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Minimum vital

Table des matières

Avertissement aux lecteurs

1 - Anesthésie

2 - Cardiologie

3 - Dermatologie

4 - Diabétologie

5 - Douleur

6 - Endocrinologie

7 - Gériatrie

8 - Gynécologie

9 - Hématologie

10 - Hépato-gastro-entérologie (chirurgie)

11 - Hépato-gastro-entérologie (médecine)

12 - Maladies infectieuses et tropicales

13 - Maladies parasitaires et fongiques

14 - Néphrologie

15 - Neurologie

16 - Obstétrique

17 - Ophtalmologie

18 - Orthopédie

19 - ORL et chirurgie de la face et du cou

20 - Pédiatrie

21 - Pharmacologie

22 - Pneumologie

23 - Psychiatrie

24 - Réanimation

25 - Rhumatologie

26 - Urologie


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 1 - Anesthésie

 

 

Pour tout renseignement complémentaire, veuillez contacter :

Monsieur CORIAT Pierre
Département d’Anesthésie Réanimation
Pavillon de l’enfant et de l’adolescent
LA SALPETRIERE
Tél. 01 42 16 22 50

1.1 La consultation d’anesthésie

  • est une obligation légale avant tout acte chirurgical ou exploratoire à visée diagnostique ou thérapeutique (endoscopiques sous anesthésie) ;
  • a pour objectif d’évaluer l’aptitude du patient par un interrogatoire et un examen clinique, avec si besoin des examens complémentaires orientés par ces derniers ;
  • permet de prévenir les incidents ou accidents liés à l’anesthésie, d’informer le patient sur les précautions qu’il doit prendre et les risques qu’il encourt, sur la probabilité d’être transfusé, ainsi que sur la technique d’anesthésie la plus appropriée ;
  • doit être consignée par écrit dans le dossier médical avec les conclusions sur les risques, les précautions à prendre et la stratégie anesthésique proposée.

1.2 La prémédication avant un acte chirurgical ou exploratoire a plusieurs objectifs

  • assurer l’anxiolyse du patient pour permettre la réalisation de cet acte dans des conditions optimales ;
  • poursuivre jusqu’à la chirurgie les traitements dont l’arrêt inopiné pourrait entraîner le déséquilibre de la pathologie traitée : bêtabloquants pour hypertension artérielle ou insuffisance coronaire, antiarythmiques, et inhibiteurs calciques pour hypertension artérielle ou insuffisance coronaire, dérivés nitrés ou molsidomine pour insuffisance coronaire, anticomitiaux, antiparkinsoniens, antibiotiques en cas d’infection documentée, immunosuppresseurs (en particulier la ciclosporine), traitements hormonaux de substitution (en particulier une corticothérapie) ;
  • relayer des traitements oraux par des traitements intraveineux de demi-vie courte plus maniables : antivitaminiques K remplacés par l’héparine en cas d’anticoagulation efficace nécessaire, antidiabétiques oraux remplacés par insuline avec perfusion de glucosé en cas de diabète ;
  • arrêter des médicaments pouvant interférer avec les agents anesthésiques ou l’acte chirurgical : inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO) faisant courir le risque d’un collapsus lors de l’anesthésie générale, inhibiteurs de l’enzyme de conversion potentialisant les effets hypotenseurs de l’anesthésie générale ou rachidienne, biguanides faisant courir le risque d’une acidose lactique, antiagrégeants plaquettaires (aspirine, ticlid) dont la durée d’action longue fait courir un risque hémorragique.

1.3 L’anesthésie, quel que soit son type, générale ou locorégionale

  • comporte 3 phases : l’induction ou installation de l’anesthésie, l’entretien de l’anesthésie, le réveil ou la levée de l’anesthésie ;
  • nécessite une surveillance continue du système cardio-vasculaire (fréquence cardiaque, pression artérielle), du système respiratoire (fréquence respiratoire, oxymètre de pouls, CO2 expiré) et de la température en cas d’intervention de longue durée ;
  • nécessite un passage obligé par la salle de surveillance post-interventionnelle après l’acte chirurgical ou exploratoire.

1.4 L’anesthésie générale a 3 composantes

  • la perte de conscience assurée par des agents hypnotiques administrés par voie intraveineuse ou par inhalation, avec nécessité d’une ventilation assistée ou contrôlée en cas de disparition partielle ou totale de la ventilation spontanée ;
  • l’analgésie assurée par les morphiniques ;
  • une myorelaxation éventuelle obtenue par les curares.

