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Santé publique

Sommaire

1 - La prévention : les principes

2 - Prévention des conduites addictives : le tabagisme

3 - Droits des malades


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V. Morice


Chapitre 1 - La prévention, l’éducation pour la santé et la promotion de la santé - Les principes

 

 

Auteur : François Bourdillon

1.1 Introduction

La Santé publique a pour objectif de mettre en place une action d’ensemble afin d’améliorer la santé des populations. La prévention, l’éducation pour la santé et la promotion de la santé visent à anticiper la maladie et à permettre à chacun d’assurer le contrôle de sa santé et de l’améliorer. Elles constituent, avec les soins curatifs et la gestion de sa maladie, un tout indivisible.

L’état de santé des français - notion de mortalité évitable
Le rapport « La Santé en France 2002 » du Haut comité de la santé publique (HCSP) présente une remarquable synthèse de l’état de santé des français. Les Français (tous sexes confondus) ont une espérance de vie à la naissance de 78 ans. Cependant, malgré ces bons résultats on constate que certains meurent trop jeunes. La mortalité prématurée en France est importante (il s’agit du taux de mortalité spécifique rapporté à la part de la population dont l’âge est inférieur à 65 ans). Ce taux est paradoxalement un des plus élevé d’Europe.
Ceci s’explique en partie par la fréquence des maladies liées aux habitudes de vie et aux comportements individuels à risques : tabac, alcool, accidents de circulation, sida, suicides… et par la faible place accordées à la prévention dans les politiques de santé. Les soins et le curatif absorbent la très grande majorité des dépenses de santé (98 %). La prévention est peu intégrée dans les pratiques des professionnels de santé.
Au sein de cette mortalité prématurée, on distingue la mortalité évitable (estimée à 60 000 décès/an)
  1. Mortalité évitable liée aux comportements à risque : cause de décès dont la fréquence pourrait être diminuée essentiellement par une action sur les comportements individuels : tabagisme, alcoolisme, conduite dangereuse.
    • Cancers, l’alcoolisme, accidents de la circulation, suicide, sida
  2. Mortalité évitable liée aux systèmes de soins : cause de décès dont la fréquence pourrait être diminuée essentiellement par une meilleure prise en charge par le système de soins dont le dépistage +/- comportements individuels
    • Maladies cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux), cancers féminins (sein, utérus), mortalité maternelle et périnatale

Chez l’homme, la mortalité évitable liée aux comportements est 3 fois supérieure à celle liée aux systèmes de soins. Chez la femme, la mortalité évitable liée aux systèmes de soins est la plus fréquente. En 1994, le HCSP s’était fixé comme objectifs de « Donner des années à la vie », c’est à dire de réduire les décès évitables et de « Donner de la vie aux années » c’est à dire réduire les incapacités évitables.
De l’hygiène à la promotion de la santé
La maladie a été très longtemps considérée comme une fatalité. La variolisation est un de premiers pas dans le domaine de la prévention. Louis Pasteur qui démontre l’origine des maladies infectieuses ouvre des voies importantes dans le domaine de la prévention par ses travaux sur la stérilisation, la pasteurisation et la vaccination. La loi d’hygiène publique de 1902 contient les premières dispositions réglementaires destinées à garantir la protection de la santé. L’ère hygiéniste est basée sur la transmission des connaissances et la prescription des comportements à suivre fondés sur de nombreuses interdictions et obligations. La prévention reste alors très extérieure au sujet.
Le développement de l’épidémiologie et l’évolution des modèles éducatifs vont transformer l’approche concernant la prévention. Après l’ère hygiéniste, de nouvelles approches voient le jour en particulier l’éducation pour la santé et la promotion de la santé.
L’éducation pour la santé centrée sur la personne prend en compte le vécu des individus (croyances, attitudes, comportements). Elle doit permettre à chacun d’améliorer sa santé à partir de ses connaissances nouvelles. Elle s’appuie sur le développement personnel et la réalisation de soi. Elle favorise la responsabilité individuelle pour les choix de comportements favorables à la santé.
La promotion de la santé n’est plus centrée sur le risque ; elle repose sur la capacité des individus et des groupes à agir sur leurs conditions de vie ; elle vise à l’instauration d’un environnement culturel favorable à la santé. L’éducation pour la santé fait partie intégrante de la promotion de la santé. La promotion de la santé intègre en plus l’environnement général qui donne une cohérence aux messages d’éducation pour la santé (ex : une action de lutte contre le tabagisme en milieu scolaire a plus de chance d’être efficace si dans le même temps il existe une campagne de communication pour modifier les représentations sociales et que le prix du tabac augmente, …). Toutefois il faut savoir que les différents niveaux d’intervention dans le temps et l’espace de la promotion de la santé ne sont pas toujours les mêmes (en moto on se protège du traumatisme en mettant un casque, mais on peut rouler sous la pluie…)
On distingue donc la prévention qui se rapporte à la maladie : une prévention « de » qui fait référence à des agents ou à des risques identifiés et la prévention positive voire universelle qui renvoie à l’idée de promotion de la santé.
La loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé donne, pour la première fois en droit français, une définition précise de la politique de prévention : « la politique de prévention a pour but d’améliorer l’état de santé de la population en évitant l’apparition, le développement ou l’aggravation des maladies ou accidents et en favorisant les comportements individuels et collectifs pouvant contribuer à réduire le risque de maladie et d’accident. A travers la promotion de la santé, cette politique donne à chacun les moyens de protéger et d’améliorer sa propre santé ».

1.2 La prévention

La prévention selon l’OMS, c’est « l’ensemble des mesures visant à éviter ou réduire le nombre ou la gravité des maladies ou accidents ».

  1. Une première approche vise à distinguer la prévention en fonction du moment où elle se situe par rapport à la survenue de la maladie.
    • La prévention primaire. C’est « l’ensemble des actes destinés à diminuer l’incidence d’une maladie, donc à réduire l’apparition de nouveaux cas ». Elle fait appel à des mesures de prévention individuelle (hygiène corporelle, alimentation…) et/ou collective (distribution d’eau potable, vaccination…)
    • La prévention secondaire. Ce sont « tous les actes destinés à réduire la prévalence d’une maladie donc à réduire sa durée d’évolution ». Elle comprend le dépistage et le traitement des premières atteintes.
    • La prévention tertiaire. Ce sont « tous les actes destinés à diminuer la prévalence des incapacités chroniques ou des récidives dans la population donc à réduire les invalidités fonctionnelles dues à la maladie ». Elle pour objectif de favoriser la réinsertion sociale et professionnelle après la maladie. Cette définition étend la prévention aux soins de réadaptation.
  2. Une seconde approche vise à distinguer la prévention en trois sous-ensembles (San Marco 2003) :
    • « La prévention universelle dirigée vers l’ensemble de la population quel que soit son état de santé ; elle tend à permettre, par l’instauration d’un environnement culturel favorable, à chacun de maintenir, conserver ou améliorer sa santé, quelque soit son état ;
    • La prévention orientée qui porte sur les sujets à risque et tente d’éviter la survenue de la maladie dont ils sont menacés ;
    • Enfin la prévention ciblée est appliquée aux malades, qu’elle aide à gérer leur traitement de façon à en améliorer le résultat ». Elle correspond à l’éducation thérapeutique.
  3. Une troisième approche vise à distinguer les mesures de prévention selon l’implication ou des sujets dans sa réalisation : la prévention active ou passive.

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1.1 - Introduction
1.2 - La prévention
1.3 - Actions de prévention
1.4 - Les acteurs et l’organisation de la prévention
1.5 - Conclusion
Ce qu’il faut retenir