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Minimum vital

Table des matières

Avertissement aux lecteurs

1 - Anesthésie

2 - Cardiologie

3 - Dermatologie

4 - Diabétologie

5 - Douleur

6 - Endocrinologie

7 - Gériatrie

8 - Gynécologie

9 - Hématologie

10 - Hépato-gastro-entérologie (chirurgie)

11 - Hépato-gastro-entérologie (médecine)

12 - Maladies infectieuses et tropicales

13 - Maladies parasitaires et fongiques

14 - Néphrologie

15 - Neurologie

16 - Obstétrique

17 - Ophtalmologie

18 - Orthopédie

19 - ORL et chirurgie de la face et du cou

20 - Pédiatrie

21 - Pharmacologie

22 - Pneumologie

23 - Psychiatrie

24 - Réanimation

25 - Rhumatologie

26 - Urologie


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 2 - Cardiologie

 

 

2.6 Insuffisance cardiaque gauche

A évoquer
  • Œdème du poumon : tableau dramatique avec suffocation, polypnée superficielle, toux incessante marquée par un expectoration mousseuse rosée, abondante. Râles crépittants bilatéraux, tachycardie, bruit de galop gauche.
  • Décompensation modérée : tableau moins intense avec dyspnée de repos, râles crépittants pulmonaires limités aux bases pulmonaires. Survient fréquemment après quelques jours marqués par une dyspnée d’effort survenant pour des efforts de moins en moins importants, avec crises de toux nocturne et de grésillement laryngé.
Rechercher
  • Signes de gravité : insuffisance circulatoire (PA effondrée, extrémités froides), hypoxémie profonde, troubles de la vigilance ;
  • notion de cardiopathie sous jacente ;
  • facteurs favorisants la décompensation : surinfection bronchique, médicament inotrope négatif, arrêt du traitement ou du régime si antécédents de dysfonction VG, troubles du rythme, embolie pulmonaire, ischémie myocardique.
Conduite à tenir
  • diurétique d’action rapide : lasilix intraveineux, oxygénothérapie ;
  • hospitaliser le patient, appel du 15 si œdème aigu du poumon.

2.7 Péricardite

A évoquer
devant une douleur thoracique prolongée rétrosternale, irradiant dans les épaules et les bras. Elle peut être confondue avec la douleur de l’angor, mais elle augmente à l’inspiration profonde. Signes d’accompagnement : fébricule d’emblée. A l’auscultation on a parfois un frottement péricardique. Syndrome grippal récent.
Rechercher
Signes de tamponnade (= compression aigue des cavités cardiaques par l’épanchement) : dyspnée importante majorée par le décubitus dorsal, tachycardie, pouls paradoxal (chute de la pression artérielle systolique supérieure à 10 mmHg à l’inspiration), turgescence jugulaire.
Conduite à tenir
  • adresser en consultation de cardiologie (ECG + echocardiographie) ;
  • appel du 15, si tamponnade : évacuation de l’épanchement.

2.8 Hypertension artérielle

Définition
hypertension artérielle légère modérée sévère
pression artérielle systolique (mmHg) 140-159 160-179 ≥ 180
ou pression artérielle diastolique (mmHg) 90-99 100-109 ≥ 110


L’hypertension est permanente : chiffres élevés à au moins deux consultations différentes.
Traitement pharmacologique
Monothérapie ou bithérapie, en privilégiant la monoprise (association des faibles doses).
Objectif thérapeutique
PA < 140/90 mmHg
  • Si l’objectif thérapeutique est non atteint malgré l’association de plusieurs classes thérapeutiques il faut adresser le patient à un spécialiste.
Etiologie
95 % des cas sont des HTA essentielles (cf « Néphrologie »).
Urgence hypertensive
A évoquer
céphalées, phosphènes, acouphènes, epistaxis, convulsion, hémorragie méningée, œdème aigu du poumon, douleur thoracique.
Rechercher
prise de la pression artérielle aux deux bras plusieurs fois de suite (PAD > 115 mmHg), et réalisation d’un fond d’œil si possible.
Conduite à tenir
  • repos jusqu’au transfert en centre spécialisé pour mise en route d’antihypertenseurs par voie intraveineuse.