1.5 L’anesthésie locorégionale

  • résulte du blocage tronculaire ou médullaire de l’influx nerveux par des anesthésiques locaux bloquant le canal sodique rapide ;
  • entraîne un bloc moteur et sensitif dans le territoire anesthésié ;
  • entraîne des effets hémodynamiques en rapport avec l’importance du blocage du système sympathique et de l’étendue du territoire anesthésié ;
  • peut être associée à une anesthésie générale.

1.6 L’intubation trachéale

  • permet la ventilation artificielle des patients sous anesthésie générale profonde ou nécessitant une curarisation ;
  • prévient le risque d’inhalation bronchique lorsque les réflexes de protection des voies aériennes sont abolis ;
  • peut être difficile en raison de particularités anatomiques ;
  • en cas d’échec peut entraîner un défaut d’oxygénation avec hypoxie voire anoxie cérébrale, elle est la principale cause de morbidité et de mortalité lors de l’induction de l’anesthésie.

1.7 L’anesthésie ambulatoire

  • se définit par la réalisation le même jour de l’acte chirurgical ou exploratoire et le retour à domicile du patient ;
  • est en pleine expansion, notamment pour des raisons économiques ;
  • nécessite surtout une sélection des patients qui doivent être coopérants et doivent pouvoir être surveillés à domicile, avoir des moyens de communication et de transport disponibles et doivent habiter à moins d’une heure de l’hôpital ;
  • obéit aux mêmes règles que l’anesthésie non-ambulatoire (consultation pré-anesthésique, surveillance peropératoire, passage en salle post-interventionnelle) ;
  • nécessite le respect de critères précis pour autoriser la sortie.

1.8 La transfusion sanguine homologue périopératoire

  • nécessite une information préalable du patient lors de la consultation d’anesthésie ;
  • obéit à des règles de sécurité précises (recherche d’agglutinines irrégulières, compatibilité immunologique et contrôle ultime au lit du patient effectué sous la responsabilité du médecin prescripteur, sérologies prétransfusionnelles, suivi post-transfusionnel avec recherche d’anomalies du bilan hépatique) ;
  • doit être dans la mesure du possible réduite par les différentes techniques d’autotransfusion (différée, récupération sanguine per ou postopératoire).

1.9 La douleur postoperatoire

  • est un phénomène délétère tant sur le plan psychique que physiologique (stress avec conséquences cardiaques, respiratoires, digestives et hormonales) ;
  • nécessite une information et une formation des personnels médicaux et paramédicaux ;
  • doit être évaluée au mieux par les patients à l’aide d’indices (échelle visuelle analogique par exemple) et de façon périodique ;
  • doit être prévenue par différentes classes d’agents médicamenteux (morphine et dérivés, analgésiques non morphiniques, anesthésiques locaux) ;
  • doit être traitée.

1.10 L’hyperthermie maligne peranesthésique

  • est une complication possiblement fatale de l’exposition à des agents anesthésiques volatils (halogénés) associés ou non à un curare (succinylcholine) ;
  • résulte d’une augmentation considérable du calcium intramyoplasmique due à une ou plusieurs anomalies d’une protéine couplée au canal calcique du réticulum sarcoplasmique provoquées par certaines anomalies génétiques ;
  • les éléments diagnostiques sont : l’acidose mixte avec une augmentation précoce du CO2 expiré, une hyperthermie, une rigidité musculaire et une rhabdomyolyse ;
  • a une antidote, le dantrolène, dont l’administration intraveineuse précoce augmente les chances de survie.

1.11 Un patient devant subir une intervention chirurgicale doit

  • avoir été vu en consultation d’anesthésie ;
  • être à jeun si la chirurgie est programmée et non urgente ;
  • être prémédiqué ;
  • être surveillé de façon continue au bloc opératoire, en particulier sur le plan cardio-vasculaire et respiratoire (monitorage de la saturation artérielle et du CO2 expiré) ;
  • être admis systématiquement en salle de surveillance post-interventionnelle ;
  • être averti et suivi en cas de transfusion sanguine homologue.

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1.1 - La consultation d’anesthésie
1.2 - Prémédication avant un acte : objectifs
1.3 - L’anesthésie, quel que soit son type, générale ou locorégionale
1.4 - L’anesthésie générale a 3 composantes
1.5 - L’anesthésie locorégionale
1.6 - L’intubation trachéale
1.7 - L’anesthésie ambulatoire
1.8 - La transfusion sanguine homologue périopératoire
1.9 - La douleur postoperatoire
1.10 - L’hyperthermie maligne peranesthésique
1.11 - Un patient devant subir une intervention chirurgicale doit