Site FMPMC
     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 

Minimum vital

Table des matières

Avertissement aux lecteurs

1 - Anesthésie

2 - Cardiologie

3 - Dermatologie

4 - Diabétologie

5 - Douleur

6 - Endocrinologie

7 - Gériatrie

8 - Gynécologie

9 - Hématologie

10 - Hépato-gastro-entérologie (chirurgie)

11 - Hépato-gastro-entérologie (médecine)

12 - Maladies infectieuses et tropicales

13 - Maladies parasitaires et fongiques

14 - Néphrologie

15 - Neurologie

16 - Obstétrique

17 - Ophtalmologie

18 - Orthopédie

19 - ORL et chirurgie de la face et du cou

20 - Pédiatrie

21 - Pharmacologie

22 - Pneumologie

23 - Psychiatrie

24 - Réanimation

25 - Rhumatologie

26 - Urologie


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 23 - Psychiatrie

 

 

23.6 Les conduites addictives

Pathologie dont la fréquence est difficile à appréhender en épidémiologie. Elle représenterait environ 100 à 150 000 sujets en France. Toutes les classes sociales sont représentées. La tranche de population la plus atteinte étant les hommes de 20 à 25 ans si l’on se réfère aux prises de cannabis et d’héroïne. En effet la toxicomanie peut prendre de nombreuses formes, notamment celle de l’addiction médicamenteuse qui intéresse encore plus le médecin généraliste alors que les pouvoirs publics s’alarment de la surconsommation en psychotropes de la population française.

Il n’existe pas de causalité unique pour la toxicomanie, mais souvent plusieurs facteurs qui coexistent : d’ordre psychiatriques (fréquence élevée des pathologies psychiatriques) ; d’ordre sociologique ; enfin il existe un facteur lié au produit lui-même et à son potentiel de dépendance.

Aspect psychologiques : on peut retrouver plusieurs traits de personnalité chez les toxicomanes. Une faible estime de soi, une tolérance aux frustrations, une impulsivité, un besoin de satisfaction immédiate, une dévalorisation narcissique.

Ainsi, la personnalité psychopatique concerne un tiers des toxicomanes, mais dix pour cent d’entre eux présentent une structure psychotique, et dix pour cent un état dépressif chronique. Une évaluation clinique rigoureuse permettra donc une meilleure prise en charge du sujet toxicomanes.

Traitement : le seul motif d’hospitalisation en urgence d’un sujet toxicomane est l’intoxication aiguë par des substances psychoactives. En dehors de ces situations, l’hospitalisation pour une prise en charge et un sevrage doit être soigneusement préparée au cours de consultations ambulatoires. Néanmoins, il n’est pas rare que le toxicomane soit hospitalisé pour une raison médicale ou chirurgicale et il est ici important de savoir prescrire un traitement substitutif à son intoxication.

23.6.1 Les conduites alcooliques

La notion d’abus d’alcool est définie par la présence de conséquences psychiques, physiques, sociales et familiales, négatives, attribuables à l’excès répété de consommation d’alcool.

Le syndrome de dépendance alcoolique (tolérance, sevrage, besoin compulsif, impossibilité de maîtriser la consommation) en est une conséquence possible mais non obligatoire.

On distingue l’alcoolisme primaire, périodique ou permanent de l’alcoolisme secondaire (trouble mental préexistant). L’alcoolisme est la troisième cause de mortalité en France.

L’intoxication aiguë dépend de la quantité d’alcool absorbée et de la tolérance du sujet.

On distingue ivresse simple (phases d’excitation psychomotrice, d’ébriété, d’anesthésie, de coma, risque vital) et ivresses pathologiques (ingestion récente et massive d’alcool ivresses excitation motrice, hallucinatoire délirante).

L’intoxication chronique est à l’origine du syndrome alcoolique associant : habitus caractéristique, symptômes somatiques et de dépendance, stigmates biologiques, syndrome psychique, (irritabilité, impulsivité, désinvestissement social et affectif, labilité affective, troubles du sommeil). Elle expose aux accidents de sevrage (signes de sevrage matinaux, delirium tremens, délires alcooliques subaigus, crises convulsives du sevrage, hallucinose des buveurs).

Chez un alcoolique présentant un syndrome confusionnel, il est important d’éliminer une cause autre que le sevrage en pratiquant une alcoolémie, un ionogramme sanguin, une glycémie, un examen clinique à la recherche d’une fièvre ou d’un signe de localisation neurologique qui fera pratiquer un scanner cérébral au moindre doute.

Le traitement de la dépendance alcoolique n’a lieu d’être qu’avec la participation effective du sujet : sevrage total et définitif de toute boisson alcoolisée, prévention des accidents de sevrage, postcure (assistance médicopsychosociale, rechutes fréquentes). La prévention est capitale.

23.7 Les Intrications Médico-Psychiatriques

De nombreuses affections somatiques peuvent présenter au premier plan des troubles psychiques. Des antécédents psychiatriques ou l’apparition d’un syndrome psychiatrique ne doivent pas faire éliminer systématiquement une étiologie organique.

En particulier, le diagnostic de tumeur cérébrale doit être envisagé devant toute symptomatologie psychiatrique atypique, en l’absence d’antécédents psychiatriques, récente ou d’aggravation progressive, résistante au traitement psychotrope.

