Site FMPMC
     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 

Orthopédie

Sommaire

1 - Traumatisme de l’épaule et conduite à tenir en situation d’urgence. Les fractures

2 - Traumatisme de l’épaule et conduite à tenir en situation d’urgence : les luxations

3 - Ostéomyelite et infections ostéo-articulaires chez l’enfant

4 - Fractures de la palette humérale chez l’enfant

5 - Les fractures de l’extrémité inférieure du radius

6 - Fractures de l’extrémité supérieure du fémur

7 - Lésions ligamentaires du genou

8 - Fractures de la jambe

9 - Lésions méniscales du genou

10 - Entorse de la cheville

11 - Fracture bimalléolaire

12 - Traumatismes du rachis

13 - Surveillance d’un malade sous plâtre

14 - Traumatisme crâniens de l’adulte

15 - Traumatismes fermés du thorax

16 - Plaies de la main

17 - Panaris, phlegmons des gaines et des espaces celluleux de la main

18 - Brûlures

19 - La cicatrisation


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 18 - Brûlures

 

18.7 - Principe du traitement

 

Dans tous les cas la prophylaxie anti-tétanique est systématique.

18.7.1 Traitements généraux et réanimation

18.7.1.1 Traitement des troubles hydro-électrolytiques

On met en place avec une très grande asepsie un cathéter veineux périphérique et une sonde vésicale. On prévient le choc hypovolémique avec une surveillance clinique et biologique. On surveille le pouls, la tension artérielle, les diurèses horaires (40 à 50 ml/heure), la température…

Sur le plan biologique on contrôle la numération formule sanguine, hématocrites, protidémie, ionogramme, urée sanguine et urinaire, densité urinaire, gaz du sang.

Le premier jour, les quantités à perfuser dérivent de la règle d’Evens. La quantité cube au millilitre est égale à 2 ml que multiplie le pourcentage de surface brûlée que multiplie le poids du corps en kilos plus ration de base. On perfuse moitié en macro-molécules et moitié en électrolitre (3/4 de glucosé et 1/4 de bicarbonate). L’apport en NaCl doit être important. La moitié du volume total doit être perfusée dans les huit premières heures qui suivent la brûlure, le reste dans les seize heures suivantes. La ration de base correspond en moyenne à deux litres. A priori, la quantité perfusée ne doit pas dépasser 15 % du poids du corps (en fait, on l’adapte à l’état clinique et biologique).

Le deuxième jour, on injecte la moitié des quantités liquidiennes perfusées le premier jour.

Les jours suivants, chez les brûlés les plus graves les apports intra-veineux doivent être poursuivis pendant quelques jours pour assurer les apports hydriques et caloriques suffisants. Parfois l’apport oral est autorisé en complément de la réhydratation parentérale.

18.7.1.2 Traitement de la dénutrition : l’hypernutrition

En cas de brûlure étendue, la voie orale est impossible durant les 48 premières heures. L’alimentation entérale (5 à 6000 calories par jour) doit débuter dès que possible (parfois avec une nutripompe). L’alimentation parentérale serait utilisée en complément si nécessaire (notamment apport en polyvitamines). On surveille le poids et la protidémie.

18.7.1.3 Prévention et traitement d’infection

Sur les lieux mêmes de l’accident des pansements occlusifs stériles sont réalisés. L’antibiothérapie préventive de couverture est inefficace et dangereuse. Les antibiotiques sont prescris devant un syndrome septicémique patent (trois hémocultures positives et ils sont adaptés à l’antibiogramme).

18.7.1.4 Autres traitements

  • Oxygène, voire intubation (lésion pulmonaire).
  • Antalgiques.
  • Anxiolytiques.
  • Anticoagulants.
  • Lutte contre la déperdition calorique.
  • Maintien du brûlé dans une atmosphère chaude et humide.

18.7.2 Traitements locaux

  • Nettoyage en cas de brûlure étendue dans un bain à 37° en eau aseptisée à répéter fréquemment (parfois sous anesthésie).
  • Pansements soit occlusifs avec du Tulle gras et/ou des compresses humides, soit exposition à l’air.
  • Détersion chirurgicale jusqu’en zone de tissu bien vascularisé. Elle est suivie de pansements gras pour favoriser le bourgeonnement.
  • Greffe de peau mince. Elle est effectuée vers le vingt et unième jour sur les zones qui n’ont pas cicatrisé spontanément. En général, il s’agit d’une greffe en filet et peut parfois être effectuée en plusieurs temps.

18.7.2.1 L’excision de greffe précoce

Elle est parfois réalisée immédiatement pour gagner du temps. Il faut être certain du diagnostic de profondeur avant de la réaliser.

18.7.2.2 Incision et aponévrotomie de décharge

Elles sont réservées aux brûlures circulaires profondes des membres pour éviter l’ischémie distale (effet de garrot dû à l’œdème).

18.7.3 Traitements complémentaires

  • Nursing (éviter les escarres).
  • Rééducation (prévention des raideurs et des rétractions notamment par l’utilisation d’atèle de posture).
  • Les vêtements compressifs pour éviter la survenue de cicatrices hypertrophiques.
  • L’application de plaques de gel de Silicone.
  • Psychothérapie de soutien.
  • Le traitement des séquelles cutanées comprend d’une part la réalisation d’exérèse de cicatrices hypertrophiques, des greffes de peau (peau mince ou peau totale), de lambeau pour briser les rétractions cicatricielles. De plus, on peut utiliser la corticothérapie en injection locale, la kinésithérapie, la crénothérapie (douche filiforme dans des centres de cure du type la Roche Posay).

     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 
18.1 - Physiopathologie
18.2 - Anatomopathologie
18.3 - Diagnostic
18.4 - Pronostic
18.5 - En résumé
18.6 - Les complications
18.7 - Principe du traitement
18.8 - Forme clinique
18.7.1 - Traitements généraux et réanimation
18.7.2 - Traitements locaux
18.7.3 - Traitements complémentaires
18.7.1.1 - Traitement des troubles hydro-électrolytiques
18.7.1.2 - Traitement de la dénutrition : l’hypernutrition
18.7.1.3 - Prévention et traitement d’infection
18.7.1.4 - Autres traitements
18.7.2.1 - L’excision de greffe précoce
18.7.2.2 - Incision et aponévrotomie de décharge