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2.2 Trois lois caractérisent l’évolution motrice
2.2.1 Loi de différenciation
Au départ, le bébé a une motricité globale dont les décharges sont généralisées à tout le corps. L’activité motrice s’affine pour devenir de plus en plus fine, plus élaborée et plus localisée. Le bébé passe d’une motricité involontaire à une motricité volontaire. 2.2.2 Loi de variabilité
L’évolution du développement psychomoteur se fait toujours dans un sens de perfectionnement progressif. Ces progrès ne sont pas uniformes et continus. Cette maturation se réalise par des progressions rapides mais également par des stagnations, des arrêts, voir même des régressions puis le développement peut repartir. 2.2.3 Loi de succession
L’ordre de maturation est d’une remarquable constance. Le développement psychomoteur se réalise à partir de 2 lois fondamentales : - Loi céphalo-caudale
- Les muscles de l’axe du corps sont d’autant plus tôt sous le contrôle de la volonté qu’ils sont plus proche de la partie céphalique (SNC). Cette loi descendante est marquée par une série d’étapes dans la coordination statique.
Donc, le contrôle musculaire s’achemine de la tête aux pieds. Par exemple, les muscles du visage sont contrôlés en premier puis l’enfant peut soulever sa tête avant de parvenir à s’asseoir. - Loi proximo-distale
- Les muscles des membres sont d’autant plus tôt sous le contrôle de la volonté qu’ils sont plus proche de l’axe du corps. Cette loi est marquée par une série d’étapes dans la coordination fine.
Donc, le contrôle s’achemine du centre du corps à la périphérie. L’enfant contrôle en premier ses bras, puis ses mains, puis ses doigts.
2.3 L’environnement
De nombreux facteurs interviennent dans le développement psychomoteur du jeune enfant, tant sur le plan génétique que sur le plan environnemental. L’hérédité, la place dans la fratrie, les choix éducatifs des parents, l’environnement naturel vont se combiner et influencer le développement de l’enfant. La vie relationnelle est un facteur essentiel pour l’élaboration du développement psychomoteur. Quel que soit son environnement (famille, hôpital, pouponnière), l’enfant a besoin, pour lui permettre un développement psychomoteur et psycho-affectif harmonieux, de recevoir une qualité et une continuité d’attention pour mettre en place des attachements privilégiés, c’est-à-dire des relations stables et sécurisantes. 2.4 Les niveaux d’évolution motrice
La locomotion des enfants se développe selon une succession de redressements, de maintiens, d’enchaînements et de déplacements qui vont des positions de décubitus à la station debout et à la marche. Ces très nombreux enchaînements passent par la reptation, les retournements, la quadrupédie et diverses formes de redressements pour parvenir jusqu’à la locomotion bipodale. Ces différents enchaînements sont appelés les niveaux d’évolution motrice (N.E.M.). C’est à partir de l’observation de la motricité innée que les NEM représentent des situations actives où les aptitudes cérébro-motrices innées interviennent dès les 1ers niveaux pour permettre des ajustements automatiquement régulés dans l’exécution des mouvements. Grâce à cette régulation automatique inconsciente et aux expériences répétées, l’enfant apprend à contrôler les NEM puis les NEM suivants. L’enfant découvre dans ses explorations du milieu extérieur les nombreuses combinaisons d’enchaînements possibles qui multiplient ses possibilités fonctionnelles. Les variations individuelles relatives au développement psychomoteur peuvent s’expliquer par l’existence de nombreux paramètres dont les plus évidents, sans être les seuls, paraissent être les suivants : - la qualité de la potentialité cérébro-motrice ;
- l’évolution plus ou moins rapide de la maturation du système nerveux ;
- la qualité du développement cognitif et affectif ;
- la qualité des informations extéroceptives et proprioceptives ;
- la richesse des expériences motrices en fonction de la nature du milieu où elles se déroulent (contexte culturel et social).
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