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Pharmacologie

Table des matières

Informations générales

Introduction

1 - Le développement du médicament

2 - Méthodologie des essais de médicaments

3 - Ordonnance et règles de prescription

4 - Pharmacocinétique et métabolisme des médicaments

5 - Médicaments génériques

6 - Mécanisme dâ???édicaments

7 - La iatrogènie induite par le médicament

8 - Prescription dans des populations particulières

9 - Pharmacologie cardio-vasculaire

10 - Système nerveux autonome

11 - Les antalgiques centraux ou opioïdes

12 - Les antalgiques périphériques purs

13 - Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

14 - Corticostéroides

15 - Neurologie - Psychiatrie

16 - Endocrinologie - Métabolisme

17 - Contraception hormonale

18 - Pharmacologie des anti-viraux

19 - Antibactériens

20 - Antinéoplasiques - immunomodulateurs

21 - Anti-rétroviraux


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 15 - Neurologie - Psychiatrie

 

15.1 - Antimigraineux

 

15.1.1 Généralités

Physiopathologie de la céphalée migraineuse
Vasodilatation craniovasculaire
Rôle de la vasodilatation des artères extra-craniennes, dure-mère et scalp (blocage par tartrate d’ergotamine).
Réflexe axonal : Activation du système trigémino-vasculaire :
Fibres sensitives (de distribution presque exclusivement unilatérale) issues de la branche ophtalmique du V innervant les artères du polygône de Willis, les vaisseaux pie-mériens, les sinus veineux intra-craniens et les vaisseaux de la dure-mère.
L’activation de ce système provoque la libération de neuropeptides vasoactifs (substance P, neurokinine A, CGRP) qui déclenchent une inflammation neurogène (vasodilatation, extravasation de protéines et dégranulation de mastocytes entraînant la libération de bradykinine, d’histamine, de prostaglandines)
Extension de la réponse inflammatoire par conduction nerveuse
Information nociceptive dans noyau du V puis voies centrales de la douleur.
Blocage de cette inflammation neurogène par les triptans et DHE indépendant de l’effet vasoconstricteurs mais en relation avec l’effet agoniste 5TH1B/D (empêchant la libération des neuropeptides vasoactifs)
Transmission centrale de la douleur
Elle peut être étudiée par l’étude de l’induction de la protéine c-Fos (phosphoprotéine nucléaire) qui traduit l’activation neuronale.
La stimulation de la dure-mère du sinus du ganglion du V provoquent l’expression du c-Fos dans les cellules des couches I et II du noyau du V. Cet effet est bloqué par le sumatriptan et la DHE (effet via l’effet agoniste 5HT1B/D ?) mais aussi par la morphine, l’aspirine le valproate (rôle du GABA ?, NMDA ?)
On distingue deux types de traitement :
  • l’un est le traitement de la crise que vise à diminuer la durée et la sévérité de la crise ;
  • l’autre est le traitement de fond à envisager quand les crises sont trop fréquentes et qui vise surtout à réduire la fréquence de ces crises.

15.1.2 Traitement de la crise

Son objectif est de supprimer ou de diminuer l’intensité des symptômes de la crise et de stopper son évolution. Les mécanismes d’action des médicaments sont variés.

Schématiquement, 2 grands mécanismes d’action peuvent être retenus :
l’inhibition de la cyclo-oxygénase
l’action sur les récepteurs sérotoninergiques et adrénergiques

15.1.2.1 Les triptans

sumatriptan, naratriptan, zolmitriptan

administration par voie injectable (SC) par spray nasal ou per os

  1. Effets pharmacologiques
    Agoniste 5HT1 D
    Inhibition peptide CGRP, VIP et substance P (Zolmitriptan)
    Entraîne une vasoconstriction artérielle et
    Est actif en phase douloureuse
  2. Devenir dans organisme
    Bonne biodisponibilité en SC (douleur au point d’injection), très médiocre per os
    Délai d’action court en SC (20 mn)
    Elimination rapide (1/2 vie 2 h en moyenne)
  3. Effets indésirables
    Vaso-contriction artérielle : possibilité de spasme coronarien
    Interaction médicamenteuse : ne pas associer avec des médicaments à activité sérotoninergique (IMAO, inhibiteurs du recaptage, dérivés de l’ergot de seigle)
    Syndrome sérotoninergique
  4. Contre-indications
    Infarctus du myocarde, cérébral, angor, troubles du rythme cardiaque (WPW), traitements contenant de l’ergotamine et 5HT
  5. Présentation
    Sumatriptan SC
    Imigrane® indiqué dans crise de migraine (non remboursé)
    Ampoule 6 mg, 1 injection par crise (possibilité deuxième injection avec intervalle 1 heure)
    [Imiject® indiqué dans algies vasculaires de la face, remboursé, ordonnance médicaments d’exception]
    Sumatriptan spray nasal
    Imigrane ampoule à 10, 20 mg
    Au max 2 ampoules de 20 mg/j, intervalle de 2 heures
    Sumatriptan per os
    Imigrane cp à 50, 100 mg
    Au max 300 mg/j
    Zolmitriptan
    Zomig cp 2.5 mg
    Au max 5 mg/j intervalle entre prise de 2 heures
    Naratriptan
    Naramig cp 2 ;5 mgh
    Au max 5 mg/j intervalle de 4 heures

15.1.2.2 Tartrate d’ergotamine

Le traitement doit être précoce, quand le sujet sent venir sa crise.

