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3.3 Herpèsvirus humain type 6 ou HHV-6
Découvert dans le sang de sujets immunodéprimés (SIDA notamment) il se multiplie dans les lymphocytes T CD4+ en culture de cellules, avec un effet cytopathique marqué. Il est largement répandu dans la population. La primo-infection survient le plus souvent entre 6 mois et 2 ans, et est le plus souvent asymptomatique. En dehors de la 6e maladie (éruptive) ou exanthème subit du nourrisson, elle est responsable d’un tiers des convulsions fébriles de l’enfant. L’HHV-6 est leucotrope, mais également neurotrope, et hépatotrope. Chez les personnes immunodéprimées, il est à l’origine d’encéphalites. Chez le greffé de moelle, il est responsable, en plus d’encéphalites, de syndromes fébriles accompagnés d’insuffisance médullaire, avec anémie. Il est responsable d’hépatites aiguës, surtout chez l’enfant, où il a été mis en cause dans des cas d’hépatite fulminante. Ces divers tropismes le rapprochent donc du CMV et de l’EBV. L’HHV-7, proche de l’HHV-6, très largement répandu, parait « orphelin » de maladie. 3.4 Herpèsvirus humain type 8 ou HHV-8
Identifié initialement par des fragments de séquence génomique, ce nouvel herpèsvirus apparaît proche du virus Epstein-Barr. Il est associé à la maladie de Kaposi (appelée autrefois sarcome de Kaposi), que celle-ci soit ou non associée à l’infection à HIV. On le trouve aussi dans deux maladies lymphoprolifératives rares : le lymphome diffus des séreuses et la maladie Castleman. Ces associations évoquent le rôle causal du virus dans ces maladies. Ce virus semble, pour une part du moins, transmis par voie sexuelle. Le diagnostic repose sur la recherche des anticorps spécifiques et la recherche du génome viral par PCR. Sa prévalence est de l’ordre de quelques % dans nos régions, alors qu’il est beaucoup plus répandu en Afrique (prévalence de 50 % en Ouganda, avec acquisition avant la puberté) (revoir illustration III-1). Chez le receveur de greffe de rein séropositif, sa réactivation du fait de l’immunodépression est cause de sarcome de Kaposi. L’HHV-8 est un virus opportuniste pathogène chez les personnes immunodéprimées, greffés d’organes, malades du SIDA. Ainsi, deux herpèsvirus se trouvent associés à des proliférations cellulaire potentiellement malignes : l’EBV et l’HHV-8 3.5 Herpesvirus simiæ ou virus B du singe
Cet Herpesviridae animal mérite d’être connu. Il détermine chez le singe une maladie buccale érosive banale, équivalent de l’herpès humain, bénigne pour cet animal. En revanche, sa transmission accidentelle à l’homme, par morsure ou manipulation au laboratoire de tissu infecté, entraîne une encéphalomyélite constamment mortelle sans traitement. D’où l’intérêt des animaleries contrôlées à cet égard ! Le virus est heureusement sensible, expérimentalement, à l’ACV et plus encore à la DHPG (ganciclovir). |