Site FMPMC
     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 

Anatomie fonctionnelle

Sommaire

1 - Introduction et généralités

2 - Fonction musculaire et mouvement

3 - Tonus et posture

4 - Axe vertébral et verticalité

5 - Membre inférieur - Appuis

6 - Ceinture scapulaire - Membre supérieur

7 - Thorax

8 - Physiologie de la respiration

Bibliographie


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.7
V. Morice


Chapitre 3 - Tonus et posture

 

 

Tonus et posture sont intimement liés…, ont comme substrat commun les émotions et l’activité relationnelle… et fondent le mouvement…

3.1 Tonus

Le tonus est l’état de tonicité de la musculature, ou niveau de tension, de « contraction » musculaire.

Rôles du tonus
Le tonus a pour fonction d’assurer :
  • le maintien des positions antigravitaires et de la posture (par le jeu des contractions toniques),
  • la préparation à la contraction phasique (mise en tension de l’élasticité musculaire).
  • la base de la motricité (volontaire ou non), du langage, de la communication non verbale et de l’expressivité ;
  • le soutien (et l’expression) de l’éveil, de la vigilance, de la motivation et de l’intention (en lien avec les facteurs psycho-émotionnels et affectifs).
    et il est, accessoirement, facteur de régulation thermique…]
Différents niveaux toniques
  • le tonus de fond (ou de base) :
    • est constitué de l’état de légère tension, isométrique, des muscles, involontaire et permanente, même au repos (ne disparaît pas non plus au moment du sommeil où il y a persistance aussi des tensions chroniques profondes).
    • maintient la cohésion des différentes parties du corps (et soutient le sentiment d’unité corporelle / de soi)
    • représente le substrat de l’affectivité et des émotions (muscles striés aussi bien que viscéraux) et porte la charge expressive du mouvement.
    • est géré par le tronc cérébral (substance réticulée) et grâce au réflexe myotatique ; il est lié à la vigilance et à l’éveil, dans une influence réciproque
      l’endormissement entraîne un avachissement du corps ;
       à l’inverse, le redressement de la posture stimule l’éveil...]
      et il intervient donc dans la régulation de l’activité perceptive.

    ses excès sont dans le sens de l’hypotonie ou de l’hypertonie.
  • le tonus postural :
    • représente l’activité tonique minimale permettant la station debout et le maintien des équilibres statiques, en différentes positions, ainsi que dynamiques.
    • garantit un niveau de contraction optimum pour l’action (état de « conductibilité » de la tension) ;
      l’hypotonicité ou l’hypertonicité engendrent un manque d’efficacité…]
    • est sous commande réflexe mais peut aussi être contrôlé volontairement.
  • le tonus d’action :
    • se définit par la contraction musculaire permettant l’action et le mouvement ;
    • est en principe intentionnel, sous commande volontaire.

La différenciation entre ces trois niveaux de tonus est, à l’origine, « quantitative » mais peut devenir plus qualitative dans la mesure où il existe une certaine interdépendance entre eux ainsi que des grandes variations et modulations chez chacun… ; dans cet exemple où le fait de penser un mouvement provoque une élévation (très légère...) du tonus dans les muscles effecteurs de ce mouvement, il reste difficile d’attribuer ce nouveau niveau tonique local à l’une des catégories considérées…
Mise en place et évolution du tonus
Le processus de développement du tonus, dans ses aspects fondamentaux, est fonction, avant tout, de l’élaboration de la commande nerveuse (la maturation évoluant dans les sens céphalique-caudal et proximo-distal comme déjà indiqué…).
L’évolution globale se fait de l’hypertonie en flexion des membres et l’hypotonie de l’axe vers une augmentation du tonus d’extension au niveau du tronc avec son redressement (globalement en place vers 6 mois…) et le relâchement des fléchisseurs au niveau des membres.
Elle se déroule en rapport avec l’expérience de la pesanteur,
chez le nouveau-né, il y a augmentation de tonus des parties du corps en appui, puis, un peu plus tard, cette réaction s’inverse, donnant une augmentation de tonus des muscles opposés à l’appui, par l’intervention du réflexe tonique labyrinthique de redressement de la tête et de repousser du sol…]
avec une importance décisive des réactions tonico-émotionnelles, dans la diminution ou l’augmentation de tonus selon la satisfaction ou l’insatisfaction (en relation étroite avec la viscéralité… et l’affectivité…)
Régulation tonique et organisation du mouvement
à partir de la bipolarité de base (extrêmes d’hyper. et hypotonie…), il y aura, outre l’équilibration du tonus entre l’axe et la périphérie, affinement des nuances toniques dans les différentes musculatures, au services des coordinations de plus en plus fines et complexes. Cette évolution est liée aux expériences et apprentissages moteurs, à la sensorialité ainsi qu’au contexte psychoaffectif.
Elle se développe selon les différents axes mis en évidence au chapitre précédent.