Des syndromes confusionnels peuvent être dus à une hémorragie méningée, des ictus répétitifs, des encéphalites ou des méningites, à des intoxications médicamenteuses, à des troubles métaboliques, à des collagénoses (lupus érythémateux disséminé). Toutes les affections endocriniennes peuvent présenter des signes psychiatriques. A l’inverse, des pathologies psychiques peuvent prendre une expression somatique (versant somatique de l’angoisse) :

  • dépression masquée (diagnostic ne pouvant être posé qu’en l’absence d’une affection organique, symptômes somatiques au premier plan affectant les différents appareils et les grandes fonctions, troubles de l’humeur, facteurs déclenchants, terrain, efficacité des antidépresseurs) ;
  • affections psychosomatiques ;
  • conversion (déplacement de difficultés et conflits psychologiques au niveau du corps, manifestations atteignant préférentiellement les organes de la vie de relation, anorganicité des troubles ) ;
  • hypochondrie : pose des problèmes difficiles surtout si associée à comorbidité somatique.

23.7.1 Les Etats d’agitation

L’agitation est un trouble psychomoteur impliquant une perte de contrôle du sujet.

Symptôme qui traduit l’existence d’une situation traumatique, d’un conflit ou d’une pathologie sous-jacente. Celle ci peut être organique, addictionnelle ou participer à un des grands syndromes psychiatriques. L’examen clinique tente d’apprécier la nature de la pathologie à l’origine du symptôme, la gravité et le pronostic de cette agitation :

  • agitation de négociation où un dialogue est possible ;
  • agitation incoercible demandant un geste sédatif immédiat.

La nature du traitement dépend largement de cette appréciation, que ce soit dans :

  • l’abord relationnel ;
  • le choix d’un produit sédatif (tranquillisant ou neuroleptique) ;
  • ou la nécessité d’une hospitalisation, parfois sous contrainte.

23.8 Refus de soins

Les différentes modalités d’hospitalisation en psychiatrie sont régies par la loi du 27 Juin 1990 qui prévoit trois régimes d’hospitalisation :

  • L’hospitalisation libre nécessite le consentement du patient.
  • L’hospitalisation à la demande d’un tiers nécessite une demande manuscrite par un proche, deux certificats médicaux datés de moins de 15 jours, dont un seul peut-être rédigé par un médecin de l’établissement d’accueil, qui peut aussi rédiger le seul certificat nécessaire à la procédure d’urgence.
  • L’hospitalisation d’office nécessite un certificat médical qui n’est pas obligatoire dans la procédure d’urgence et un arrêté du préfet.

Dans le cadre d’une hospitalisation d’office ou d’une hospitalisation à la demande d’un tiers, le psychiatre de l’établissement, qui ne doit pas être un des deux médecins certificateurs de l’entrée, doit rédiger : le certificat médical de 24 heures, le certificat de quinzaine, les certificats mensuels.

La levée de l’hospitalisation d’office nécessite un arrêté préfectoral, alors que la levée de l’hospitalisation à la demande d’un tiers fait suite à un certificat médical du psychiatre ou peut aussi être exigée par un membre de la famille.

La loi prévoit aussi des sorties d’essai pour une période de trois mois renouvelable pour favoriser la guérison et la réinsertion des patients.

Toutes les pièces de l’admission et les certificats médicaux de situation sont transmis au directeur de l’établissement qui doit vérifier le respect de la procédure.

Des commissions départementales des hospitalisations en psychiatrie sont créées par la loi. Leur rôle est de vérifier le respect des droits et des libertés individuelles des patients hospitalisés.

La protection des biens des incapables majeurs est régie par la loi du 03 Janvier 1968.

  • La sauvegarde de justice est le régime le plus simple. Elle peut être demandée en urgence pour toute personne ayant besoin d’être protégée dans les actes de la vie civile. Elle s’effectue sur simple déclaration du médecin traitant au procureur de la République et nécessite l’avis d’un psychiatre. Elle est valable 2 mois, renouvelable pour 6 mois puis ensuite tous les 6 mois.
  • La tutelle est la mesure de protection la plus complète. Elle s’adresse aux personnes ayant besoin d’être représentées d’une manière continue dans les actes de la vie civile. Elle nécessite un jugement du juge des tutelles qui fait suite à la requête d’un membre de la famille ou de l’intéressé lui-même ainsi qu’à l’avis d’un spécialiste, et aboutit à la nomination d’un tuteur.
  • La curatelle est un régime ou l’intéressé n’est pas remplacé mais assisté dans les actes de la vie civile. Les conditions de son ouverture sont les mêmes que pour celles de la tutelle. Le majeur est frappé d’incapacité civile partielle. Il peut faire seul les actes de conservation et d’administration, mais il ne peut faire aucun acte de disposition ni recevoir ou employer des capitaux sans l’assistance du curateur nommé par le juge.

     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 
23.1 - L’examen psychiatrique
23.2 - Le suicide et les conduites suicidaires
23.3 - Les Troubles de l’humeur
23.4 - Les Troubles anxieux
23.5 - Les Etats psychotiques aigus et chroniques
23.6 - Les conduites addictives
23.7 - Les Intrications Médico-Psychiatriques
23.8 - Refus de soins
23.6.1 - Les conduites alcooliques
23.7.1 - Les Etats d’agitation