5.6 - Complications
5.6.1 Complications immédiates
5.6.1.1 L’ouverture cutanée est rare
Lorsqu’elle existe, elle est située au niveau de la tête cubitale et est souvent minime, sauf lors de graves traumatismes où peuvent exister des pertes de substance cutanées. 5.6.1.2 Complications nerveuses
Le nerf le plus souvent atteint est le nerf médian au niveau du canal carpien par contusion lors du traumatisme, ou par compression due à l’hématome fracturaire. Cette complication est plus fréquente dans les fractures à déplacement antérieur. 5.6.1.3 Complications vasculaires
Une compression de l’artère radiale est exceptionnelle dans ces fractures. 5.6.2 Complications secondaires
5.6.2.1 Déplacements secondaires
Complication fréquente, il est donc nécessaire de faire des clichés radiographiques de contrôle de face et de profil. Ces déplacements secondaires se voient lors de fractures traitées orthopédiquement voire lors de fractures instables traitées chirurgicalement. 5.6.2.2 Œdème sous plâtre
Cet œdème est très fréquent quel que soit le type de fracture et nécessite une surélévation du poignet par rapport au coude afin d’en assurer le drainage. Lorsque l’œdème est trop important et qu’il existe des douleurs, le plâtre doit être fendu sur toute sa longueur afin d’éviter une compression cutanée, une escarre ou un syndrome de Volkman. 5.6.2.3 Le syndrome neuro-algodystrophique
Très fréquent, allant de 15 à 25 % selon les séries. Il se développe volontiers sur un terrain anxieux. Le diagnostic clinique repose sur des douleurs diurnes mais également nocturnes associées à un œdème et des troubles vasomoteurs aboutissant à un enraidissement articulaire. L’évolution se fait en deux phases : - une phase chaude où les troubles débutent par des douleurs permanentes, situées autour du foyer de fracture, qui persistent lors du repos. Il existe un œdème et une chaleur locale. L’impotence fonctionnelle est importante.
- une phase froide ou la douleur et l’œdème diminue et apparaissent des troubles trophiques cutanés (peau lisse, froide et difficile à plisser) et parfois des phanères (ongles cassants, chute de poils). C’est à cette phase que s’installe l’enraidissement articulaire.
Le diagnostic de certitude peut être porté par une scintigraphie osseuse au Technétium 99 qui montre une hyperfixation loco-régionale précoce et intense. Les radiographies montrent plus tardivement une ostéoporose dite « pommelée ». Le traitement est long et difficile, nécessitant une prise en charge spécialisée. La Calcitonine, utilisée à la phase chaude, peut être prescrite mais est souvent inefficace. La rééducation doit respecter la règle de la non douleur afin d’éviter les enraidissements articulaires. 5.6.2.4 Syndrome du canal carpien
Compression du nerf médian dans le canal carpien soit par œdème des gaines synoviales à la phase précoce, soit par un cal vicieux du radius diminuant le volume du canal carpien. 5.6.3 Complications du traitement
5.6.3.1 Complications sous plâtre
Citons le syndrôme de VOLKMAN, qui est un syndrôme de loge au niveau de l’avant-bras (cf Q.S.). 5.6.3.2 Complications infectieuses
Elles sont heureusement rares au niveau du poignet : - Désunion cicatricielle
- Infection du site opératoire
- Arthrite aiguë
- Ostéite chronique
- Pseudarthrose septique.
5.6.3.3 Névrome des branches sensitives du nerf radial
Complication iatrogène, réalisée lors de l’abord externe du radius pour la mise en place ou l’ablation des broches d’ostéosynthèse. 5.6.3.4 Rupture tendineuse
- Rupture du tendon du long extenseur du pouce au contact d’une broche d’ostéosynthèse.
- Ou bien rupture par usure tendineuse sur une esquille osseuse.
5.6.4 Complications tardives
5.6.4.1 Cal vicieux
Consolidation de la fracture en mauvaise position. Les séquelles sont esthétiques avec saillie de la tête cubitale et main bote radiale. Mais également fonctionnelles, avec modification du secteur de mobilité du poignet et enraidissement articulaire. Ce cal vicieux peut nécessiter une correction chirurgicale, selon la tolérance fonctionnelle du patient. 5.6.4.2 Raideur articulaire
Cet enraidissement peut intéresser soit l’articulation du poignet, soit les articulations carpo-métacarpiennes et métacarpophalangiennes. La raideur peut être la conséquence d’une fracture articulaire, d’une algodystrophie, mais également, d’une immobilisation plâtrée mal réalisée. 5.6.4.3 Arthrose post-traumatique
Elle se voit essentiellement dans les fractures articulaires mais est rare. 5.6.4.4 Pseudarthrose
Elle est exceptionnelle dans les fractures de l’extrémité inférieure du radius, car il s’agit d’une zone épiphysaire très bien vascularisée. |