3.2 Posture

« façon de se tenir, façon d’être »… aussi bien corporelle que psychique…

Le terme de « posture », que nous allons retenir dans ce cours car appartenant plus spécifiquement au vocabulaire de la physiologie générale, serait à nuancer avec celui « d’attitude »…

L’attitude représente une organisation tonique relativement constante (mais pas pour autant définitive…), une sorte de structure de base, et se rapproche ainsi de la morphologie en ce sens qu’elle donne une certaine « forme » au corps, propre à chaque individu ; l’attitude corporelle constituerait par ailleurs l’autre versant de l’attitude psychique engagée dans les perceptions, la pensée et les comportements.

La posture, quant à elle, reste plus modulable et, se rapprochant de la « position », dépend plus directement de l’activité en cours, des habitudes gestuelles et de l’état du moment. Une définition de la posture serait : « la disposition relative des différents segments corporels dans l’espace formant une position d’ensemble stable ». Il existe donc une infinité de postures possibles, cependant, les terme de « posture » ou « postural », font référence le plus souvent et tacitement à la position debout.

La posture fait le lien (influences réciproques / carrefour…) entre la morphologie / attitude et la façon de bouger (« style moteur »).

Le rôle de la fonction posturale est de maintenir la station debout malgré la gravité et de maintenir l’équilibre lors du mouvement. Elle sert de base au mouvement (position de base sur laquelle se développe celui-ci) et il y aura alors « ajustement postural préparatoire » (« pré-mouvement »), afin d’assurer les appuis, l’orientation et la coordination du geste et du déplacement.

Dans le développement de l’enfant, il n’y aura pas de mouvement finalisé possible sans acquisition de la fonction posturale.

La posture va être essentiellement déterminée par les points d’appui qu’elle met en jeu avec son support (le sol…), ainsi que par sa « dynamique ». Les zones corporelles préférentiellement « bases d’appui postural » sont celles en contact / support avec le sol (pieds / membres inférieurs en debout), ainsi que le bassin et l’axe vertébral (auxquels s’ajoutent des « appuis intermédiaires » si le mouvement concerne les extrémités).

L. Busquet synthétise l’activité posturale comme devant permettre le respect des trois grandes lois de fonctionnement du corps : « équilibre, confort et économie »… en cas de problème, l’adaptation se fait pour conserver d’abord l’équilibre, puis le confort mais au détriment de l’économie…]

L’activité posturale s’appuie sur le tonus musculaire dont les variations vont influer sur la qualité de la posture : énergie engagée, optimisation par rapport à l’objectif, charge expressive…

3.2.1 Activité posturale

Elle représente, en terme d’activité et non de structure, le travail musculaire en vue d’assurer :

  • le maintien de la posture (et particulièrement la station debout) avec les positionnements :
    • antigravitaires (soutien et équilibre) :
      • prises d’appuis « au sol »,
      • résistances aux forces extérieures,
        et internes de mouvement…]
    • de lutte contre la tendance au tassement (enroulement / fermeture).
    • directionnels (orientation spatiale du corps et des segments à mobiliser),
    • segmentaires (stabilisation de certaines articulations).
  • le maintien de l’équilibre avec les réactions :
    • d’élargissement des appuis et d’abaissement du centre de gravité,
    • d’égalisation de la pression sur les surfaces d’appui,
    • de redressement et de retournement pour stabiliser tête et regard.

L’activité posturale peut donc être soit anticipative pour préparer le mouvement, soit rétroactive pour récupérer l’équilibre.

