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Santé publique

Sommaire

1 - La prévention : les principes

2 - Prévention des conduites addictives : le tabagisme

3 - Droits des malades


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V. Morice


Chapitre 1 - La prévention, l’éducation pour la santé et la promotion de la santé - Les principes

 

 

1.3 Actions de prévention

Le champ d’action de la prévention concerne essentiellement des conditions de vie, des facteurs de risque de maladies et de la gestion de sa maladie. Les thèmes généraux concernent essentiellement le mode de vie et les comportements : ils traitent des facteurs fondamentaux que sont l’alcool, le tabac, la drogue, l’alimentation, le stress dont les effets se conjuguent souvent. Les thèmes spécifiques relèvent de domaines tels que la contraception, du sida, des vaccinations, du cancer, des maladies chroniques, …

La mise en place d’une action de prévention suppose que plusieurs conditions soient réunies :

  • une bonne connaissance du problème : de la maladie et de ses déterminants. Les études épidémiologiques permettent de quantifier les problèmes et d’envisager l’évaluation de l’impact des actions de prévention,
  • des études sur les comportements des groupes concernés,
  • la prise de conscience d’une possibilité de prévention tant au niveau de la décision politique que des acteurs de terrain. La décision politique conditionne les moyens techniques par l’allocation de moyens financiers
  • la mobilisation des acteurs
  • la formation des acteurs
  • l’élaboration d’outils d’éducation pour la santé …

Les moyens de la mise en place de la prévention relèvent de mesures collectives qu’individuelles.

Les mesures collectives. Parmi elles, il faut citer en particulier :
  • la réglementation (prévention primaire) concernant l’habitat, les eaux usées, l’alimentation, la conduite automobile, certaines pratiques dangereuses, … (Prévention passive). Exemples :
    • l’interdiction de l’utilisation de plomb dans les peintures
    • mesures de prévention de l’ESB sur la filière viande
    • obligations quant au respect de la chaîne du froid et des délais de conservation
    • potabilité de l’eau, stations d’épuration
    • ceinture de sécurité, …
  • la vaccination (prévention primaire). Elle agit en protégeant de la maladie le sujet vacciné mais aussi en réduisant la transmission de l’agent infectieux. C’est un des moyens les plus efficaces de prévention. Elle a permis l’éradication de la variole. Certaines vaccinations sont obligatoires, d’autres recommandées. Le processus décisionnel concernant l’introduction d’un vaccin est complexe et prend en compte : l’épidémiologie de la maladie, l’efficacité du vaccin, la tolérance du vaccin, les risques de modification de l’épidémiologie de la maladie, l’intégration dans le calendrier vaccinal.
  • le dépistage (prévention secondaire). La mise en place d’une stratégie de dépistage repose sur l’existence d’un test diagnostique qui permet de révéler une maladie à un stade précoce et d’envisager la mise en route d’un traitement ou d’une prise en charge (infection par le VIH, cancer du sein, transfusion). Concernant le test diagnostic, il faut tenir compte de deux paramètres :
    • La proportion de patients ayant un test positif qui correspondent à des vrais malades ; c’est la sensibilité du test.
    • La proportion de patients ayant un test négatif qui correspondent à des sujets non malades : c’est la spécificité du test.
    • La sensibilité et la spécificité évoluent en sens inverse. Tout gain de sensibilité entraîne une perte de spécificité et vice-versa. C’est pourquoi dans les stratégies de dépistage on effectue dans un premier temps un dépistage avec un test sensible avec en cas de positivité une confirmation par un test spécifique.
  • les examens de santé (prévention secondaire) : il peut s’agir soit d’examens médicaux sélectifs (avant incorporation dans l’armée, en médecine du travail) ; ou d’examens systématiques préventifs tel que examens prénuptiaux, examens prénatals ; soit de bilans de santé, examens plus complets et périodiques, effectués dans des centres privés ou publics (relevant des caisses d’assurance maladie). Ces bilans sont chers et peu efficaces.
  • les actions d’information et de communication (prévention orientée, ciblée ou universelle). Les campagnes de communication publique sur les thèmes du tabac, de l’alcool, des drogues et conduites addictives, du VIH, du VHC, des vaccinations, des accidents de la vie courante, de la nutrition, du mal de dos, de la santé mentale visent à faire prendre conscience la population du problème de santé publique, à maintenir un bon niveau de sensibilisation et à modifier les représentations sociales. Elles représentent un des moyens de la promotion de la santé.
  • l’éducation (prévention universelle). Elle commence à l’école, lieu d’acquisition du savoir et d’exemplarité des modèles (l’éducation porte indirectement sur la famille), mais elle doit être poursuivie tout le long de la vie, à l’université mais aussi en milieu professionnel pour prendre en compte les risques d’accidents ou de maladies professionnelles.
  • les améliorations technologiques (prévention passive) : la fixation de ski, les prises de courant sécurisées, air bag dans les voitures…
  • mais aussi les prestations de sécurité sociales. Les prestations versées en cas d’accidents de travail, de maladies professionnelles compensent le préjudice et les pertes de revenus (prévention tertiaire). Il en est de même pour les handicapés avec l’allocation adulte handicapé et les possibilités qui leurs sont offertes pour l’insertion en milieu professionnel.
  • ...

