être différent de sa mère, ce qui est évident pour nous mais ne l’est pas pour lui.

Bébé est d’abord dans un état unitaire, confondu, et grâce au toucher :

  • il « prend » corps,
  • il prend conscience qu’il « est » un corps
  • puis qu’il « a » un corps.

2.8 Limites des compétences

Lorsque l’on montre aux parents les compétences de leur enfant, ils sont émerveillés mais il ne faut pas sur-stimuler l’enfant.

On n’a pas intérêt à accélérer le processus de développement du nourrisson et à lui faire brûler des étapes.

Il faut se souvenir des limites des compétences :

  • un bébé se fatigue vite
  • l’immaturité des compétences elles-mêmes :
    L’enfant est compétent mais il est immature et il a tout à apprendre.
    Les compétences qu’il s’est forgées pendant la vie intra-utérine sont des points de départ.
  • respecter la chronologie des acquisitions
    Un enfant n’apprend pas tout en même temps.
  • la notion de « période sensible »
    Un enfant est plus réceptif à certains moments que d’autres.

Comment savoir quand on sur-stimule ?

Le bébé lui-même nous renseigne. Il s’agit de l’observer :

  • fatigue
  • inattention
  • irritation
  • pleurs
  • endormissement
sont des signaux à respecter.

Tant que le bébé éprouve du plaisir, il est attentif, il collabore, et sa joie, son ravissement sont évidents.

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2.1 - Le bébé est compétent
2.2 - La vision
2.3 - L’audition
2.4 - L’odorat
2.5 - La gustation
2.6 - L’appareil vestibulaire
2.7 - Le tact
2.8 - Limites des compétences