3.2.2 Gravité et équilibre

L’activité posturale est organisée par rapport à cette donnée de base qu’est l’attraction terrestre et a pour but d’établir un certain équilibre avec cette force, dans une énergie et un mouvement de direction opposée (vers le haut), permettant de « décoller » du sol et de trouver la mobilité et la liberté de mouvement. Le « réflexe tonique postural » (toute pression sur la plante des pieds déclenche une augmentation du tonus des extenseurs) y joue un rôle majeur.

La position du centre de gravité (point virtuel, non matérialisé) dépend de la répartition des masses et donc de la position corporelle ; en position debout, ce centre se situe juste en avant de la 3ème lombaire.

un peu plus haut c/o l’homme que c/o la femme…]

L’équilibre correspond à la projection du centre de gravité dans le « polygone de sustentation » (avec un équilibre moins stable et demandant plus d’efforts si cette projection, dans le cas d’une posture mal centrée…, se situe plus en périphérie...).

L’équilibre est indissociable de la posture et la fonction d’équilibration doit permettre, dans son aspect statique, le maintien de la posture en dépit de forces contraires, ainsi que, dans son aspect dynamique, l’adaptation permanente du rapport aux appuis afin d’assurer la poursuite du mouvement ou du déplacement.

En réalité, la construction du corps humain, avec un centre de gravité plutôt haut placé, favorise bien plus le mouvement que la stabilité (la capacité à se maintenir en équilibre stable se développe plus tardivement que celle à se mobiliser…)

3.2.3 Dynamiques de la posture

La posture est sous tendue par deux systèmes de fonctionnement :

  • le « système antigravitaire » qui permet d’assurer le repousser du sol, dans toutes les positions intermédiaires entre allongé au sol et debout.
  • le « système d’auto grandissement » qui concerne la dynamique même de la posture « debout » (et plus particulièrement de la CV).
    être réellement « debout », c’est être verticalisé sur ses deux pieds… mais surtout aussi en dynamique d’autograndissement, d’ouverture…]

3.2.3.1 Système antigravitaire

Cette « négociation » avec la gravité, afin que le corps ne reste pas collé au sol, est assurée essentiellement par :

  • le squelette osseux, permettant le maintien de la forme / position.
  • les fascias, et surtout le plan postérieur, mis en tension par la tendance au déséquilibre antérieur du corps
    en position debout, il existe un déséquilibre ant. du corps, dans l’organisation squelettique (niveau tête et chevilles), la posture devient instable mais plus dynamique...
    Les fascias permettent le soutien de cette posture, les muscles servent à la re-équilibration permanente…]
  • la musculature « antigravitaire », composée essentiellement des extenseurs / rotateurs externes qui permettent le repousser du sol dans l’allongement des membres inférieurs ainsi que le déploiement vers la verticale dans le déroulement de la colonne et l’ouverture des ceintures.
    Les paravertébraux les plus profonds (transversaires-épineux surtout) travaillant « par bouffées » (ou « en rafales ») assurent, de façon plus précise, la re-équilibration permanente des oscillations antéro-postérieures et giratoires du corps sur ses appuis.

Son bon fonctionnement implique :

  • une proprioception fine, particulièrement celle de la plante des pieds et du rachis,
    (les tendons et ligaments servent d’« avertisseurs proprioceptifs »…)
  • une vigilance tonique suffisante,
    les muscles posturaux sont très « proprioceptifs » ; les informations proprioceptives ayant un effet d’activation de la SR et d’augmentation de la vigilance (et inversement)…]
  • une disponibilité aux mouvement fins de l’axe et des appuis.

3.2.3.2 Système d’auto grandissement

C’est la véritable « dynamique » de la posture debout…, permettant l’allongement de la colonne vertébrale (atténuation des courbures et délassement vertébral), grâce :

  • aux chaînes musculaires :
    PAAP du « principe GDS » ou bien
    Droite Postérieure et Droite Antérieure du « principe Busquet » (post. pour redressement des cyphoses, ant. pour redressement des lordoses),
  • à la ceinture abdomino-lombaire…

La musculature posturale dans son ensemble sera donc essentiellement constituée des muscles

