Site FMPMC
     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 

Enseignement d’ophtalmologie

Table des matières

Avant-propos

Objectifs d’enseignement

1 - Rappel anatomique. Méthodes d’examen

2 - Prélèvement de cornée à but thérapeutique - 8

3 - Suivi d’un nourrisson : dépistage des troubles visuels chez l’enfant - 33

4 - Cataracte - 58

5 - Dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) - 60

6 - Œil et sclérose en plaques - 125

7 - Greffe de cornée - 127

8 - Rétinopathie hypertensive - 130 - 1

9 - Neuropathie optique ischémique antérieure (NOIA) - 130 - 2

10 - Occlusions artérielles rétiniennes - 130 - 3

11 - Occlusions veineuses rétiniennes - 130 - 4

12 - Anomalies de la vision d’apparition brutale - 187

13 - Traumatismes oculaires - 201 - 1

14 - Brûlures oculaires - 201

15 - Œil rouge et/ou douloureux - 212

16 - Rétinopathie diabétique (RD) - 233

17 - Glaucome chronique - 240

18 - Ophtalmopathie dysthyroïdienne - 246

19 - Pathologie des paupières - 271

20 - Troubles de la réfraction - 287

21 - Altération de la fonction visuelle - 293

22 - Orientation diagnostique devant une diplopie - 304

23 - Orientation diagnostique devant un strabisme de l’enfant - 333


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 5 - Dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) - 60

 

 

Ce qu’il faut savoir
  1. Connaître l’épidémiologie de la DMLA.
  2. Connaître les principales formes cliniques de la DMLA.
  3. Reconnaître les situations d’urgence.
  4. Connaître les différentes modalités thérapeutiques.

5.1 Introduction

La dégénerescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est une maladie dégénérative rétinienne chroni que, évolutive et invalidante, qui débute après l’âge de 50 ans. Elle atteint de manière sélective la macula en provoquant une dégénérescence des cellules visuelles rétiniennes (définition de l’ANAES, 2001).

On décrit trois formes de DMLA, une forme précoce et deux formes évolutives :

  • la forme précoce (environ 30 % des cas) est caractérisée par la présence de drusen ;
  • la forme atrophique (environ 50 % des cas) est caractérisée par des altérations de l’épithélium pigmentaire et un amincissement de la macula consécutif à l’évolution des drusen ; son évolution est lente sur des années ;
  • la forme exsudative (environ 20 % des cas) est caractérisée par le développement de néovaisseaux choroïdiens sous la macula ; l’évolution de cette forme peut être très rapide, faisant perdre la vision centrale (AV < 1/10) en quelques semaines ou mois.

5.2 Prévalence

La DMLA est la première cause de malvoyance après 50 ans dans les pays industrialisés.

La prévalence globale de la maladie est de 8 % après 50 ans ; en France, 800000 à 1 million de personnes seraient atteintes de DMLA. Cette prévalence globale augmente progressivement avec l’âge : ainsi, elle est d’environ 1 à 2 % entre 50 et 60 ans, 10 % entre 60 et 70 ans, 25 % entre 70 et 80 ans, et > 50 % après 80 ans.

Les formes sévères (formes atrophiques et exsudatives symptômatiques atteindraient :

  • 0.25 % de la population entre 55 et 65ans,
  • 1 % de la population entre 65 et 75 ans,
  • 5 % de la population entre 75 et 85 ans,
  • 15 % de la population après 85 ans.

5.3 Facteurs de risque

Hormis l’âge, les facteurs de risques comprennent le tabagisme (+++), ainsi que probablement l’hypertension artérielle, la couleur claire de l’iris, les antécédents d’accidents coronariens et l’exposition importante à la lumière.

Les facteurs génétiques jouent également un rôle dans la survenue de la DMLA. La fréquence de la DMLA augmente dans la fratrie d’un patient atteint de la DMLA.

5.4 Diagnostic

5.4.1 Circonstances de découverte

  • Baisse de l’acuité visuelle progressive de loin et de près, correspondant à l’aggravation lente des lésions,
  • Baisse de l’acuité visuelle brutale, liée le plus souvent à l’apparition de néovaisseaux choroïdiens,
  • Métamorphopsies (+++) = sensation de déformation des objets : le patient décrit souvent la vision ondulée des lignes droites,
  • Scotome central, correspondant aux stades très évolués.

5.4.2 Examen clinique

  1. mesure de l’acuité visuelle : elle est mesurée séparément à chaque œil, avec correction optique si nécessaire, de loin et de près ; il existe souvent de façon précoce une baisse de l’acuité visuelle de près, ce qui oriente vers une affection maculaire.
  2. recherche d’un scotome central ou de métamorphopsies qui peuvent être objectivés en présentant au patient une grille d’Amsler, constituée d’un quadrillage régulier.
  3. examen du fond d’œil : pratiqué après dilatation pupillaire, il recherche (voir section 5.5, « Formes cliniques ») :
    1. la présence de drusen,
    2. des zones d’atrophie de l’épithélium pigmentaire (forme atrophique),
    3. des hémorragies, des exsudats secs et/ou un décollement de rétine maculaire, témoins d’une forme exsudative.

5.4.3 Angiographie du fond d’œil

C’est l’observation du fond d’œil après injection intraveineuse d’un colorant fluorescent qui est le plus souvent la fluoroscéine ; dans certains cas, l’angiographie fluorescéinique est complétée par une angiographie au du vert d’indocyanine.

  • angiographie fluorescéinique : après injection de fluorescéine, des clichés photographiques en série à l’aide d’un filtre bleu permettront d’en visualiser le passage dans les vaisseaux choroïdiens ainsi que dans les vaisseaux rétiniens artériels puis veineux.
  • angiographie en infrarouge au vert d’indocyanine : l’injection de vert d’indocyanine permet dans des cas de diagnostic difficile de mieux visualiser des vaisseaux choroïdiens pathologiques, notamment les néovaisseaux choroïdiens au cours de la dégénérescence maculaire liée à l’âge.

     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 
5.1 - Introduction
5.2 - Prévalence
5.3 - Facteurs de risque
5.4 - Diagnostic
5.5 - Formes cliniques
5.6 - Traitement
5.7 - Les points forts
5.4.1 - Circonstances de découverte
5.4.2 - Examen clinique
5.4.3 - Angiographie du fond d’œil