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Anatomie fonctionnelle

Sommaire

1 - Introduction et généralités

2 - Fonction musculaire et mouvement

3 - Tonus et posture

4 - Axe vertébral et verticalité

5 - Membre inférieur - Appuis

6 - Ceinture scapulaire - Membre supérieur

7 - Thorax

8 - Physiologie de la respiration

Bibliographie


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 2 - Fonction musculaire et mouvement

 

 

2.1 Rappels de références anatomo-physiologiques

Positions de base
Les positions de base sont celles à partir desquelles sont décrites les positions relatives des différentes parties du corps ainsi que leurs modifications dans le mouvement :
  • position « de référence anatomique » : debout, pieds joints et parallèles, paumes de mains orientées vers l’avant.
  • position « de référence physiologique » : debout, talons joints, pieds en légère rotation externe (rotation latérale), paumes de mains orientées vers l’axe du corps.
Axes de référence et de mouvement (sur la base de notre espace tridimensionnel…)
vertical : haut / bas
transversal : horizontal droite / gauche
antéro-postérieur : horizontal avant / arrière
Plans de mouvement (formés chacun par deux axes)
sagittal - frontal - transversal
Mouvements de base
flexion / extension (dans plan sagittal et autour de l’axe transversal)
la flexion porte le segment vers l’avant ; l’extension vers l’arrière…]
abduction / adduction (dans plan frontal et autour de l’axe antéro-postérieur)
éloignement ou rapprochement de l’axe corporel…]
rotations externe (latérale) / interne (médiale) (dans plan transversal et autour de l’axe vertical)
en fait, autour de l’axe du segment…]

Spécificités du vocabulaire anatomique… (code de langage)

Cf. mise en pratique :

flex / ext épaule : antépulsion / rétropulsion

flex / ext pied : flexions dorsale ou plantaire

flex genou vers arrière…, ext nulle…

add / abd colonne : inclinaisons D et G

add / abd bassin : inclinaisons D / G (ou int / ext % appui…)

axe add / abd doigts (variable : axe main ou corps)

RE / RI colonne : rotations D ou G

RE / RI avant bras : supination et pronation…]

2.2 Constitution du système locomoteur

Le système locomoteur est l’ensemble des structures permettant la mobilité du corps :

  • le squelette osseux, ses articulations et les structures péri articulaires (ligaments, capsule…)
  • les muscles « squelettiques » (à la différence des muscles viscéraux), dont le rôle est la mobilisation des os les uns par rapport aux autres.
  • les fascias, ou trame tissulaire d’enveloppement, de relation et de soutien.

2.2.1 Squelette osseux

Il constitue la structure, permettant le maintien de la forme et le soutien postural dans la fonction statique. C’est une véritable « charpente » pour le corps, autant qu’une « armature intérieure » sur laquelle s’étaye aussi la structure psychologique.

Les os
Cette ossature assure la solidité et la résistance corporelle, mais elle n’en a pas moins une certaine « plasticité » minimale, dépendant de la proportion d’eau dans le tissu osseux, elle même variable selon l’âge…
dans la représentation de la matière osseuse, et pour se servir d’une comparaison, il serait plus juste de visualiser l’os vivant comme du « bois vert » que comme du bois mort…
Cette plasticité osseuse, amoindrie par la déperdition progressive d’eau, fait que, entre autres raisons, les fractures sont plus fréquentes chez la personne âgée…]
La croissance de l’os est contrôlée par des facteurs génétiques et physiologiques ;
ce qui n’exclut pas le constat, par observations cliniques, que des conditions socio-affectives défavorables peuvent compromettre cette croissance…]
mais la modélisation de l’os est donnée par le mouvement lui même :
  • de façon globale dans les formes spiralées ou hélicoïdales de la majorité des os,
  • de façon locale :
    • les tractions tendineuses ou ligamentaires, au niveau des insertions, créent les diverses tubérosités et apophyses (ou « processus »…).
    • les forces de compression (gravité surtout) construisent la croissance de l’os spongieux en travées osseuses, véritables renforts internes de l’os.

