Site FMPMC
     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 

Radiographie du thorax : les syndromes radiologiques

Sommaire

Préface

1 - Le syndrome alvéolaire

2 - Le syndrome interstitiel

3 - Le syndrome nodulaire

4 - Le syndrome bronchique

5 - Le syndrome vasculaire

6 - Le syndrome cavitaire

7 - Le syndrome pleural

8 - Le syndrome médiastinal

9 - Le syndrome pariétal

10 - Les calcifications


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 4 - Le syndrome bronchique

 

 

4.2 Les signes indirects

Ils traduisent le retentissement des lésions bronchiques et bronchiolaires sur la ventilation et la vascularisation pulmonaire. Ils accompagnent généralement les signes directs mais sont quelquefois les seuls décelables, surtout quand l’atteinte prédomine sur les petites bronches ou les bronchioles dont l’expression directe est infraradiologique.

4.2.1 Les troubles de ventilation

L’obstruction de la lumière bronchique est responsable de troubles de ventilation dont on connait deux types essentiels, le collapsus et le piégeage. Dans les deux cas, l’obstruction peut être complète ou incomplète, siéger sur un ou des troncs bronchiques proximaux ou à l’inverse sur les voies aériennes périphériques, petites bronches et bronchioles.

Le collapsus ou atélectasie est une diminution de volume systématisée du parenchyme pulmonaire le plus souvent lobaire ou segmentaire. Quelquefois, le collapsus n’est pas secondaire à une obstruction bronchique mais traduit une rétraction passive ou un mécanisme cicatriciel surtout quand la destruction parenchymateuse et la fibrose accompagnent les lésions bronchiques.

Le piégeage est défini comme un territoire pulmonaire qui diminue peu ou pas de volume lors de l’expiration. Il est dû à une fermeture précoce des voies respiratoires en expiration liée à une obstruction endoluminale, un collapsus expiratoire exagéré des bronches ou une fermeture précoce des bronchioles par effondrement des résistances élastiques pulmonaires.

La sémiologie radiologique des troubles de ventilation fait l’objet d’un chapitre particulier.

4.2.2 Les anomalies de la vascularisation pulmonaire

Les territoires peu ou non ventilés où siègent les lésions bronchiques et/ou bronchiolaires sont hypovascularisés. L’hypovascularisation survient par un mécanisme de vasoconstriction réflexe ou plus rarement par une destruction parenchymateuse périphérique d’accompagnement. Elle se traduit par une diminution du nombre et de la taille des vaisseaux avec une redistribution vasculaire vers les territoires normalement ventilés. L’hypovascularisation pulmonaire fait aussi partie du syndrome vasculaire.

4.3 L’atteinte alvéolaire

Une atteinte alvéolaire accompagne fréquemment le syndrome bronchique et celle-ci est intéressante à plusieurs titres.

  1. Elle apparait le plus souvent lors d’une surinfection des lésions bronchiques et régresse rapidement sous antibiothérapie. Elle traduit la diffusion centrifuge de l’infection vers les alvéoles péribronchiques et péribronchiolaires.
  2. Elle modifie l’aspect des signes directs d’atteinte bronchique dont les limites deviennent floues :
    • les parois des images en anneaux et des images aréolaires semblent plus épaisses avec une limite externe floue,
    • les nodules bronchiques ont des limites floues et prennent l’aspect de nodules ou d’opacités arrondies de type alvéolaire,
    • les opacités ont tendance à devenir confluentes tout en gardant une topographie péribronchique.
  3. Quand l’atteinte devient plus sévère, l’aspect radiologique est encore plus trompeur masquant totalement les signes bronchiques. Les opacités sont volontiers hétérogènes dessinant un aspect dit en « patchwork » ou en mottes disséminées. L’atteinte parenchymateuse peut être difficilement rattachée à des lésions bronchiques si l’on ne reconnait pas les quelques éléments sémiologiques évocateurs qui sont :
    • le caractère systématisé des opacités hétérogènes,
    • l’intégrité des territoires périphériques externes sur le cliché de face,
    • la présence au sein des opacités d’un bronchogramme aérien fait de bronches dilatées.
  4. L’atteinte alvéolaire révèle parfois des lésions bronchiques trop discrètes ou siégeant sur des bronches de trop petit calibre pour s’extérioriser par des signes radiologiques directs. Des images en anneaux et des nodules de petite taille, à limites floues, apparaissent ainsi transitoirement en période de surinfection.

4.4 Valeur sémiologique

On peut très schématiquement opposer deux circonstances très différentes dans lesquelles un syndrome bronchique peut être discuté. La première est celle où un syndrome bronchique focalisé est découvert sur un examen radiographique fortuit ou fait à l’occasion d’une bronchopneumopathie fébrile ou d’une hémoptysie. La deuxième circonstance est celle où le syndrome bronchique s’intègre dans un contexte clinique et fonctionnel de bronchopneumopathie chronique obstructive.

Quand les signes directs et/ou les signes indirects d’atteinte bronchique sont focalisés sur un segment, un lobe ou un poumon, trois mécanismes doivent être envisagés :

  • soit une obstruction bronchique proximale responsable de dilatations bronchiques d’aval,
  • soit une fistule œsobronchique congénitale ou acquise,
  • soit des séquelles bronchiques et/ou bronchiolaires post-infectieuses.

Quand le syndrome bronchique radiologique est découvert dans le cadre d’une bronchopneumopathie obstructive, l’apport de la radiologie varie en fonction du stade d’évolution et de la nature de l’affection dominant le tableau clinique.

     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 
4.1 - Les signes directs
4.2 - Les signes indirects
4.3 - L’atteinte alvéolaire
4.4 - Valeur sémiologique
4.2.1 - Les troubles de ventilation
4.2.2 - Les anomalies de la vascularisation pulmonaire