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2.1 - Généralités sur les Herpesviridae
La famille des Herpesviridae comporte près de 120 herpèsvirus. Les 8 herpesvirus strictement humains sont répartis dans les 3 sous-familles des Herpesviridae
(voir plus loin, illustration III-2) : Alphaherpesvirinae - le virus de l’herpès proprement dit, ou herpes simplex virus (HSV), de type 1 ou de type 2 (HSV-1 ; HSV-2).
- le virus de la varicelle et du zona ou herpesvirus varicellæ (VZV)
Betaherpesvirinae - le cytomégalovirus (CMV)
- 6e et 7e herpèsvirus humains (HHV-6, HHV-7)
Gammaherpesvirinae - le virus EPSTEIN-BARR ou virus E-B (EBV)
- le 8e herpèsvirus humain (HHV-8)
Ces herpèsvirus ont en commun certains caractères. Ce sont des virus à ADN de poids moléculaire élevé (150 à 230.000 paires de bases), codant donc un grand nombre de protéines (une centaine). Ils ont une capside icosaédrique faite sur le même modèle (162 capsomères, à titre indicatif). Ils ont un péplos ou enveloppe, dérivé de la membrane nucléaire. En effet, l’encapsidation de l’ADN viral à l’intérieur de la capside se fait dans le noyau, puis le virus quitte le noyau par bourgeonnement de la membrane nucléaire ; l’acquisition de l’enveloppe définitive se fait par bourgeonnement de la membrane de l’appareil de Golgi, modifiée par l’adjonction de glycoprotéines virales. L’ECP des herpèsvirus, quand il existe (HSV, VZV, CMV), consiste donc principalement en modifications du noyau, avec inclusion nucléaire. Au niveau moléculaire la réplication des Herpesviridae comporte trois phases : « très précoce » avec synthèse de protéines activatrices ; « précoce » avec synthèse de protéines enzymatiques dont une ADN polymérase virale ; et « tardive » avec synthèse des composants protéiques de la capside et des glycoprotéines d’enveloppes. La réplication de l’ADN viral sépare les phases précoces et tardives.
La réplication de l’ADN viral, très différent de l’ADN cellulaire, ne peut être assurée par les enzymes cellulaires : elle exige la synthèse préalable, en phase précoce, de l’ADN polymérase virale. Celle-ci est la cible des antiviraux actuellement disponibles. Les HSV et le VZV ont de plus une thymidine kinase virale, le CMV et l’HHV-6 ont une phosphotransférase, ces enzymes phosphorylant les nucléosides naturels mais aussi les nucléosides synthétiques antiviraux, phosphorylation indispensable à leur activité. Enfin, le péplos est très fragile. D’où une transmission inter-humaine directe de l’infection, nécessitant des contacts étroits, intimes. Certains de ces virus ont un pouvoir cancérigène, dans des conditions particulières (EBV et HHV-8) Du point de vue étymologique, herpès vient du grec et implique l’idée de ramper comme un serpent (illustration II-3A). De fait, après primo-infection, ces virus herpétiques restent tapis dans l’organisme sous forme « dormante », réalisant une « infection latente » qui les soustrait au système immunitaire comme aux antiviraux (camouflage). Ainsi, ces virus qu’on ne peut éradiquer deviennent, après la primo-infection, des constituants de notre organisme. C’est une façon de pallier leur fragilité dans le milieu extérieur. L’infection latente peut se réactiver, donnant alors une réinfection endogène, ce qu’on appelle une récurrence. Les récurrences sont l’occasion d’une excrétion virale, souvent asymptomatique, assurant l’infection de nouveaux hôtes.
Quant au siège de l’infection latente, pour les HSV-1 et 2 et le VZV « dermoneurotropes », il s’agit du ou de ganglion(s) sensitif(s) du territoire de la primo-infection. Pour les autres Herpesviridae humains qualifiables de leucotropes, il s’agit des cellules immunes.
Les herpèsvirus se propageant surtout directement de cellule à cellule, cellules NK et CTL ont le rôle principal dans les défenses antivirales Ces gros virus à grand génome, riches en protéines immunogènes, seraient des cibles faciles pour nos défenses antivirales, s’ils ne consacraient nombre de leurs gènes à contrer nos défenses. Soit passivement par camouflage grâce aux gènes de latence. Soit activement par sabotage de la présentation des antigènes par le CMH, de la lyse des cellules infectées par les CTL, de l’action des Interférons
etc, cela par des leurres = homologues de protéines cellulaires modifiées produites grâce à des gènes pris aux cellules par piraterie génique. Ainsi au cours d’une co-évolution sur des millions d’années, homme et Herpesviridae ont trouvé un modus vivendi leur évitant la destruction mutuelle, bon nombre d’infections étant asymptomatiques ou bénignes. Cependant cette situation est remise en question en cas d’immunodépression, qui majore les manifestations cliniques de l’infection par Herpesviridae. Ainsi, les herpèsvirus sont des êtres craintifs et sournois ; l’immunodépression les rend méchants. Un site très utile : www.ihmf.org
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