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Enseignement d’ophtalmologie

Table des matières

Avant-propos

Objectifs d’enseignement

1 - Rappel anatomique. Méthodes d’examen

2 - Prélèvement de cornée à but thérapeutique - 8

3 - Suivi d’un nourrisson : dépistage des troubles visuels chez l’enfant - 33

4 - Cataracte - 58

5 - Dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) - 60

6 - Œil et sclérose en plaques - 125

7 - Greffe de cornée - 127

8 - Rétinopathie hypertensive - 130 - 1

9 - Neuropathie optique ischémique antérieure (NOIA) - 130 - 2

10 - Occlusions artérielles rétiniennes - 130 - 3

11 - Occlusions veineuses rétiniennes - 130 - 4

12 - Anomalies de la vision d’apparition brutale - 187

13 - Traumatismes oculaires - 201 - 1

14 - Brûlures oculaires - 201

15 - Œil rouge et/ou douloureux - 212

16 - Rétinopathie diabétique (RD) - 233

17 - Glaucome chronique - 240

18 - Ophtalmopathie dysthyroïdienne - 246

19 - Pathologie des paupières - 271

20 - Troubles de la réfraction - 287

21 - Altération de la fonction visuelle - 293

22 - Orientation diagnostique devant une diplopie - 304

23 - Orientation diagnostique devant un strabisme de l’enfant - 333


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 7 - Greffe de cornée - 127

 

 

Ce qu’il faut savoir
  1. Connaître les principales indications de la greffe de cornée.
  2. Connaître le pronostic à long terme des greffes de cornée.

7.1 Introduction

C’est la plus ancienne greffe de tissu réalisée avec succès chez l’homme (1887 – Von Hippel). Elle onsiste à remplacer un fragment de cornée opaque par une cornée saine, transparente, venant d’un donneur. Seule l’homogreffe est possible actuellement, tous les essais d’hétérogreffe ou d’utilisation de matériaux artificiels s’étant soldés par des échecs.

7.2 Particularités de la greffe de cornée

  • La cornée est un site privilégié pour la greffe :
    • tissu conjonctif compact,
    • pas de vaisseau ni lymphatique,
    • peu de cellules,
    • d’où un conflit immunologique réduit.
  • Le rejet, s’il survient, est très rapidement décelé
    • par le patient (baisse visuelle),
    • par le médecin par un simple examen clinique,
    • et donc précocement traité.
  • Le taux de succès en termes de survie du greffon à cinq ans est élevé, variant de 60 à 90 %.
  • La technique chirurgicale en est simple, parfaitement codifiée, accessible à tout opérateur rompu aux techniques microchirurgicales :
    • elle consiste à prélever par trépanation circulaire une rondelle de la cornée pathologique du receveur, d’un diamètre variable (le plus souvent de 7 à 8 mm) que l’on remplace par une rondelle de diamètre identique de cornée saine, provenant d’un donneur. Cette rondelle cornéenne est suturée à la cornée du receveur par un sujet ou par des points séparés de fil non résorbable.
    • il est possible au cours de cette greffe de combiner d’autres gestes chirurgicaux si nécessaire, tels que l’extraction du cristallin avec mise en place d’un implant intraoculaire ou le traitement chirurgical d’un glaucome.
    • le traitement postopératoire comporte une corticothérapie locale (collyre corticoïde).
    • le surjet ou les points sont laissés en place environ un an.
    • en cas de rejet, on intensifie la corticothérapie locale et on administre :
      • ciclosporine : 5 à 6 mg/kg/jour pendant trois à six mois ou mieux collyre à la ciclosporine 2 %
      • corticothérapie générale pendant quelques mois

7.3 Principales indications de la greffe de cornée

A priori toutes les affections pouvant laisser à titre de séquelle une opacification cornéenne avec baisse d’acuité visuelle.

  1. Séquelles de traumatisme perforant de la cornée
    • accident du travail,
    • accident domestique : loisirs, jardinage, bricolage,
    • accident de voiture (pare-brise),
    • agression par pistolet à grenailles, dramatique car le traumatisme est le plus souvent bilatéral.
  2. Brûlures chimiques, en particulier par bases.
  3. Dégénérescences cornéennes (30 à 40 % des greffes de cornée)
    • essentiellement le kératocône, affection cornéenne débutant chez l’enfant ou l’adulte jeune, entraînant un amincissement progressif de la cornée, responsable d’un astigmatisme irrégulier puis d’opacités cornéennes.
    • plus rarement, une dystrophie cornéenne héréditaire.
  4. Kératites
    • en particulier kératite herpétique (5 % des greffes de cornée), toujours grave car récidivant ; la grève nécessite un traitement de couverture par antiviral,
    • abcès de cornée bactériens,
    • kératite amibienne (port de lentilles),
  5. « Dystrophie bulleuse » de la personne âgée
    Dûe à une perte de cellules endothéliales cornéennes, de plus en plus fréquente (45 % des greffes de cornée) du fait de l’augmentation de l’espérance de vie ; elle peut être secondaire :
    • à des interventions chirurgicales itératives : glaucome, cataracte ; elle est devenue beaucoup moins fréquente après chirurgie de la cataracte avec les techniques actuelles d’extraction du cristallin par phako-émulsification avec implantation en chambre postérieure,
    • à l’altération constitutionnelle des cellules endothéliales : « ornéa guttata », responsable avec l’âge d’une perte progressive des cellules endothéliales.

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7.1 - Introduction
7.2 - Particularités de la greffe de cornée
7.3 - Principales indications de la greffe de cornée
7.4 - Pronostic
7.5 - Conclusion