  • extenseurs profonds des membres inférieurs
  • rotateurs externes des ceintures
  • extenseurs de l’axe vertébral ou paravertébraux
    (long dorsal et sacro lombaire pour les étages lombaire et thoracique, complexus et splénius pour la portion cervicale ainsi que, pour l’ensemble de la colonne, le transversaire épineux… L’action de ces extenseurs est complétée, pour l’autograndissement de l’axe, par celle de deux muscles antérieurs : le long du cou et le psoas).
  • ceinture abdomino-lombaire avec les muscles : transverse de l’abdomen, grands et petits obliques de l’abdomen (obliques internes et externes), carrés des lombes (obliques et carrés ayant aussi une fonction dynamique)

Etre « debout » (en humain…) suppose, en plus d’être verticalisé sur ses deux pieds, d’être :

  • stable sur ses appuis et solide dans son axe,
  • disponible vers la mobilité,
  • et ouvert sur sa face relationnelle…

L’enfant construit sa tonicité axiale, dans les six premiers mois de la vie, pour passer de l’hypotonie primaire de sa CV et de sa posture préférentielle d’enroulement, à une activité et un tonus des extenseurs lui permettant de dérouler son axe, de se redresser, de se soutenir par lui-même dans la verticalité.

Cette verticalisation dépend des premiers rapports avec l’appui, la façon dont le portage a été donné / reçu, la sécurité qui a pu y être trouvée pour permettre l’autonomie…

3.2.4 Contrôle de la posture

L’activité posturale est au carrefour des fonctions motrices, sensitives et sensorielles et est, dans l’activité quotidienne, gérée de façon automatique, même si un contrôle volontaire peut également intervenir.

Elle est donc gouvernée :

  • par le système extra-pyramidal (qui s’adresse, au niveau musculaire, principalement aux extenseurs)
    les influx pyramidaux (motricité volontaire) ont un effet activateur sur les fléchisseurs, inhibiteur sur les extens…]
  • au niveau de voies réflexes, avec le réflexe myotatique essentiellement (à finalité surtout posturale et concernant plutôt les muscles anti-gravitaires).
    appelé aussi « réflexe d’étirement » et déclenché lors d’étirements brusques ou importants du muscle, par le fuseau neuro-musculaire. (interne au muscle) et par l’organe tendineux de Golgi
    Ce réflexe est inhibé par la voie pyramidale, renforcé par la voie extra-pyramidale…]

L’activité posturale est en connexions nerveuses avec les centres de l’éveil et des émotions et est coordonnée, par le cervelet, à la motricité volontaire.

Elle se trouve, en fait, au carrefour des voies nerveuses

  • motrices
  • intéroceptives / proprioceptives :
    • dans leur aspect de perception de la configuration plastique du corps ;
    • avec la proprioception dans son ensemble et plus spécifiquement aux niveaux de la voûte plantaire et du cou, le contrôle postural se faisant alors, ici, dans le sens ascendant, des pieds vers la tête.
      pour la voûte plantaire, avec le réflexe « tonique postural » dans lequel une pression sur la plante des pieds provoque une élévation du tonus des extenseurs ;
      pour le cou avec l’importance du regard dans l’équilibre.
      L’activité des extenseurs est liée de façon importante à la gravité (cette tonicité diminue chez les cosmonautes)…]
  • labyrinthiques (oreille interne) avec le « réflexe tonique labyrinthique » (ou « vestibulo-spinal »), réflexe de redressement de la tête sur le cou et le reste du tronc, grâce, surtout, à la perception des modifications de la posture par rapport à la gravité.
  • sensorielles (extéroception) :
    • le tact, dans la perception des pressions cutanées par les « gravicepteurs ».
    • l’audition, servant au repérage du champ spatial.
    • la vision, aidant, entre autres, à déterminer la verticale… et constituant un véritable « point d’appui », un référentiel important dans l’équilibration et le maintien de la posture.
      en cas de chute ou perte d’équilibre, la posture est retrouvée par la tête d’abord pour rétablir le champ visuel en premier… (l’extension de la tête, d’ailleurs, stimule le réflexe d’extension des membres inférieurs.)…]
      Cette référence visuelle de la posture est prédominante chez l’enfant jusque vers 4 ans, avec contrôle de la posture dans le sens descendant, de la tête vers les pieds et stratégie de fixation tête/tronc si l’équilibre devient précaire. Cette référence visuelle constitue un « référentiel exocentré », la référence proprioceptive, dite « référentiel égocentré », deviendra ensuite prédominante avec l’affinement des coordinations de la musculature posturale.

