Site FMPMC
     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 

Sémiologie : neurologie

Table des matières

Objectifs de l’enseignement de sémiologie neurologique

1 - Plan de l’examen neurologique

2 - Sémiologie analytique

3 - Les grands syndromes

4 - Sémiologie cognitive

5 - Les syndromes encéphaliques


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 4 - Sémiologie cognitive

 

4.3 - Fonctions mnésiques

 

4.3.1 Introduction : ce qu’il faut comprendre

4.3.1.1 Définitions

Selon le type d’enregistrement
  • Mémoire à court terme ou mémoire tampon ou mémoire de travail : correspond au stockage labile des données pendant une durée brève (15-20")
  • Mémoire à long terme : stockage définitif des données dans un système à capacité illimitée pendant une durée illimitée.
Selon le type d’information à stocker
  • Mémoire verbale : stockage d’informations préférentiellement verbal, comme pour un texte, sous dominance hémisphérique gauche.
  • Mémoire visuospatiale : stockage ou encodage préférentiellement non verbal comme pour un visage ou une forme, sous dominance hémisphérique droite.

4.3.1.2 Tests cliniques

  • Situation de rappel : on demande au patient de restituer des données (ex. retenir 3 mots citron, clé, ballon), soit sans indice de rappel (rappel libre, quel mots ?), soit avec l’aide d’indices catégoriels. (rappel indicé = c’est un fruit, lequel est-ce ?). On peut faire varier le délai du rappel : immédiat ou différé.
  • Situation de reconnaissance. Après avoir donné une consigne de stocker des données en mémoire, ou demandé au sujet de reconnaître ces données parmi d’autres informations sans rapport (distracteurs) (parmi ces 3 mots, lequel : citron, planche, chemise ?).

4.3.1.3 Définition des grands syndromes et troubles mnésiques (à retenir)

  • Amnésie rétrograde : incapacité à restituer des informations anciennes acquises quand il n’y avait pas encore de troubles de mémoire.
  • Amnésie antérograde : incapacité à acquérir des informations nouvelles, depuis le début des troubles de la mémoire.
  • Amnésie lacunaire : îlot d’amnésie entourant des souvenirs intacts.

4.3.2 Exploration

L’examen d’un patient présentant des troubles mnésiques doit comporter les temps suivants :

Examen du niveau de vigilance
Comme celui des autres fonctions cognitives, le fonctionnement mnésique est perturbé lors des troubles de la vigilance et en particulier lors des confusions mentales.
L’interrogatoire
Temps essentiel de l’examen, il va permettre de préciser :
  • le terrain : latéralisation manuelle, niveau préalable d’études et professionnel, degré d’utilisation des facultés mnésiques ;
  • les antécédents pathologiques : recherche surtout des pathologies neurologiques centrales (accident vasculaire cérébral, traumatismes) ou psychiatriques (dépression, anxiété), toxicomanies (alcool, drogues) ; faire la liste exhaustive de tous les médicaments actuels ou consommés dans la période des 3 mois ayant précédé l’installation des troubles mnésiques ;
  • le mode d’installation et l’évolution des troubles mnésiques : on distinguera entre troubles transitoires ou permanents, d’installation aiguë, subaiguë ou progressive ;
  • la nature des troubles de mémoire, leur caractère isolé ou non ; on distinguera les amnésies pures ou associées, les amnésies globales ou dissociées ;
  • le niveau de plainte mnésique du patient en le comparant à ce que rapportent ses proches et au retentissement des troubles sur la vie quotidienne : une plainte mnésique absente ou faible contrastant avec une perte d’autonomie fait évoquer une pathologie organique. Au contraire, une plainte mnésique majeure contrastant avec une autonomie et un fonctionnement social préservés doit faire évoquer en premier lieu un trouble d’origine psycho-affective (anxiété, dépression).
Examen des appareils sensoriels
Les difficultés de perception (auditive ou visuelle) liées à l’âge sont parfois à la source d’erreurs diagnostiques : on qualifie d’amnésique un patient qui tout simplement n’a pas saisi les données.
Examen du langage et des autres fonctions cognitives
L’évaluation des fonctions mnésiques passe obligatoirement par l’intermédiaire d’autres modalités cognitives (le langage, la vision, les capacités de dessin, etc...). Il est donc indispensable de s’assurer du degré d’intégrité de ces différentes modalités.
Evaluation de différents aspects de la fonction mnésique
L’examen clinique des fonctions mnésiques doit évaluer différents aspects :
  • La mémoire des faits biographiques : la qualité des réponses que donne le patient sur son histoire personnelle, sur sa maladie est un excellent indice de fonctionnement de la mémoire rétrograde. Quand cela est possible, c’est une bonne habitude que d’interroger de façon détaillée un proche sur quelques événements du passé récent (une semaine), semi récent (un mois) et plus reculé (plusieurs années) dont le patient devrait normalement se souvenir. Lors de l’examen du patient, on dispose alors d’un matériel vérifiable d’évaluation de la mémoire biographique.
  • La mémoire des faits récents : il faut apprécier l’orientation dans le temps et dans l’espace, le souvenir de faits publics ou personnels récents.
  • La mémoire des connaissances didactiques et sémantiques : on évalue en questionnant le patient sur des faits de connaissance générale (histoire, géographie), en lui demandant de définir des mots ou des concepts. Les performances sont à interpréter en référence au niveau antérieur présumé du patient.
  • Des épreuves de rappel différé sont utiles pour évaluer la rapidité de l’oubli : il suffit par exemple d’évaluer à intervalles réguliers (1’, 5’, 15’ et 30’) le nombre de mots retenus à partir d’une liste de 3 ou 5 mots.

     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 
4.1 - Parole et langage
4.2 - Comportement et ses troubles
4.3 - Fonctions mnésiques
4.4 - Praxies
4.5 - Gnosies
4.3.1 - Introduction : ce qu’il faut comprendre
4.3.2 - Exploration
4.3.3 - Sémiologie : ce qu’il faut retenir
4.3.1.1 - Définitions
4.3.1.2 - Tests cliniques
4.3.1.3 - Définition des grands syndromes et troubles mnésiques (à retenir)