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Radiographie du thorax : les syndromes radiologiques

Sommaire

Préface

1 - Le syndrome alvéolaire

2 - Le syndrome interstitiel

3 - Le syndrome nodulaire

4 - Le syndrome bronchique

5 - Le syndrome vasculaire

6 - Le syndrome cavitaire

7 - Le syndrome pleural

8 - Le syndrome médiastinal

9 - Le syndrome pariétal

10 - Les calcifications


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 10 - Les calcifications

 

 

10.6 Les calcifications au sein de masses médiastinales

Certaines masses médiastinales peuvent être calcifiées. Ces calcifications peuvent être nodulaires, arciformes, périphériques ou annulaires. Des calcifications arciformes périphériques évoquent une lésion kystique (kyste thymique, kyste bronchogénique), mais peuvent aussi être vues dans des tumeurs solides (goitre, thymome, kyste dermoïde) ou cerner un anévrysme de l’aorte. Des calcifications représentant des dents ou des ossifications sont vues dans les tératomes. Les phlébolithes caractérisent habituellement l’hémangiome.

10.7 Les calcifications pulmonaires

Elles doivent être analysées en fonction de leur aspect morphologique.

  • Les calcifications diffuses d’aspect miliaire sont relativement rares. La cause la plus fréquente aux Etats-Unis est l’histoplasmose ou la coccidioidomycose. En Europe, il faut davantage rechercher une varicelle, une hémosidérose ou une microlithiase alvéolaire. Les calcifications d’une miliiaire tuberculeuse sont exceptionnelles.
    Certaines pneumoconioses exposent à l’inhalation de particules radioopaques (barytose, sidérose, stannose) entrainant des images miliaires très denses, diffuses sur les deux champs pulmonaires. On peut en rapprocher les fines opacités de densité métallique dues au dépôt de produit de contraste après lymphographie ou bronchographie.
  • Des calcifications nodulaires multiples non miliaires peuvent être vues au cours des parasitoses (pentastomose, schistozomiase, paragonimiose), au cours de la silicose et des pneumoconioses des mineurs de charbon, au décours d’une varicelle ou d’une histoplasmose. Les calcifications nodulaires de la tuberculose sont généralement groupées au niveau des sommets associées à d’autres lésions, nodulaires, linéaires et excavées. Une calcification nodulaire peut être vue à l’intérieur d’une cavité (cavernolithe).
    Des ossifications de forme nodulaire peuvent apparaitre au cours de l’évolution du rétrécissement mitral. Les nodules sont plus volumineux et plus nombreux aux bases. Leur densité calcique est facilement reconnue mais leur nature osseuse n’est pas apparente sur les clichés radiologiques. Leur pathogénie n’est pas connue, mais l’hémosidérose et l’hémorragie semblent impliquées.
  • Une calcification nodulaire unique permet d’évoquer la tuberculose, mais peut aussi être secondaire à une infection à germes banals, une mycose ou être la séquelle d’un hématome ou d’un infarctus.
  • Une calcinose pulmonaire peut se traduire par une opacité de densité calcique de forme arrondie ou triangulaire, dessinant une zone systématisée de parenchyme pulmonaire. De telles lésions sont vues en cas d’hyperparathyroidisme primaire ou secondaire, d’insuffisance rénale ou lors de certaines hypercalcémies. Le dépôt de calcium survient généralement au décours d’un foyer infectieux pulmonaire ou d’un infarctus par embolie pulmonaire.
  • Les calcifications vues dans un nodule pulmonaire solitaire permettent une approche étiologique de ce nodule. Une calcification centrale évoque un processus bénin, granulome ou harmartochondrome.
    Une calcification excentrée a beaucoup moins de valeur, puisqu’il peut s’agir d’une lésion bénigne ou d’une simple calcification granulomateuse englobée par une tumeur maligne de voisinage ou par un cancer développé sur cicatrice.
    Des calcifications lamellaires concentriques ou réparties en « pop corn » sont caractéristiques de l’hamartochondrome.
  • Des calcifications au sein de nodules pulmonaires multiples peuvent faire discuter plusieurs étiologies. La tuberculose et les mycoses se traduisent volontiers par de multiples nodules, de tailles variées, dont certains contiennent des calcifications. Les métastases pulmonaires peuvent être calcifiées, la calcification étant liée à la formation d’os (ostéosarcome, chondrosarcome), de psammomes (métastases de cancer de la thyroide ou cystadénocarcinome de l’ovaire), ou à la dystrophie mucoïde (cancers du sein). Les calcifications dans des nodules de lymphome n’apparaissent qu’après traitement. Enfin des nodules multiples, partiellement calcifiés, ont été décrits dans des parasitoses, la polyarthrite rhumatoide, les hamartochondromes multiples, l’amylose thoracique.
  • Une calcification arciforme peut parfois être visible sur la paroi d’une bulle d’emphysème ou sur un kyste hydatique ancien et rompu.

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10.1 - Les calcifications de la paroi
10.2 - Les calcifications pleurales
10.3 - Les calcifications cardiovasculaires
10.4 - Les calcifications ganglionnaires
10.5 - Les calcifications trachéales et bronchiques
10.6 - Les calcifications au sein de masses médiastinales
10.7 - Les calcifications pulmonaires