Site FMPMC
     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 

Radiographie du thorax : les syndromes radiologiques

Sommaire

Préface

1 - Le syndrome alvéolaire

2 - Le syndrome interstitiel

3 - Le syndrome nodulaire

4 - Le syndrome bronchique

5 - Le syndrome vasculaire

6 - Le syndrome cavitaire

7 - Le syndrome pleural

8 - Le syndrome médiastinal

9 - Le syndrome pariétal

10 - Les calcifications


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.7
V. Morice


Chapitre 10 - Les calcifications

 

 

Elles sont plus facilement repérées sur des clichés faits en basse tension. Elles doivent être analysées en fonction de leur topographie anatomique. Sont regroupés avec les calcifications endogènes, les corps étrangers de densité métallique.

10.1 Les calcifications de la paroi

Leur morphologie permet souvent de les caractériser d’emblée ; elles nécessitent parfois des incidences tangentielles pour préciser leur siège extrapleural. Elles ont pour origine des hémorragies ou des nécroses tissulaires. Il s’agit habituellement d’adénopathies calcifiées axillaires ou sus-claviculaires, ou de calcifications parasitaires (filariose, pentastomose, trichinose). Une calcinose ou des calcifications sous-cutanées peuvent être secondaires à une hyperparathyroïdie primaire ou secondaire et semblent relativement fréquentes chez les dialysés chroniques. De multiples calcifications sont aussi décrites dans la sclérodermie, la maladie d’Ehler Danlos, la myosite ossifiante progressive. On rapproche de ce groupe les calcifications cartilagineuses et les ossifications des tumeurs osseuses.

10.2 Les calcifications pleurales

Elles sont caractéristiques, en vue tangentielle, par leur siège périphérique et leur aspect linéaire, parallèle à la paroi thoracique, aux coupoles diaphragmatiques ou à la plèvre médiastinale. Elles sont séparées de la paroi par l’opacité de l’épaississement pleural qui les accompagne ou par l’opacité de la graisse extrapleurale. Vues de face ou sur toute incidence non tangentielle, les calcifications pleurales donnent des opacités de densité variable, irrégulières, hétérogènes, mais bien limitées. Leur orientation est plutôt verticale, ne correspondant à aucune structure parenchymateuse. Discrètes, elles peuvent simuler une opacité parenchymateuse.

Les calcifications pleurales sont secondaires à des lésions ayant entrainé une nécrose ou une hémorragie de la plèvre avec constitution secondaire de plaques calcifiées s’étendant sur une surface plus ou moins grande. Elles peuvent survenir au décours des pleurésies sérofibrineuses, des pleurésies purulentes ou hémorragiques ou apparaître sur des plaques pleurales de l’asbestose ou de la pneumoconiose au talc.

10.3 Les calcifications cardiovasculaires

Au niveau cardiaque, les calcifications peuvent être valvulaires, péricardiques, myocardiques ou coronariennes. L’examen sous scopie télévisée permet au mieux de les identifier.

Les calcifications vasculaires intéressent surtout l’aorte et les troncs supra-aortiques. Elles sont fréquentes et faciles à reconnaitre sous l’aspect d’opacités arciformes du bouton aortique ou linéaires de l’aorte ascendante et descendante. En cas d’anévrysme, elles dessinent les parois de l’ectasie. L’athérome en est la cause la plus habituelle. Chez un sujet jeune, la calcification peut s’intégrer dans le cadre d’une maladie de Marfan, une artérite de Takayasu. Une atteinte syphilitique et devenue exceptionnelle. Des calcifications grossières et plus volumineuses, siégeant sur le trajet de l’aorte, peuvent correspondre à une forme pseudotumorale et sténosante d’athérome aortique.

Les calcifications de l’artère pulmonaire sont inhabituelles. Elles sont vues essentiellement au cours de l’évolution d’une hypertension artérielle pulmonaire. Les calcifications anévrysmales, tumorales ou thromboemboliques de l’artère pulmonaire ou de ses branches sont beaucoup plus rares. Un vieux caillot intraluminal calcifié peut se traduire par une calcification de forme cylindrique, dessinant parfois une bifurcation.

Exceptionnellement, un caillot ancien siégeant dans une veine cave peut se traduire par une calcification grossière en projection médiastinale.

10.4 Les calcifications ganglionnaires

Vues dans le médiastin et/ou les hiles, les calcifications ganglionnaires, peuvent apparaître soit sous une forme granuleuse, irrégulière, groupées en amas plus ou moins ovalaires, soit sous forme de calcifications arciformes, fines, dites en « coquille d’œuf ».

10.5 Les calcifications trachéales et bronchiques

Les calcifications des anneaux de la trachée et des bronches proximales sont banales chez le sujet agé, surtout la femme, et sont sans signification pathologique. Chez l’adulte jeune, leur présence impose d’éliminer des calcifications métastatiques dans le cadre d’un trouble du métabolisme phosphocalcique, avant de conclure à des calcifications idiopathiques. Des calcifications de forme granulaire ou grossière, dans la paroi de la trachée et des bronches proximales, peuvent traduire une amylose thoracique et/ou une trachéopatie ostéoplastique.

     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 
10.1 - Les calcifications de la paroi
10.2 - Les calcifications pleurales
10.3 - Les calcifications cardiovasculaires
10.4 - Les calcifications ganglionnaires
10.5 - Les calcifications trachéales et bronchiques
10.6 - Les calcifications au sein de masses médiastinales
10.7 - Les calcifications pulmonaires