12.5 - Particularités anatomocliniques et indications thérapeutiques en fonction de la lésion rachidienne rencontrée
12.5.2 - Les lésions du rachis cervical inférieur
12.5.2.5 Les entorses graves
Cette lésion purement disco-ligamentaire du rachis correspond à une atteinte du segment mobile rachidien, c’est à dire de tous les éléments d’union entre 2 vertèbres. Les signes neurologiques sont rares. Le risque de cette lésion est d’être méconnue car initialement peu symptomatique mais très fréquente. Elle représente 20 % des traumatismes du rachis cervical inférieur. Le bilan radiographique standard fait en urgence est le plus souvent normal. C’est le mécanisme même de l’accident, l’importance des douleurs et de la limitation de la mobilité du rachis qui doivent attirer l’attention et faire suspecter la lésion. Le diagnostic positif n’est fait que vers le 10ème jour après l’accident sur les clichés dynamiques demandés systématiquement. Il existe de façon caractéristique, d’arrière en avant : - une augmentation de l’écart inter-épineux
- un déchaussement des articulaires supérieur à 50 %
- un antélisthésis de la vertèbre sus-jacente à la lésion par rapport à la vertèbre sous-jacente
- un bâillement du disque dans sa partie postérieure
- un tassement de la partie antérieure du corps vertébral
Cette déformation est habituellement complètement réductible en hyperextension. L’examen rétrospectif des clichés initiaux retrouve le plus souvent une partie de ces anomalies mais moins marquées. Le traitement est obligatoirement chirurgical car l’évolution inéluctable même au décours d’une immobilisation prolongée se fait vers l’aggravation progressive de la déformation en cyphose qui peut atteindre des angles considérables. L’arthrodèse est faite par voie antérieure ou par voie postérieure. Une immobilisation post-opératoire par un collier simple est habituellement suffisante dans le cas des synthèses postérieures pendant 45 jours. Dans le cas d’une fusion antérieure, il faut attendre la consolidation de la greffe (3 mois). 12.5.2.6 Les fractures de type « Tear Drop »
Elles sont étudiées avec les lésions ligamentaires car la majorité de la lésion siège au niveau disco-ligamentaire. Elles représentent environ 10 % des cas. La solution de continuité est horizontale, partant en arrière dans le ligament inter-épineux, sectionnant le ligament jaune, les capsules des massifs articulaires, le ligament commun vertébral postérieur et le disque. A ce niveau, le trait s’épuise dans le corps vertébral, le plus souvent sus-jacent, mais parfois sous-jacent. Il va détacher un petit fragment osseux constituant une véritable goutte de larme « tear Drop » qui reste solidaire du corps vertébral adjacent par un segment de disque resté sain. La lésion osseuse visible n’est qu’un épiphénomène traduisant la lésion disco-ligamentaire majeure. Les radiographies standard sont en général suffisantes pour faire le diagnostic positif. Le traitement est chirurgical une fois encore, du fait de l’importance des atteintes disco-ligamentaires et de la difficulté de consolidation de celles-ci. La solution est une arthrodèse entre les 2 vertèbres intéressées qui se fera, selon les écoles, soit par une voie antérieure, soit par une voie postérieure. |