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5.1 Définition et contexte
Les médicaments génériques sont des copies de médicaments originaux qui ne bénéficient plus d’une exclusivité commerciale (levée du brevet d’invention). Ils sont destinés à se substituer au médicament original. La spécialité principale est celle qui a bénéficié d’une AMM et qui est ou a été commercialisée en France. La firme productrice n’a aucun frais de recherche et de développement. De ce fait, le prix de remboursement du générique est inférieur à celui de la spécialité princeps, ce qui en fait son intérêt. Le Code de la Santé publique définit le médicament générique comme : «
celle qui a la même composition qualitative et quantitative en principe actif, la même forme pharmaceutique, et dont la bioéquivalence avec la spécialité de référence est démontrée par des études de biodisponibilité appropriées
» 5.2 Principe de bioéquivalence
La définition du médicament générique stipule que la dose du principe actif doit être identique dans le médicament générique et le médicament référence. Ce sont donc l’ensemble des excipients et des procédés de fabrication qui différent. Néanmoins ceux-ci peuvent fondamentalement modifier la pharmacocinétique du médicament (cf chapitre 4). Il est donc fondamental de vérifier, par des études bien conduites que le générique est BIOEQUIVALENT à la référence. Pour qu’un médicament générique soit considéré bioéquivalent à la spécialité de référence, il faut que les valeurs exprimant la quantité et la vitesse (SSC, Cmax, Tmax) de passage du principe actif au niveau systémique ne diffèrent pas de plus de 20 % c’est à dire [-10 % , +10 %]. Ceci représente numériquement un écart important, mais en général compatible avec les variations observées en médecine, en biologie. La bioéquivalence peut se symboliser par :
| |
Spécialité |
Générique |
| Principe actif |
référence |
identique |
| Forme galénique |
référence |
similaire |
| Dose par unité de prise |
référence |
identique |
| Excipients |
éventuellement différents |
| F (SSC, Cmax, Tmax) |
référence |
similaire ± 20 % |
5.3 Cadre légal
5.3.1 Acceptation et conséquences de l’appellation générique
Le statut de médicament générique est confié au Directeur de l’AFSSAPS. Une fois approuvé, le médicament est publié au journal officiel et inscrit sur le répertoire des spécialités génériques. Outre les informations concernant le dosage, la forme pharmaceutique et la spécialité de référence génériquée, ce répertoire contient les « excipients à effet notoire » que le générique contient. Ces excipients peuvent nécessiter des précautions d’emploi pour certaines catégories particulières de patients. Le médicament générique peut donc posséder des effets indésirables ou des précautions d’emploi qui lui sont propres. 5.3.2 Principes de substitution
L’inscription sur le répertoire ouvre le droit à la substitution et qui fixe les conditions de substitution. Depuis 1999, le pharmacien peut substituer c’est à dire délivrer une spécialité du même groupe générique. Lors de la substitution, le pharmacien doit tenir compte de la présence ou non d’excipients à effet notoire. En cas d’effet indésirable, sa responsabilité est engagée. Sur raisons motivées contrôlées par l’assurance maladie, le médecin conserve un droit de veto à la substitution. Il stipule alors sur son ordonnance devant le nom de la spécialité visée : « non substituable ». En l’absence de cette mention, l’acceptation de substitution est présumée. 5.3.3 Identifier le médicament générique
Les médicaments génériques peuvent être dénommés de deux manières différentes. - DCI + nom du laboratoire (ex : Allopurinol Bayer®)
- Nom de fantaisie suivi de « Gé » (ex : Algoced Gé = générique du Di-Antalvic®)
La distinction entre les deux appellations est purement d’ordre économique : le premier type axe sur le nom d’un laboratoire, le deuxième type axe sur une promotion du médicament identique à celle d’un médicament original. En conséquence, les praticiens se sont engagés à prescrire en utilisant la DCI et ne plus utiliser les noms de marque. 5.4 Exemple de génériques
L’allopurinol (DCI) a initialement été commercialisé par un laboratoire pharmaceutique (Glaxo-Wellcome) sous le nom de ZYLORIC®. Ce médicament se présente sous la forme de comprimés avec 3 dosages disponibles. Récemment, l’expiration du brevêt est survenue. En 2003, on recense 9 médicaments génériques du ZYLORIC®. On peut les diviser en 4 catégories résumées dans le tableau suivant.
| |
Voie |
Forme |
Excipients |
Conditionnement (boite) |
Fabricant |
| Zyloric® |
orale |
comprimé |
lactose |
référence |
Glaxo- Wellcome |
| Allopurinol Biogaran® |
orale |
comprimé |
lactose |
différent |
Identique |
| Allopurinol Merck® |
orale |
comprimé |
lactose |
différent |
Différent |
| Allopurinol EG® |
orale |
comprimé |
Lactose + amidon de blé |
différent |
Différent |
| Allopurinol Bayer® |
orale |
capsule |
Ricin, soja et sorbitol |
différent |
Différent |
Mais tous ces médicaments génériques sont bioéquivalents à la spécialité de référence (Zyloric®) et sont inscrits dans la liste des génériques de l’allopurinol (DCI). |