Outre la déperdition en eau, évoquée plus haut, de l’os, avec l’âge se développe un phénomène de déminéralisation diffuse, l’ostéoporose, particulièrement fréquente chez la femme après la ménopause. Elle se manifeste par des douleurs essentiellement vertébro-pelviennes dues aux micro fractures ou à des tassements de l’os fragilisé.
Par ailleurs et pour ce qui concerne la dimension de schéma corporel, le squelette est un facteur de « spatialisation » du corps, dans des géométries de lignes, d’axes et de points de flexion de ces axes.
Les articulations
Dans le squelette, les os sont en relation entre eux par l’intermédiaire des articulations, système de jonction mobile dont la conformation conditionne le type de mobilité des os en présence. Dans l’analyse du mouvement, l’intérêt se porte non pas tant sur les segments de membres que sur ces jonctions, ces « espaces intermédiaires » où tout le mouvement se joue…
Et pour chacune des articulations, l’enjeu est à la fois la liberté de mouvement et la stabilité (participations dynamique et posturale), faisant de ces lieux de liaison des passages complexes et sensibles, où s’expriment la plupart des disfonctionnements ostéo articulaires. Ces disfonctionnements peuvent être fonctionnels (atteinte seulement de la fonction, sans lésion décelable) ou structurels (atteinte lésionnelle de la structure, objectivable).
Les principales pathologies susceptibles d’atteindre presque toutes les articulations sont :
  • les arthrites, dues à une inflammation de la synoviale (d’origines et de symptomatologies multiples), responsables de douleurs, même au repos, nocturnes et surtout matinales, ainsi que de raideurs, voire d’une perte importante de la mobilité.
  • les arthroses où une altération / usure du cartilage articulaire (avec pincement de l’interligne et densifications osseuses en périphérie) est à l’origine de douleurs au mouvement (calmées par le repos). Les facteurs aggravants en sont le vieillissement, le surmenage articulaire, l’obésité ou encore des troubles de la mécanique articulaire.

2.2.2 Fascias

Les fascias sont constitués de tissu conjonctif fibro-élastique formant les enveloppes des différentes structures de l’organisme.

La totale continuité de ces membranes dans l’ensemble du corps (de par leurs prolongements, replis et extensions…) fait que, plus que d’enveloppes isolantes, elles servent de maintien et surtout de lien entre les différents systèmes :

  • pour les muscles entre eux, générant une véritable conduction du tonus et du mouvement, de façon réflexe, et une harmonisation des fonctionnements musculaires en chaînes.
  • entre les structures osseuses et les viscères, établissant une influence réciproque (même, et surtout, en cas de disfonctionnement, par traction viscérale ou déformation posturale…)

Ce lien ne doit toutefois pas être trop étroit et il existe une possibilité de glissement des différents plans des fascias les uns par rapport aux autres au cours des mouvements (et donc aussi de possibles restrictions de mobilité en cas d’adhérences / cicatrices…).

Le tissu fascial est susceptible de perdre, plus ou moins partiellement, son élasticité et sa souplesse, voire de se rétracter (en association à un manque de sollicitation en allongement, à des tensions musculaires chroniques qui finissent souvent, en retour, par être fixées dans leur position courte à cause de la rétraction fasciale associée…)

La trame fasciale prend différentes formes selon sa localisation, différents noms selon qu’elle enveloppe :

  • les organes : plèvre, péricarde, péritoine etc…
    qui possèdent des accolements et des ligaments de suspension aux parois ostéo-musculaires…]
  • les muscles : aponévroses (formant, en se prolongeant, le tendon vers l’insertion)
  • les articulations : capsules et ligaments
  • le système nerveux : méninges

Sa disposition met en évidence trois structures singulières :

  • le « fascia superficiel » qui enveloppe l’ensemble du corps, sous la peau (et dont la rétraction donnerait la sensation d’être serré dans un vêtement trop petit).
  • le « fascia profond » : composé d’une suite de fascias reliés à la base du crâne, aux cervicales, au sternum, au diaphragme et jusqu’aux lombaires ; ces fascias participent aux enveloppes du cœur et des gros vaisseaux du médiastin ainsi qu’aux aponévroses des muscles profonds du cou, en avant des cervicales. Cette structure réalise un lien mécanique direct entre la base du crâne et le diaphragme (et ensuite vers le sacrum), pouvant, en cas de raccourcissement, limiter la mobilité (et l’efficacité…) de ce dernier et entraîner une posture d’enroulement des dorsales hautes et d’extension compensatrice des cervicales.
  • le « fascia postérieur »
    constitué par : ligament cervical post. ; aponévroses trapèze / gd dorsal, apon. lombaire ; ligaments vertébraux communs, apon. postéro-lat. du mb inf ; apon. post mollet /, mbne inter osseuse, tendon d’achille et apon. plantaire.]
    ayant un rôle postural essentiel dans le maintien de la verticalité en debout.