2.9 Syncope d’origine cardiovasculaire

A évoquer
devant toute perte de connaissance brève de quelques secondes à 1 minute, survenue sans prodrome. Si la syncope se prolonge on peut avoir des convulsions avec perte d’urine mais en général pas de morsure de langue. Le pouls est le plus souvent bien frappé et régulier à distance de l’épisode.
Rechercher circonstances de survenue
  • à l’effort : rétrécissement aortique, ou maladie coronaire si douleur avant la syncope, ou une tachycardie ventriculaire si palpitations associées ;
  • avec palpitations : crise de tachycardie paroxystique (Bouveret, trouble du rythme auriculaire, tachycardie ventriculaire) ;
  • lors du passage brusque de la position couché à debout ;
  • aucune circonstance déclenchante : penser au bloc auriculoventriculaire paroxystique +++.
Conduite à tenir
  • adresser le patient en consultation de cardiologie.

2.10 Prophylaxie endocardite

L’antibiothérapie prophylactique doit être appliquée à chaque fois qu’un patient porteur d’une valvulopathie se trouve dans une situation où il y a un risque de bactériémie

Pour qui
  • prothèse valvulaire cardiaque mécanique ou biologique,
  • valvulopathie aortique ou mitrale (y compris prolapsus), communication interventriculaire, coarctation aortique, persistance du canal artériel, cardiopathies congenitales.
Comment
  • interventions dentaires (y compris détartrage) et sur les voies respiratoires :
    dans l’heure précédent les soins : Clamoxyl 3 gr (pristinamycine 1 gr ou clindamycine 600 mg, si allergie à la pénicilline) ;
  • interventions et explorations urinaires et gastrointestinales :
    antibiothérapie (bithérapie) par voie intraveineuse.

2.11 Surveillance anticoagulation des prothèses

  • Les patients porteurs de prothèses valvulaires mécaniques doivent être anticoagulés à vie de manière efficace : INR entre 3 et 4.5.
    Pour les prothèses à ailettes en position aortique chez des sujets en rythme sinusal et sans insuffisance cardiaque : INR entre 2 et 3.
  • Habituellement la surveillance s’effectue toutes les 3 à 4 semaines si le niveau d’anticoagulation est stable. Un contrôle est nécessaire après chaque modification de posologie.
  • Pour toute intervention chirurgicale mais aussi pour des extractions dentaires il faut arrêter les anticoagulants et prendre le relais par l’héparine.

2.12 Associations médicamenteuses à risque

  • Béta-bloquant et vérapamil, amiodarone, diltiazem, digitaliques : risque de troubles conductifs.
  • Diurétiques hypokaliémiants avec médicaments augmentant l’espace QT (le sotalol, l’amiodarone, les quinidiniques, les digitaliques) : risque de torsade de pointe.
  • IEC et AINS chez l’insuffisant cardiaque : risque rénal.
  • Antivitamine-K et phenylbutazone ou miconazole : contre-indications.
  • Antivitamine-K déconseillée avec AINS, ticlopidine, aspirine, latamoxef.

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2.1 - Angor
2.2 - L’infarctus du myocarde
2.3 - Arrêt circulatoire
2.4 - Embolie pulmonaire (EP)
2.5 - Dissection aortique aigüe
2.6 - Insuffisance cardiaque gauche
2.7 - Péricardite
2.8 - Hypertension artérielle
2.9 - Syncope d’origine cardiovasculaire
2.10 - Prophylaxie endocardite
2.11 - Surveillance anticoagulation des prothèses
2.12 - Associations médicamenteuses à risque