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Psychomotricité : Développement psychomoteur de l’enfant

Sommaire

1 - Le développement psychomoteur de l’enfant

2 - Les lois de développement psychomoteur

3 - Développement psychomoteur de 0 à 6 ans

Bibliographie


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 2 - Les lois de développement psychomoteur

 

2.1 - L’acquisition d’une fonction motrice

 

L’acquisition d’une fonction motrice dépend de l’élaboration des structures anatomiques, c’est-à-dire l’élaboration du système nerveux central. A 7 mois, dans le ventre de la mère, la morphologie du système nerveux central est achevée avec environ 10 milliards de neurones.

Dans cette maturation du SNC quatre aspects sont fondamentaux : la myélinisation, l’établissement de relations inter-neuronales, l’organisation de l’activité électrique du cerveau, l’organisation des grands systèmes neuro-fonctionnels.

2.1.1 La myélinisation

C’est la fabrication de la myéline autour des axones. La myélinasation des axones est un phénomène destiné à accélérer la vitesse de conduction.

La myéline apparaît sur les nerfs dès le 4ème mois de grossesse et se termine vers 2 ans. Les derniers centres myélinisés seront les grands centres du langage, de la gnosie (connaissance), de la praxie (action). La surveillance de la myélinisation se fait par l’observation des réflexes.

2.1.2 L’établissement de relations inter-neuronales

Pour que l’influx nerveux circule, les neurones s’articulent entre eux grâce aux synapses. Ce système complexe nécessite des processus métaboliques, électriques et enzymatiques.

2.1.3 L’organisation de l’activité électrique du cerveau

A la naissance
l’enregistrement de l’activité du cerveau (EEG = électro-encéphalogramme) du bébé montre l’existence d’un courant de très faible voltage (amplitude) et de très faible fréquence.
Avant 3 mois
il n’apparaît pas de différence de tracé entre la veille et le sommeil, c’est-à-dire si le bébé ouvre ou ferme les yeux, l’enregistrement de l’activité du cerveau n’est pas sensible aux perturbations extérieures.
Après 3 mois
il apparaît une première ébauche de la réaction d’arrêt, c’est-à-dire la modification du tracé électrique suivant que le sujet ouvre ou ferme les yeux. Les stimulations extérieures vont donner un tracé différent. Le cerveau commence à intégrer des informations.
A 8-9 mois
l’activité de veille et de sommeil se différencie.

2.1.4 L’organisation des grands systèmes neuro-fonctionnels

Le développement du cerveau se spécialise par l’organisation des capacités fonctionnelles qui rendent possible la construction du moi : organisation de nos expressions émotionnelles, organisation des centres sensori-moteurs, organisation des centres perceptifs et analyseurs…

2.1.5 Les bases physiopathologiques

Repose sur l’individualisation de 2 systèmes de contrôle moteur :

  • le système sous-corticospinal, archaïque
  • le système corticospinal

Le système sous-cortico-spinal
  • comprend des faisceaux issus des noyaux du toit, de la formation réticulée et des noyaux vestibulaires
  • issu du tronc cérébral, qualifié de système inférieur (ou encore extrapyramidal)
  • mésencéphalique
  • rôle essentiel dans le maintien de la posture et la fonction anti-gravitaire, c’est-à-dire le tonus des muscles extenseurs des membres inférieurs et de l’axe corporel
  • myélinisation précoce, entre 24 et 34 semaines de gestation et en direction ascendante caudo-céphalique
Le système corticospinal
  • comprend les zones corticales motrices, les cortex associatifs impliqués dans la motricité et les voies corticospinales
  • qualifié de système supérieur (ou encore pyramidal)
  • contribution au contrôle du tonus postural par le jeu des influences inhibitrice ou excitatrices sur le motoneurone. Il modère les réactions posturales en hyperextension.
  • Rôle prédominant dans la motricité fine et en particulier, dans l’exécution des mouvements indépendants des doigts ainsi que dans la précision et la vitesse de la manipulation.
  • Myélinisation plus tardive, entre 32 semaines de gestation et 2 ans très rapidement (puis beaucoup plus lentement jusqu’à 12 ans), en direction descendante céphalo-caudale, vers la moelle épinière.

Ces 2 systèmes n’ont ni la même fonction ni la même horloge de maturation. Le clinicien pourra suivre les étapes de maturation en examinant la fonction neuromotrice.

Un contrôle neuromoteur de type archaïque prédominera au cours de la vie fœtale, puis une phase « d’encéphalisation » lui succèdera et se poursuivra rapidement tout au long des 2 premières années, puis lentement.

Encéphalisation = croissance extraordinaire et disproportionnée des hémisphères cérébraux.

Entre les deux, la phase transitionnelle autour du terme de 40 semaines est d’un intérêt exceptionnel, puisque le clinicien pourra suivre de semaine en semaine la « prise de pouvoir » du système supérieur.

Chez le nouveau-né prématuré, les lésions ischémiques siègent en priorité dans la substance blanche hémisphérique (leucomalacies périventriculires) ; le contrôle moteur supérieur est donc altéré (plus ou moins selon l’étendue des lésions) et une infirmité motrice d’origine cérébrale (IMOC) le plus souvent spastique s’installera progressivement au cours de la 1ère année, avec des fonctions intellectuelles relativement respectées.

Chez le nouveau-né à terme, les lésions asphyxiques siègent en priorité dans la substance grise (cortex, noyaux gris de la base et, dans les formes gravissimes, tronc cérébral). Des déficits intellectuels et sensoriels sévères s’associent le plus souvent à l’IMOC.

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2.1 - L’acquisition d’une fonction motrice
2.2 - Trois lois caractérisent l’évolution motrice
2.3 - L’environnement
2.4 - Les niveaux d’évolution motrice
2.1.1 - La myélinisation
2.1.2 - L’établissement de relations inter-neuronales
2.1.3 - L’organisation de l’activité électrique du cerveau
2.1.4 - L’organisation des grands systèmes neuro-fonctionnels
2.1.5 - Les bases physiopathologiques