12.5 - Particularités anatomocliniques et indications thérapeutiques en fonction de la lésion rachidienne rencontrée
12.5.2 - Les lésions du rachis cervical inférieur
La solution de continuité peut siéger au niveau de l’os ou au niveau des éléments disco-ligamentaires. 12.5.2.1 Les fractures du corps vertébral
Elles représentent environ 10 % des lésions du rachis cervical inférieur. Les cervicalgies dominent habituellement le tableau. Le traumatisme est toujours important. Les signes neurologiques sont d’intensité variable. Le bilan radiologique standard permet le diagnostic et l’analyse des principaux traits de fracture. Les fractures-tassements sont les plus fréquentes Les fractures comminutives sont rares et de telles lésions sont volontiers associées à d’importants signes médullaires. Dans le cas d’un tassement horizontal, c’est l’importance du tassement et de la déformation avec ou sans recul du mur postérieur qui guidera l’indication entre le traitement orthopédique par corselet minerve et le traitement chirurgical. Si un abord chirurgical est justifié, l’abord antérieur de corporectomie synthèse permet la résection du corps vertébral et la suppression de l’élément compressif en arrière vers la moelle. L’abord postérieur est moins licite dans ce type de lésion. Une immobilisation post-opératoire de 3 mois permet d’attendre la consolidation et la fusion de la greffe. 12.5.2.2 Les luxations bilatérales
Elles surviennent le plus souvent à l’occasion d’un traumatisme violent en flexion du rachis avec translation vers l’avant. Elles sont observées dans environ 8 % des cas des lésions du rachis cervical inférieur. Les signes neurologiques sont habituels à type de tétraplégie. Parfois, ces lésions impressionnantes sont isolées sans signe neurologique. Les clichés standard sont suffisants pour faire le diagnostic de luxation. La localisation fréquente au niveau des dernières vertèbres cervicales C5-C6, C6-C7 justifie une exploration soigneuse de la charnière cervico-dorsale. Le traitement est toujours chirurgical. La réduction, nous l’avons vu, pourra être obtenue en pré-opératoire par manipulations directes ou par mise en traction, ou obtenue en peropératoire. Les partisans de la réduction pré-opératoire préfèrent effectuer une fixation chirurgicale par un abord antérieur pour réséquer le disque lésé et arthrodèser cet étage. Pour ceux, au contraire, qui préfèrent pratiquer cette réduction au moment de l’acte opératoire, l’abord postérieur paraît plus justifié puisque la réduction se fait soit par simple mise en place sur la table d’opération, soit par manipulations au niveau des interlignes luxés. Une fois la réduction obtenue, la fixation chirurgicale est confiée à 2 plaques postérieures. Chacune de ces méthodes présente ses avantages et ses inconvénients propres, l’indication est plus souvent une question d’école. |