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Pharmacologie

Table des matières

Informations générales

Introduction

1 - Le développement du médicament

2 - Méthodologie des essais de médicaments

3 - Ordonnance et règles de prescription

4 - Pharmacocinétique et métabolisme des médicaments

5 - Médicaments génériques

6 - Mécanisme d’action des médicaments

7 - La iatrogènie induite par le médicament

8 - Prescription dans des populations particulières

9 - Pharmacologie cardio-vasculaire

10 - Système nerveux autonome

11 - Les antalgiques centraux ou opioïdes

12 - Les antalgiques périphériques purs

13 - Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

14 - Corticostéroides

15 - Neurologie - Psychiatrie

16 - Endocrinologie - Métabolisme

17 - Contraception hormonale

18 - Pharmacologie des anti-viraux

19 - Antibactériens

20 - Antinéoplasiques - immunomodulateurs

21 - Anti-rétroviraux


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traduction HTML V2.7
V. Morice


Chapitre 15 - Neurologie - Psychiatrie

 

15.2 - Anti-parkinsoniens

 

Tous les médicaments actuellement utilisés dans le traitement de la maladie de Parkinson sont purement symptomatiques et doivent être poursuivis pendant toute la vie du malade. C’est à ce prix seulement qu’une amélioration d’ailleurs souvent partielle, du tremblement, de l’hypertonie, de l’akinésie et des troubles végétatifs pourra être obtenue.

Les lésions responsables du Parkinson siègent pour une partie au niveau des noyaux gris centraux, dont la concentration en dopamine est abaissée. Il semble exister à ce niveau un équilibre entre les systèmes cholinergique et dopaminergique, toute diminution de la dopamine et/ou toute augmentation de l’acétylcholine étant des facteurs aggravants dans la maladie de Parkinson. Cette hypothèse est en accord avec les effets aggravants de certaines substances chez le parkinsonien : les neuroleptiques (bloqueurs des récepteurs dopaminergiques) aggravent le Parkinson, ou même créent des syndromes parkinsoniens voisins.

De plus, il semble que l’akinésie et à un moindre degré l’hypertonie, soient les conséquences cliniques directes du déficit en dopamine dans les noyaux gris centraux.

En fait, d’une manière schématique la maladie de Parkinson peut se résumer en deux points :

  • diminution du tonus dopaminergique,
  • augmentation (vraie ou relative) du tonus cholinergique.

En thérapeutique, on peut tenter de rétablir cet équilibre perturbé de deux façons :

  • en diminuant le tonus cholinergique : on utilise les anticholinergiques (ou antiparkinsoniens « classiques »).
  • en augmentant le tonus dopaminergique : on utilise des stimulants dopaminergiques.

15.2.1 Anticholinergiques

C’est en 1867 que Charcot et son élève Ordenstein ont pour la première fois remarqué l’efficacité des alcaloïdes de la Belladone dans le traitement de la maladie de Parkinson. Mais ce n’est qu’en 1945 que la notion d’action anticholinergique centrale apparaît et qu’elle est reliée à l’activité antiparkinsonienne.

Jusque vers 1966, la chimiothérapie de la maladie de Parkinson a été presque exclusivement dépendante de substances anticholinergiques, et il a été généralement accepté que l’efficacité clinique des alcaloïdes de la Belladone et les substances anticholinergiques de synthèse dans cette indication traduisaient probablement leurs propriétés anticholinergiques centrales. Mais à cette époque le mécanisme et surtout le niveau de l’action étaient totalement inconnus.

15.2.1.1 Différents anticholinergiques

Parmi les anticholinergiques de synthèse, on peut distinguer :

  • Les dérivés de l’atropine : étybenzatropine (Ponalide®) (forme injectable)
  • Les substances ayant une analogie de structure tant avec l’atropine qu’avec certains anti-histaminiques :
    • trihexyphénidyle (Artane®). Il possèderait en outre une action excitante propre recherchée par certains toxicomanes. Il se présente également sous une forme galénique permettant une seule prise par jour (Parkinane®).
    • procyclidine (Kemadrine®)
    • bipéridène (Akinéton retard®)
    • orphénadrine (Disipal®)
  • Des dérivés des dibenzothiépines :
    • tropatépine (Lepticur®)

15.2.1.2 Utilisation thérapeutique

L’estimation des résultats obtenus avec ces antiparkinsoniens anticholinergiques est difficile à chiffrer. La plupart des auteurs donnent 20 à 30 % de bons résultats.

Ils agissent essentiellement sur le tremblement et l’hypertonie. Leur action est quasi nulle sur l’akinésie.

L’interruption brutale du traitement fait courir un risque de syndrome de sevrage (déshydratation, confusion, désorientation temporo-spatiale).

Actuellement ils sont utilisés

  1. Comme correcteurs du syndrome parkinsonien induit par les neuroleptiques : ce sont les seuls anti-parkinsoniens efficaces dans cette indication.
    (NE PAS ASSOCIER DE FAÇON SYSTEMATIQUE++++)
  2. Comme traitement dans les formes trémulantes pures de la maladie de Parkinson.
  3. En association avec la L-Dopa dans les autres formes.

15.2.1.3 Effets secondaires et contre-indications

Toutes ces substances possèdent en commun des propriétés anticholinergiques. Au niveau du système nerveux autonome, on parle de propriété parasympatholytique.

Effets secondaires :
  • Sécheresse de la bouche, constipation, tachycardie, mydriase avec cycloplégie (paralysie de l’accommodation).
  • Troubles mnésiques.
  • CONFUSION+++.
Contre indications :
  • Glaucome à angle fermé.
  • Adénome prostatique.
  • Bronchite chronique.

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15.1 - Antimigraineux
15.2 - Anti-parkinsoniens
15.3 - Anti-épileptiques
15.4 - Maladie d’Alzheimer
15.5 - Anti-vertigineux
15.6 - Antidépresseurs
15.7 - Antipsychotiques - Neuroleptiques
15.8 - Anxiolytiques
15.9 - Normothymiques - Lithium
15.2.1 - Anticholinergiques
15.2.2 - Les médicaments dopaminergiques
15.2.3 - IMAO type B selegiline (Déprenyl ®, Otrasel®)
15.2.4 - Inhibiteurs de la COMT
15.2.5 - Stratégies thérapeutiques à la phase initiale
15.2.1.1 - Différents anticholinergiques
15.2.1.2 - Utilisation thérapeutique
15.2.1.3 - Effets secondaires et contre-indications