Par la convergence de toutes ces informations perceptives, l’activité posturale est directement articulée à l’intégration du schéma corporel,

  • dans son aspect de modèle spatial du corps avec la perception de la géométrie corporelle, de la masse des différents segments, de la verticalité / gravité…
  • dans son aspect de sens kinesthésique avec la proprioception mais aussi bien l’extéroception et la viscéroception,
  • dans son aspect de représentation, avec un ensemble d’images, en stock, de postures variées et de multiples potentialités de mouvement.

3.3 Tendances posturales individuelles

Elles racontent l’histoire de l’individu…

et se traduisent dans et par « l’équilibre », très personnel, des tonicités des différents muscles, et déterminant l’attitude de base spécifique à chacun.

Elles sont étroitement liées :

  • à la morphologie (elle même jamais définitive…),
  • à l’« héritage » corporel (au sens de l’intégration gestuelle et posturale par mimétisme / dialogue tonique…),
  • aux activités sportives, professionnelles ou autres,
  • à l’histoire psychoaffective, à l’imaginaire et aux tendances comportementales…

Elles s’organisent progressivement, selon le jeu subtil d’action / relâchement des muscles et groupes musculaires, de leur hyper- ou hypoactivité, selon la répartition spécifique de ces tensions sur l’ensemble du corps (diffusions en chaînes, asymétries, systèmes de « compensation »… etc…).

une dissymétrie de la répartition des tensions très accentuée risquera de compromettre plus rapidement les fonctions posturales et dynamique…]

Elles peuvent dépendre, par exemple… :

  • d’habitudes gestuelles ou comportementales : la contraction musculaire répétée se transforme en tension (de raccourcissement ou concentrique - à différencier d’une tension en étirement ou excentrique…),
    une tension d’étirement, se trouvant au niveau de l’« ouverture » de la posture, vient toujours en compensation d’une tension de raccourcissement…]
    puis s’installe une perte d’élasticité (difficulté d’allongement / perte de souplesse) et une chronicisation en véritable rétraction (le muscle garde sa position courte, son aponévrose se fibrose…).
  • de gestuelles ou de réactions motrices, à charges affectives, régulièrement engagées mais retenues, non résolues, et dont l’énergie de tension, réprimée, resterait engrammée dans la musculature concernée ;
  • de mouvements au sens d’émotions (des « é-mouvoirs »…) dont les pôles de représentation ou de symbolisation feraient défaut et qui ne pourraient circuler que dans la mise en acte, en geste… (« somatisation »).

Dans une posture où les raccourcissements musculaires constituent une entrave importante au mouvement et une perte de liberté, il peut convenir de travailler la détente non plus de façon globale uniquement mais en s’adressant de manière spécifique aux musculatures contractées.

Il est alors nécessaire, pour retrouver une vraie disponibilité au mouvement, de viser la détente des muscles raccourcis afin de permettre la réouverture des zones corporelles en état de fermeture, et non pas de renforcer les muscles des régions « trop ouvertes », (dites souvent abusivement « faibles »…) ce qui n’aurait pour résultat que d’ajouter une autre fermeture à la première et d’obtenir une position corrigée, certes, mais au prix d’un surcroît de tensions et d’une perte de disponibilité…

Ce travail de « re-ouverture » concerne ici le plan musculaire, dans ce sens évoqué de détente, de restitution d’une mobilité / souplesse perdue, mais ne peut que concerner aussi les dimensions affectives / émotionnelle / psychique spécifiquement liées aux tensions évoquées, leur « remise en mouvement » et la dialectique entre ces deux plans (somato-psy…).

     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 
3.1 - Tonus
3.2 - Posture
3.3 - Tendances posturales individuelles
3.2.1 - Activité posturale
3.2.2 - Gravité et équilibre
3.2.3 - Dynamiques de la posture
3.2.4 - Contrôle de la posture
3.2.3.1 - Système antigravitaire
3.2.3.2 - Système d’auto grandissement