Il faut bien intégrer que dans le domaine de la prévention collective, l’intérêt de la collectivité peut différer de l’intérêt individuel. Les discours notamment des médecins vis à vis de leurs malades peuvent être discordants (notion de bénéfice/risque pour un vaccin par exemple).
L’éducation individuelle
  • La famille joue un rôle primordial dans l’éducation des enfants. Elle doit favoriser des modèles de comportements et encourager les comportements favorables au maintien de la santé.
  • Les professionnels de santé ont également un rôle important à jouer ; un acte médical, un examen de santé ou de l’achat d’un produit de santé sont des occasions privilégiées pour délivrer des messages de prévention. Ils s’inscrivent alors dans une démarche de prévention ciblée qualifiée d’éducation du patient.

L’éducation du patient (prévention tertiaire) a été définie, en 1998, par l’OMS comme « l’aide des patients à acquérir ou maintenir les compétences dont ils ont besoin pour gérer au mieux leurs vies avec une maladie chronique. Elle fait partie intégrante et de façon permanente de la prise en charge du patient. Elle comprend des activités organisées y compris un soutien psychosocial, conçue pour rendre les patients conscients et informés de leur maladie, des soins, de l’organisation et des procédures hospitalières, et des comportements liés à la santé et à la maladie. Ceci a pour but de les aider (ainsi que leur famille) à comprendre leur maladie et leur traitement, collaborer ensemble et assumer leurs propres responsabilité dans leur propre prise en charge, dans le but de les aider à maintenir et améliorer leur qualité de vie ».

1.4 Les acteurs et l’organisation de la prévention

1.4.1 Les métiers

Les professionnels de santé s’ils sont des maillons essentiels de la prévention et de l’éducation pour la santé, ne sont pas les seuls acteurs. De nombreuses autres professions contribuent à la diffusion de messages notamment les enseignants, les journalistes, les professionnels des milieux sociaux, culturels et sportifs.

1.4.2 L’organisation

1.4.2.1 Au niveau national

Il faut tout d’abord souligner que la prévention n’est pas seulement de la compétence du ministère de la santé. Sont également concernés les ministères de l’éducation nationale (santé en milieu scolaire et éducation), du travail (maladies professionnelles), des transports et de l’intérieur (accidents de la route), de l’agriculture (alimentation)…

Au niveau du ministère de la santé, la Direction générale de la santé joue un rôle de pilote sur la conduite des politiques de santé dont la prévention et la promotion de la santé.

Il existe une agence nationale l’institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) dont les missions principales :

  • d’exercer une fonction d’expertise et de conseil en matière de prévention et de promotion de la santé
  • d’assurer le développement de l’éducation pour la santé et de l’éducation thérapeutique, sur l’ensemble du territoire, en tant que missions de service public
  • de mettre en œuvre les programmes nationaux prioritaires de prévention.

Enfin, les organismes de protection sociale exercent une action de prévention et de promotion de la santé, pour la CNAM dans le cadre de programmes définis grâce à un Fond national de prévention, d’éducation et d’information sanitaire.

1.4.2.2 Au niveau local

Il existe une très grande diversité d’acteurs :

  • Les collectivités territoriales qui ont des compétences dans la santé notamment dans la protection maternelle et infantile
  • Les services déconcentrés de l’Etat notamment des DDASS qui traitent des eaux de consommation, des denrées alimentaires, de l’évacuation des déchets, du bruit, de la salubrité des locaux d’habitation, …
  • Les associations qui sont soit à visée généraliste (comité départemental d’éducation pour la santé par exemple) soit spécialisées (association AIDE de lutte contre le sida par exemple)
  • Il faut citer également de nombreux intervenants en milieu scolaire, en milieu professionnel…

1.5 Conclusion

Mieux vaut prévenir que guérir rappelle la sagesse populaire. Est-il plus simple, moins douloureux, moins coûteux de prévenir un comportement à risque que de prendre en charge les conséquences de celui-ci. Peut-on imposer des comportements adaptés à une bonne santé en faisant fi de la problématique de liberté et du choix de vie et du plaisir de la prise de risque Certaines valeurs de la société mettent même en exergue la prise de risque (alpinisme, liberté et ski hors piste). Enfin, il faut savoir que la connaissance d’un risque ne suffit pas à elle seule à modifier un comportement. Par exemple, tout fumeur connaît les risques de sa consommation de tabac mais cela ne l’empêche pas d’allumer une cigarette. Eduquer, promouvoir la santé sont les clés qui permettent à un individu d’adopter des comportements favorables à sa santé.

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1.1 - Introduction
1.2 - La prévention
1.3 - Actions de prévention
1.4 - Les acteurs et l’organisation de la prévention
1.5 - Conclusion
Ce qu’il faut retenir
1.4.1 - Les métiers
1.4.2 - L’organisation
1.4.2.1 - Au niveau national
1.4.2.2 - Au niveau local