  1. Effets pharmacologiques
    • action antimigraineuse par son effet vasoconstricteur sur les artères extracraniennes (stimulation sérotoninergique).
    • effet agoniste partiel sur 5-HT
                                      sur NA
    • vasoconstriction des artères extra craniennes (5-HT)
    • vasoconstriction sur artères périphériques (NA)
    • constriction veineuse (effet alpha-stimulant)
    • fermeture de Shunt artérioveineux
    • stimulation de l’area postrema à l’origine d’une action émétisante.
  2. Devenir dans l’organisme
    Après administration per os, la résorption est mauvaise (stase gastrique pendant la crise migraineuse et first-pass hépatique important), ce qui explique la faible biodisponibilité et la grande variabilité inter-individuelle.
    L’association avec caféine augmente la biodisponibilité.
  3. Effets indésirables
    • troubles digestifs qui obligent parfois à l’emploi de la forme rectale.
    • Les accidents liés à la vasoconstriction sont qualifiés d’« ergotisme » ; paresthésies, phénomènes douloureux, crampes, qui doivent faire rechercher une prise chronique ou une contre-indication et faire discuter l’arrêt du traitement.
    • Des accidents ischémiques ont été rapportés, notamment après utilisation simultanée d’ergotamine et de troléandomycine TAO® et d’Erythromycine®, de Josacyne® contre-indiquant cette association. Il convient de rester prudent quant à l’association avec les autres macrolides et si possible l’éviter.
  4. Contre-indications
    Elles découlent de l’effet vasoconstricteur :
    • HTA sévère
    • insuffisance coronaire
    • grossesse
    • syndrome de Raynaud
  5. Présentation - posologie
    Gynergène® caféiné
    Le Gynergène® ne doit pas être administré en traitement continu (toujours en raison des risques liés à l’effet vasoconstricteur)
    • per os comprimés 1 mg
    • suppositoires 2 mg : 1 à 2 mg au début de la crise (prodromes), soit 1 à 2 comprimés ou 1 suppositoire. Peut être renouvelé une demi-heure plus tard si la crise persiste.
    • 6 mg par jour
    • Ne pas dépasser 10 mg par semaine (risque d’ergotisme).

15.1.2.3 Dihydro-ergotamine

  • voie parentérale (0.5 à 1 mg IM ou IV)
  • spray nasal (résorption très rapide de : 1 à 2 mg), Diergo Spray®

Les effets secondaires, les contre-indications sont identiques (en plus, obstructions nasales et rhinorrhées ont été rapportées pour la forme spray).

15.1.2.4 Antalgiques, Anti-inflammatoires

  1. Antalgiques
    • Paracetamol nombreuses spécialités
    • Amidopyrine Optalidon® 0.25 à 0.50 g (risque d’agranulocytose ; c’est un dérivé pyrazolé).
  2. Acétylsalicylique
    Dose : 500 à 1 000 mg
    L’effet dans la crise migraineuse est probablement en rapport avec un effet inhibiteur sur la cyclo-oxygénase.
    Sa résorption est diminuée pendant la crise (partiellement corrigeable par administration simultanée de metoclopramide, antiémétique).
    Pour les effets secondaires et contre-indications, voir en rhumatologie.
    Soit sous forme d’acétyl salicylate ou en association avec métoclopramide (Cephalgan, Migpriv)
  3. AINS
    tels que :
    Naproxène Naprosyne® 750 à 2 000 mg
    Indometacine Indocid® 25 à 50 mg

    Pour leurs effets indésirables et contre-indications, voir en Rhumatologie.
    Ces médicaments n’ont pas l’indication dans le traitement des migraines

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15.1 - Antimigraineux
15.2 - Anti-parkinsoniens
15.3 - Anti-épileptiques
15.4 - Maladie d’Alzheimer
15.5 - Anti-vertigineux
15.6 - Antidépresseurs
15.7 - Antipsychotiques - Neuroleptiques
15.8 - Anxiolytiques
15.9 - Normothymiques - Lithium
15.1.1 - Généralités
15.1.2 - Traitement de la crise
15.1.3 - Traitement de fond
15.1.4 - Conduite du traitement de fond
15.1.5 - Céphalées induites par les antimigraineux
15.1.2.1 - Les triptans
15.1.2.2 - Tartrate d’ergotamine
15.1.2.3 - Dihydro-ergotamine
15.1.2.4 - Antalgiques, Anti-inflammatoires