Site FMPMC
     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 

Orthopédie

Sommaire

1 - Traumatisme de l’épaule et conduite à tenir en situation d’urgence. Les fractures

2 - Traumatisme de l’épaule et conduite à tenir en situation d’urgence : les luxations

3 - Ostéomyelite et infections ostéo-articulaires chez l’enfant

4 - Fractures de la palette humérale chez l’enfant

5 - Les fractures de l’extrémité inférieure du radius

6 - Fractures de l’extrémité supérieure du fémur

7 - Lésions ligamentaires du genou

8 - Fractures de la jambe

9 - Lésions méniscales du genou

10 - Entorse de la cheville

11 - Fracture bimalléolaire

12 - Traumatismes du rachis

13 - Surveillance d’un malade sous plâtre

14 - Traumatisme crâniens de l’adulte

15 - Traumatismes fermés du thorax

16 - Plaies de la main

17 - Panaris, phlegmons des gaines et des espaces celluleux de la main

18 - Brûlures

19 - La cicatrisation


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 10 - Entorse de la cheville

 

 

10.4 Lésions osseuses associées

La fréquence des lésions associées osseuses ou chondrales varie de 3 à 10 %. Il s’agit d’une :

  • avulsion de la pointe de la malléole externe
  • fracture de la malléole externe
  • fracture de la base du 5ème métatarsien
  • fracture ostéochondrale du dôme de l’astragale
  • lésion cartilagineuse de l’articulation tibio-astragalienne.

Ces lésions peuvent être authentifiées par de simples radiographies. Elles peuvent cependant souvent passer inaperçue et c’est lors d’un bilan radiographique de contrôle qu’elles sont découvertes.

Leur traitement est spécifique et bien souvent chirurgical.

10.5 Classification

Rares sont les lésions qui échappent à une classification, surtout lorsqu’elles sont fréquentes. Dans le cadre de l’urgence, l’attitude la plus simplifiée consiste à laisser une place primordiale à la clinique +++. Cette attitude n’attend de la radiologie qu’un diagnostic différentiel à la recherche de lésions ostéochondrales ou de lésions osseuses associées. Il faut différencier une déchirure ligamentaire associée ou non à des lésions osseuses (entorse grave), d’une simple distension ligamentaire (entorse bénigne). Il est effectivement facile de distinguer le simple étirement ligamentaire ou la cheville est généralement peu douloureuse et modérément œdématiée, d’une déchirure ligamentaire qui associe œdème important, ecchymose et douleurs sévères. Le degré de gravité de l’entorse est ensuite difficile à appréhender et ne modifie que peu l’attitude thérapeutique.

A titre indicatif, le tableau 1 représente la classification de Trevino où la clinique est correlée au type de la lésion.

Tableau 2 : classification de Trevino
LTFA : ligament talofibulaire antérieur
LCF : ligament cacanéofibulaire
Grade Pathologie Clinique
I Etirement Laxité = 0
II Rupture partielle Laxité légère ou modérée
III a Rupture complète LTFA Tiroir antérieur +
III b Rupture complète LTFA + LCF Tiroir antérieur + / varus +
III c1 Rupture complète LTFA + LCF
Rupture interstitielle des tendons fibulaires
Tiroir antérieur + / varus +
Tendons fibulaires stables mais sensibles
III c2 Rupture complète LTFA + LCF
Subluxation ou luxation des tendons fibulaires
Tiroir antérieur + / varus +
Tendons fibulaires subluxés ou luxés avec éversion et dorsiflexion « résistantes »
IV a Rupture complète LTFA + LCF
Arrachement de la pointe malléolaire
Tiroir antérieur + / varus +
IV b Rupture complète LTFA + LCF
Fracture du dôme talien
Tiroir antérieur + / varus +
IVc Rupture complète LTFA + LCF
Fracture de la joue latérale
Tiroir antérieur + / varus +
Tiroir antérieur + / varus +

Il existe par ailleurs deux classifications simples pour les lésions du LLE :

Classification de O’Donoghue
qui distingue les entorses :
  • bénigne : simple élongation du LTFA
  • moyenne : rupture partielle du LTFA
  • grave : rupture complète du LTFA ± LCF ± LTFP.
Classification de Castaing
qui distinque 4 stades :
  • Stade 0 : pas de rupture ligamentaire
  • Stade 1 : rupture du LTFA
  • Stade 2 : rupture des LTFA et LCP
  • Stade 3 : rupture de 3 faisceaux.

10.6 Autres entorses

10.6.1 Entorse du ligament latéral interne

Image EntorseCheville4fan.JPG

Le LLI comprend 2 feuillets individualisables dans leur portion distale : un feuillet superficiel ou ligament deltoïde et un feuillet profond. Sa lésion est fréquente en association avec une fracture de la malléole externe (fracture équivalente bimalléolaire, chapitre 11). La clinique se résume à une ecchymose péri- et sous-malléolaire diffus associé à une douleur à la palpation de la région malléolaire interne. L’examen radiologique de la cheville est demandé pour éliminer un arrachement de la pointe de la malléole interne, un diastasis tibio-astragalien interne, témoin d’une incarcération du ligament, et une fracture du dôme astragalien. Attention aux lésions du jambier postérieur. Le traitement est souvent conservateur, fonctionnel, sans immobilisation ou une immobilisation dans des attelles amovibles qui permettront la rééducation en flexion-extension de la cheville sans mouvements de latéralité.

10.6.2 Entorse des ligaments tibiofibulaires (LTF)

Elle intéresse le LTF antérieur et le LTF postérieur. Elle représente moins de 1 % des entorses de la cheville. Elle est le plus souvent associée à la fracture bimalléolaire. Cette lésion est en fait souvent méconnue. Elle est fréquente chez les skieurs et les footblleurs qui shootent dans le sol. Elle est révélée par une douleur à la palpation de la péronéo-tibiale inférieure. La radiographie est demandée à la recherche essentiellement d’un diastasis tibio-péronier au niveau de la cheville.

     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 
10.1 - Définition
10.2 - Ce qu’il faut comprendre
10.3 - Diagnostic
10.4 - Lésions osseuses associées
10.5 - Classification
10.6 - Autres entorses
10.7 - Traitement
10.6.1 - Entorse du ligament latéral interne
10.6.2 - Entorse des ligaments tibiofibulaires (LTF)