Site FMPMC
     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 

Minimum vital

Table des matières

Avertissement aux lecteurs

1 - Anesthésie

2 - Cardiologie

3 - Dermatologie

4 - Diabétologie

5 - Douleur

6 - Endocrinologie

7 - Gériatrie

8 - Gynécologie

9 - Hématologie

10 - Hépato-gastro-entérologie (chirurgie)

11 - Hépato-gastro-entérologie (médecine)

12 - Maladies infectieuses et tropicales

13 - Maladies parasitaires et fongiques

14 - Néphrologie

15 - Neurologie

16 - Obstétrique

17 - Ophtalmologie

18 - Orthopédie

19 - ORL et chirurgie de la face et du cou

20 - Pédiatrie

21 - Pharmacologie

22 - Pneumologie

23 - Psychiatrie

24 - Réanimation

25 - Rhumatologie

26 - Urologie


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 4 - Diabétologie

 

 

4.4 Complications

  1. La microangiopathie diabétique (rétinopathie, glomérulopathie et neuropathie) est fortement corrélée à l’hyperglycémie chronique. Sa prévention suppose une HbA1c inférieure à 7 % mesurée par une technique de référence dont les valeurs normales doivent être comprises entre 4 et 6 % (niveau de preuve n° Ia). La macroangiopathie (athérosclérose) dépend de l’association à l’hyperglycémie chronique des autres facteurs de risque classiques (HTA, hyperlipidémie, tabagisme, hérédité) permettant de calculer un risque vasculaire global, sachant que l’hyperglycémie chronique majore le risque d’accident cardio-vasculaire par un facteur 2 à 3.
  2. Chez une personne de plus de 75 ans ou ayant une espérance de vie de moins de 15 ans, n’ayant pas de microangiopathie diabétique, on peut se satisfaire d’une glycémie pré-prandiale autour de 2 g/l pour limiter le risque hypoglycémique et/ou pour préserver la qualité de vie sans imposer de contraintes thérapeutiques trop importantes.
  3. Tout diabétique doit avoir un examen du fond d’œil chaque année. La rétinopathie diabétique peut se développer pendant longtemps sans altérer l’acuité visuelle. Le diabète reste de façon indue la première cause de cécité avant l’âge de 50 ans.
  4. Pour tout diabétique, il est nécessaire de savoir s’il a ou non un risque podologique. Le diabétique à risque podologique se définit par la présence d’une artérite et/ou d’une polyneuropathie des membres inférieurs. Un diabétique à risque podologique doit bénéficier d’une éducation spécialisée pour éviter des plaies chroniques et le risque d’amputation. L’absence de claudication intermittente ou de douleur de décubitus n’élimine pas une artérite diabétique en raison de la fréquence de la neuropathie diabétique associée.
  5. Le premier signe de la glomérulopathie diabétique est l’augmentation de l’albuminurie. Un dosage de microalbuminurie doit être demandé tous les ans chez les diabétiques. La présence d’une albuminurie chez un patient diabétique justifie dès ce stade, un avis spécialisé auprès d’un diabétologue ou d’un néphrologue.
  6. La présence d’une néphropathie diabétique multiplie le risque de mortalité cardiovasculaire par 10 chez le diabétique insulino-dépendant, par 3 chez le diabétique non insulino-dépendant.
  7. La présence d’une glomérulopathie diabétique nécessite un traitement antihypertenseur avec pour objectif des chiffres de pression artérielle inférieurs à 130/80 mmHg. Les IEC, en plus de leur action antihypertensive, ont une action de protection néphronique démontrée en particulier au cours de la glomérulopathie diabétique (niveau de preuve Ib). (La prescription d’un IEC impose un contrôle de la créatininémie et de la kaliémie après quelques jours de traitement).
  8. Une radio avec injection d’iode chez un diabétique mal équilibré ou ayant une fonction rénale altérée, nécessite l’arrêt 2 jours avant la radio de la prise éventuelle de Metformine ou d’un produit potentiellement néphrotoxique, une préparation par perfusion de sérum physiologique plusieurs heures avant la radio et une surveillance de la diurèse et de la créatinine dans les 48 heures suivantes.
  9. L’infarctus du myocarde est 2 à 3 fois plus souvent indolore chez le diabétique que chez le non diabétique. Il faut le rechercher systématiquement devant la survenue brusque de symptômes digestifs inexpliqués ou devant des symptômes inhabituels tels qu’une fatigue ou une dyspnée à l’effort ou une baisse tensionnelle inexpliquée, voire un déséquilibre glycémique inexpliqué. Un dépistage systématique de l’ischémie myocardique silencieuse est recommandé chez les patients diabétiques ayant plusieurs facteurs de risque vasculaire associés (niveau de preuve IV).
  10. La survenue d’un accident vasculaire ischémique aigu chez un diabétique, impose l’hospitalisation, l’arrêt des hypoglycémiants oraux, la mise en route d’une insulinothérapie avec une surveillance pluri-quotidienne de la glycémie capillaire.

4.5 Grossesse

  1. La grossesse chez une diabétique doit être programmée. Le diabète doit être parfaitement équilibré (glycémie moyenne entre 0,8 et 1 g/l) avant même la conception, afin de limiter le risque de malformations. Les hypoglycémiants oraux doivent être arrêtés, l’insulinothérapie doit être optimisée avec 3 à 4 injections d’insuline par jour et au moins 6 contrôles de la glycémie capillaire par jour. La programmation et la surveillance de toute grossesse diabétique nécessite une prise en charge spécialisée diabétologique et obstétricale. Les patientes diabétiques en âge de procréer doivent recevoir une information détaillée sur les conditions requises pour mener à bien une grossesse et sur les méthodes contraceptives adaptées à leur cas.

4.6 Santé publique

  1. Le diabète est une affection prise en charge à 100 % par la Sécurité Sociale au titre des affections longue durée. La demande doit être faite par le médecin traitant.
  2. Le diabète non insulino-dépendant pose un problème de santé publique, puisqu’on compte en France environ 1 500 000 diabétiques non insulino-dépendants et qu’on estime que ce chiffre augmentera de 50 % dans le premier quart du 21ème siècle. Or on peut prévenir le diabète non insulino-dépendant grâce à une meilleur hygiène alimentaire et à une augmentation de l’activité physique. Cette prévention doit porter prioritairement sur la descendance des diabétiques non insulino-dépendants puisque le risque pour les enfants est de 30 % lorsqu’un des parents est diabétique, 50 % lorsque les deux parents sont diabétiques. Le médecin généraliste a donc un rôle particulier à jouer en matière d’éducation pour la santé.

     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 
4.1 - Définition
4.2 - Diabète Insulino-Dépendant
4.3 - Diabète Non Insulino-Dépendant
4.4 - Complications
4.5 - Grossesse
4.6 - Santé publique