2.2.3 Muscles

Ce sont les éléments actifs du système locomoteur, de par leur capacité à changer de tonicité et de longueur.

Le rôle de la musculature est de deux ordres :

  • postural… pour assurer la posture…(aspects antigravitaire et d’autograndissement ; et plus précisément la ré équilibration permanente de la posture sur ses appuis)
  • dynamique pour le mouvement et le déplacement, avec mobilisation :
    • des segments les uns par rapport aux autres
    • du corps dans l’espace et par rapport à l’appui

La fonction musculaire constitue la fonction tonique, sans pour autant qu’elles soient tout à fait superposables ; le tonus peut prendre les trois formes de tonus de fond, tonus postural, ou tonus d’action (cf chapitre 3, « Tonus et posture »). Le jeu musculaire évolue entre trois principales situations du muscle :

  • le relâchement ou la détente / relaxation, qui autorise un relatif abaissement du tonus de fond en dessous de son niveau habituel,
  • l’étirement, correspondant à un allongement du muscle et qui suppose une force extérieure opposée à son action propre ainsi qu’une relative détente du muscle lui-même.
    il peut s’agir d’« étirement passif » si il y a détente du muscle, ce qui suppose une inhibition relative du réflexe myotatique ;
    ou d’« étirement / résistance » si le muscle continue à se contracter en même temps…]
  • la contraction, qui équivaut à une augmentation de tonus vers un tonus d’action, selon plusieurs modalités :
    • isotonique concentrique (avec raccourcissement, appelée aussi « contraction - ou tension - concentrique »)
    • isométrique (sans changement de longueur)
    • isotonique excentrique (avec allongement…), appelée aussi « contraction - ou tension - excentrique »
      et apparentée à l’« étirement / résistance »]

    Les contractions isométrique et isotonique excentrique nécessitent une force / résistance extérieure au muscle.
    soit une force externe au corps (inertie d’un objet imposant un effort de traction ou de poussée, partenaire, gravité etc…)
    soit une force « interne » avec les antagonistes…]
    L’action de base, isotonique concentrique, fait qu’un muscle contracté / raccourci se trouve toujours dans « l’angle de fermeture » du mouvement ou de la position.
    zone de rapprochement des segments…]

Les conditions dans lesquelles le muscle travaille sont celles de la construction du système : dynamique de groupe et contraintes structurelles…

  • le muscle ne travaille jamais seul mais en synergie (collaboration)
    • avec ses agonistes, de même paramètre d’action,
      pour effectuer le même mouvement…]
    • avec ses antagonistes…aussi…
      les antagonistes du muscle travaillent en effet toujours à minima,
      pour stabiliser un segment en point d’appui du mouvement d’un autre ;
      pour réguler la force et la vitesse du mouvement (grâce au réflexe myotatique) et « doser », équilibrer l’action de l’agoniste. Le rôle proprioceptif des muscles et de leurs tendons est ici particulièrement important ; ce sont les antagonistes du mouvement qui, mis en tension excentrique, sont à l’origine des principales informations proprioceptives et des perceptions fines de la mobilité.
    • avec les muscles de la même « chaîne », pour un même mouvement global (coordinations, schèmes de mouvement…)
      la transmission de l’activité tonique se faisant par voie nerveuse et par les mises en tension fasciales…]
  • le muscle travaille toujours contre un minimum de résistance :
    • le poids du segment déplacé ou d’un objet
    • une éventuelle force extérieure opposée
    • la tension des antagonistes…

Le mouvement résulte alors d’un équilibre subtil entre contraction / étirement / relâchement / résistance… d’un ensemble de muscles, pour permettre toutes les nuances de jeu et la précision des différentes coordinations.

Il nécessite la stabilisation de certains segments devant servir de points d’appui au déplacement d’autres segments (cf. rôles postural et dynamique)

la musculature profonde doit assurer l’équilibre et le soutien…]

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2.1 - Rappels de références anatomo-physiologiques
2.2 - Constitution du système locomoteur
2.3 - Organisations de la musculature
2.4 - Mouvement et coordination
2.2.1 - Squelette osseux
2.2.2 - Fascias
2.2.3 - Muscles