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Minimum vital

Table des matières

Avertissement aux lecteurs

1 - Anesthésie

2 - Cardiologie

3 - Dermatologie

4 - Diabétologie

5 - Douleur

6 - Endocrinologie

7 - Gériatrie

8 - Gynécologie

9 - Hématologie

10 - Hépato-gastro-entérologie (chirurgie)

11 - Hépato-gastro-entérologie (médecine)

12 - Maladies infectieuses et tropicales

13 - Maladies parasitaires et fongiques

14 - Néphrologie

15 - Neurologie

16 - Obstétrique

17 - Ophtalmologie

18 - Orthopédie

19 - ORL et chirurgie de la face et du cou

20 - Pédiatrie

21 - Pharmacologie

22 - Pneumologie

23 - Psychiatrie

24 - Réanimation

25 - Rhumatologie

26 - Urologie


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 4 - Diabétologie

 

4.3 - Diabète Non Insulino-Dépendant

 

  1. Malgré sa réputation de « bénignité », le diabète non insulino-dépendant comporte les mêmes risques de complications chroniques que le diabète insulino-dépendant.
  2. Le traitement du diabète non insulino-dépendant n’a pas pour seul objectif de corriger l’hyperglycémie. C’est aussi le traitement d’une hypertension artérielle (objectif : PA < 140/80 mmHg), d’une hyperlipidémie (objectif : LDL cholestérol < 1,30 g/l, triglycérides < 1,50 g/l, HDL cholestérol > 0,40 g/l) fréquemment associées, et le sevrage tabagique. La surveillance suppose la prévention et le dépistage des complications de microangiopathie et de macroangiopathie.
  3. Le régime diabétique n’est pas un régime hypoglucidique. Les glucides doivent représenter 40 à 50 % des apports caloriques. Les seuls glucides interdits (en dehors de malaises hypoglycémiques) sont les sucres apportés sous forme liquide type sodas. Le régime diabétique est en réalité le régime qui est conseillé pour l’ensemble de la population générale comportant une diminution des graisses saturées, une limitation des boissons alcoolisées, une augmentation de la consommation des glucides complexes et de fibres alimentaires.
  4. L’activité physique fait partie du traitement du diabète non insulino-dépendant. Pour être efficace, elle doit être d’une durée minimale de 30 minutes, et réalisée au moins 1 jour sur 2. Elle agit en augmentant la sensibilité du tissu musculaire à l’insuline. Parallèlement, elle améliore le bilan lipidique et la pression artérielle.
  5. L’autocontrôle glycémique est un élément essentiel de la prise de conscience du diabète et de la gestion du traitement par le diabétique lui même (niveau de preuve n° IV).
  6. La Metformine (biguanide) (GLUCOPHAGE ®, GLUCINAN ®, STAGID ®) est contre-indiquée en cas d’insuffisance rénale (clairance de la créatine inférieur à 60 ml/mn), d’insuffisance hépato-cellulaire, d’insuffisance cardiaque ou respiratoire. Le traitement par Metformine doit être arrêté 2 jours avant une radio avec injection d’iode ou avant une anesthésie générale.
  7. Tous les sulfamides hypoglycémiants sans exception (DAONIL ®, DIAMICRON ®, GLIBENESE ®, AMAREL ®, OZIDIA ®, GLUCIDORAL ® …) comportent un risque d’hypoglycémie à redouter particulièrement chez le sujet âgé.
  8. Le diabétique non insulino-dépendant traité par sulfamides hypoglycémiants doit être informé du risque hypoglycémique. Il ne doit pas sauter de repas ou à défaut prendre une boisson sucrée ou suspendre la prise du sulfamide hypoglycémiant. S’il a une activité physique inhabituelle, il doit diminuer la prise des sulfamides hypoglycémiants. Il doit avoir en permanence à portée de main 3 morceaux de sucre ou l’équivalent glucidique.
  9. Les diabétiques doivent être avertis que certains médicaments peuvent potentialiser l’action des sulfamides hypoglycémiants et qu’ils doivent donc informer tout nouveau médecin de leur traitement par sulfamides. Parmi les médicaments susceptibles d’augmenter l’action hypoglycémiante des sulfamides hypoglycémiants, on doit connaître le Miconazole (DAKTARIN ®), le Coltrimoxazole (BACTRIM ®), les fibrates (LIPANTHYL ® , FENOFIBRATE ®, BEFIZAL ®, LIPUR ®…), certains anti-inflammatoires non stéroïdiens, le Dextropropoxyphène (ANTALVIC ®, DI ANTALVIC ®).
  10. Un coma hypoglycémique provoqué par les sulfamides hypoglycémiants doit être traité par l’injection intra-veineuse de 2 à 3 ampoules de Glucosé hypertonique à 30 % suivi de la pose d’une perfusion de sérum Glucosé à 5 ou 10 % pendant au moins 24 heures avec surveillance régulière de la glycémie au cours d’une hospitalisation.
  11. Les RMO précisent qu’il n’y a pas lieu d’associer 2 sulfamides hypoglycémiants car cela augmente leur risque toxique sans bénéfice thérapeutique. Par contre, l’association biguanides - sulfamides est synergique. On peut associer insuline et sulfamides hypoglycémiants ou insuline et Metformine chez le diabétique non insulinodépendant.
  12. Les hypoglycémiants oraux doivent être arrêtés et remplacés par une insulinothérapie dans les situations suivantes : la préparation d’une grossesse, l’existence d’une insuffisance rénale avec clairance de la créatinine inférieure à 30 ml/min, un traitement par corticoïdes à doses fortes, une pathologie néoplasique avec dénutrition, le grand âge avec perte d’autonomie. Dans les situations où le malade n’est pas en état d’assurer lui même le traitement et sa surveillance, il faut recourir à l’aide d’une infirmière à domicile qui fera les injections d’insuline une ou deux fois par jour après contrôle de la glycémie capillaire.
  13. Le coma hyper-osmolaire aurait toujours pu être prévenu. En effet, il est précédé par plusieurs jours de bilan hydrique négatif et de déséquilibre d’un diabète souvent jusque là méconnu. Il aurait suffi de surveiller le poids, de mesurer la diurèse, de dépister une glycosurie, ou de mesurer la glycémie capillaire. Ces gestes doivent donc être faits, en particulier chez les personnes à risque telles que les sujets âgés ayant une infection aiguë ou une cause de deshydratation (prise de diurétiques) ou recevant des médicaments hyperglycémiants tels que les corticoïdes.

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4.1 - Définition
4.2 - Diabète Insulino-Dépendant
4.3 - Diabète Non Insulino-Dépendant
4.4 - Complications
4.5 - Grossesse
4.6 - Santé publique