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Enseignement d’ophtalmologie

Table des matières

Avant-propos

Objectifs d’enseignement

1 - Rappel anatomique. Méthodes d’examen

2 - Prélèvement de cornée à but thérapeutique - 8

3 - Suivi d’un nourrisson : dépistage des troubles visuels chez l’enfant - 33

4 - Cataracte - 58

5 - Dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) - 60

6 - Œil et sclérose en plaques - 125

7 - Greffe de cornée - 127

8 - Rétinopathie hypertensive - 130 - 1

9 - Neuropathie optique ischémique antérieure (NOIA) - 130 - 2

10 - Occlusions artérielles rétiniennes - 130 - 3

11 - Occlusions veineuses rétiniennes - 130 - 4

12 - Anomalies de la vision d’apparition brutale - 187

13 - Traumatismes oculaires - 201 - 1

14 - Brûlures oculaires - 201

15 - Œil rouge et/ou douloureux - 212

16 - Rétinopathie diabétique (RD) - 233

17 - Glaucome chronique - 240

18 - Ophtalmopathie dysthyroïdienne - 246

19 - Pathologie des paupières - 271

20 - Troubles de la réfraction - 287

21 - Altération de la fonction visuelle - 293

22 - Orientation diagnostique devant une diplopie - 304

23 - Orientation diagnostique devant un strabisme de l’enfant - 333


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 15 - Œil rouge et/ou douloureux - 212

 

15.3 - Etiologies

 

Elles rentrent dans plusieurs cadres.

15.3.1 Œil rouge, non douloureux, sans baisse d’acuité visuelle

Rougeur conjonctivale localisée, en nappe : hémorragie sous-conjonctivale spontanée
fréquente, banale, elle régresse en quelques semaines sans traitement ; elle doit faire rechercher une hypertension artérielle.
+++ : ne pas méconnaître un corps étranger intraoculaire (cf. paragraphe 15.2.2, « Examen clinique »).
Rougeur conjonctivale diffuse : conjonctivite
  • Conjonctivite bactérienne :
    • Rougeur conjonctivale diffuse, prédominant dans le cul-de-sac conjonctival inférieur,
    • Le plus souvent bilatérale, parfois avec un intervalle libre.
    • L’acuité visuelle est conservée
    • Il existe des sécrétions muco-purulentes, collant les paupières le matin au réveil
    • Le patient se plaint de douleurs superficielles modérées, à type de sensation de grains de sable.
    • Un prélèvement pour examen bactériologique n’est pas nécessaire en première intention.
    • Les conjonctivites bactériennes sont dûes le plus souvent à des germes Gram positif (notamment streptocoque ou staphylocoque) ; elles guérissent sans séquelles par une antibiothérapie locale d’une semaine (collyre à large spectre 4 à 6 fois par jour auquel on peut associer une pommade antibiotique le soir au coucher qui assure une couverture pendant la nuit).
  • Conjonctivites virales à adénovirus :
    • Très fréquentes, très contagieuses, elles surviennent par épidémies.
    • Elles sont bilatérales, en général en deux temps.
    • Elles s’accompagnent de sécrétions claires.
    • La présence d’une adénopathie prétragienne est très évocatrice.
    • Il n’existe pas de traitement, si ce n’est la prescription d’un arrêt de travail ou l’éviction scolaire, ainsi que l’hygiène des mains et du linge de toilette pour éviter toute contamination de l’entourage.
  • Conjonctivites allergiques :
    • De survenue saisonnière, bilatérales et récidivantes, chez des sujets atopiques.
    • Elles s’accompagnent de signes fonctionnels importants : larmoiement, prurit, ainsi que souvent d’un œdème palpébral et d’une rhinite allergique.
    • L’examen met en évidence la présence au niveau des conjonctives palpébrales de papilles de taille variable.
    • Certaines conjonctivites de l’enfant (« conjonctivite printanière ») s’accompagnent de papilles très volumineuses qui peuvent être invalidantes et entraîner des complications cornéennes.
  • Conjonctivites à chlamydiae :
    • Conjonctivite chronique à chlamydiae (« conjonctivite des piscines »).
      • bilatérale, mucopurulente, à évoquer devant une conjonctivite chronique.
      • le diagnostic peut être fait par une PCR sur un grattage conjonctival.
      • traitement :
        • azythromycine : une dose orale,
        • ou collyre à la tétracycline.
    • Trachome (conjonctivite à chlamydia trachomatis)
      • très fréquent, une des principales causes de cécité dans le tiers monde.
      • il débute par une conjonctivite mais évolue vers une atteinte cornéenne (vascularisation de la partie supérieure de la cornée = pannus trachomateux), puis vers une fibrose du tarse (voir chapitre « Rappel anatomique. Méthodes d’examen ») entraînant un trichiasis (déviation des cils venant frotter la cornée) et un entropion (voir « Pathologie des paupières - 271 »), responsables d’ulcères cornéens qui se surinfectent et aboutissent à une cornée opaque.
  • Syndrome sec oculaire :
    Très fréquente, l’insuffisance de sécrétion lacrymale peut être responsable d’une rougeur oculaire associée à une sensation de grains de sable ou à des douleurs oculaires superficielles ;
    Ces signes fonctionnels sont secondaires une atteinte de l’épithélium conjonvtival, associée ou non à une atteinte épithéliale cornéenne, par altération de la tropohicité des cellules épithéliales.
    Le diagnostic est fait principalement par le test de Schirmer (qui quantifie la sécrétion lacrymale) et par le test au vert de lissamine (colorant qui imprègne sélectivement les cellules épithéliales conjonctivales et/ ou cornéennes altérées).
    Il s’agit :
    • le plus souvent d’un syndrome sec par involution sénile des glandes lacrymales,
    • mais il peut s’agir également d’un syndrome sec dans le cadre d’un syndrome de Gougerot-Sjögren ou d’un syndrome sec secondaire à un traitement parasympatholytique par voie générale, notamment antidépresseur tricyclique.

    Le traitement repose sur l’instillation de substituts des larmes.

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15.1 - Introduction
15.2 - Examen
15.3 - Etiologies
15.4 - En bref
15.3.1 - Œil rouge, non douloureux, sans baisse d’acuité visuelle
15.3.2 - Œil rouge douloureux avec baisse d’acuité visuelle
15.3.3 - Œil rouge, douloureux, sans baisse d’acuité visuelle