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Dialogue corporel et danse-thérapie

Sommaire

Avant-propos

Introduction : construire le corps

1 - Structuration psychocorporelle / dialogue corporel

2 - La danse-thérapie : le mouvement et la danse

3 - Le corps-conscience, ce que savent les danseurs

4 - Sensation, analyse et intuition : les techniques de conscience du corps

5 - Danse-thérapie et dialogue corporel : expériences avec des personnes polyhandicapées

Bibliographie de base


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 5 - Danse-thérapie et dialogue corporel : expériences avec des personnes polyhandicapées

 

5.4 - Danse-thérapie et besoins spécifiques des polyhandicapés

 

Ce travail qui évolue au fil des années perdure dans les institutions où j’ai pu le proposer. Les équipes soignantes y trouvent, disent-elles, un terrain de rencontre avec les personnes dont elles ont la charge. Le fait qu’on ne vise pas en premier lieu de performance particulière, mais une qualité de relation, qui passe par le confort, l’écoute, le plaisir et le jeu, semble important. Les enfants manifestent leur désir et leur plaisir de venir aux séances. On relève des évolutions au fil des mois et il serait sans aucun doute intéressant d’analyser les observations de façon plus systématique. Je me bornerai ici à rapprocher quelques besoins spécifiques des personnes polyhandicapées évoqués par Andréas FROHLICH1 :

  • besoin d’organiser les stimulations dans le temps, pour échapper à l’a-temporalité
  • besoin d’organiser des espaces proches qui soient contenants
  • besoin de proximité pour vivre des expériences d’interaction
  • besoin de découvrir avant toute chose le corps propre
  • importance dans ce processus des stimulations somatiques, vestibulaires et vibratoires, « qui sont le fondement de la perception humaine »

La danse-thérapie répond à tous ces besoins, sans évidemment les épuiser. Une difficulté également largement soulignée par FROHLICH est le problème de l’hyperstimulation. Nous devons en effet veiller à ce que des personnes qui ont du mal à intégrer des sources sensorielles simultanées ne se ferment pas ou ne soient pas désorganisées par ce qui peut ressembler pour elles à un bombardement. La question devient encore plus délicate lorsqu’est mise en œuvre une approche thérapeutique volontairement basée sur l’hyperstimulation, ce qui rassure sans aucun doute l’entourage proche, mais nie ne fait les besoins spécifiques de la personne polyhandicapée. La Danse-thérapie telle que nous la pratiquons avec cette population se fait toujours dans un climat calme, même si nous aimons voir surgir la joie. D’autre part, la multiplicité des sources sensorielles (auditif, vibratoire, vestibulaire, kinesthésique parfois associées) se fait toujours en convergence. Enfin, j’accorde une attention croissante à la formation initiale des personnels accompagnants. En effet, pour engager et développer une relation basée sur le corps-à-corps, et en particulier pour savoir décrypter les « surdosages », il faut s’éprouver soi-même, vivre les situations que l’on est amené ensuite à proposer, affiner son schéma corporel, son toucher, et développer son imagination sensori-motrice. Rien de tout cela ne s’improvise.



1. FROHLICH A. Créateur de la stimulation basale, dont nous avons souvent noté de profondes convergences avec notre approche. Cf FROHLICH A. (1993), la stimulation basale, (Lucerne, Suisse), Ed SPC

 

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5.1 - La danse, quelle danse ?
5.2 - Un corps inerte, a-temporel, a-spatial
5.3 - L’espace-temps de la séance
5.4 - Danse-thérapie et besoins spécifiques des polyhandicapés