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Sémiologie : neurologie

Table des matières

Objectifs de l’enseignement de sémiologie neurologique

1 - Plan de l’examen neurologique

2 - Sémiologie analytique

3 - Les grands syndromes

4 - Sémiologie cognitive

5 - Les syndromes encéphaliques


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 3 - Les grands syndromes

 

3.6 - Nerfs crâniens

3.6.3 - Le nerf optique (II) et la vision

 

3.6.3.1 Ce qu’il faut comprendre

Les stimuli lumineux parviennent à la rétine, organe récepteur de la vision (cônes et bâtonnets). La macula ou fovea qui ne comporte que des cônes est une zone très limitée de la rétine, permettant la vision détaillée et la vision des couleurs. Le nerf optique est formé des axones du deuxième neurone qui convergent vers la papille. Le nerf optique émerge du globe oculaire près de son pôle postérieur et traverse la cavité orbitaire et le trou optique, il se termine au chiasma optique. Là, les fibres optiques s’entre-croisent partiellement : ainsi les informations visuelles provenant de l’hémichamp visuel droit se dirigent vers le corps genouillé externe et le cortex occipital gauche, inversement pour les fibres issues de l’hémichamp visuel gauche. Le troisième neurone va ainsi des corps genouillés externes au cortex, formant les radiations optiques qui passent près du bras postérieur de la capsule interne.

3.6.3.2 Exploration

Image voie_opt.jpg
Figure 8 Schéma des principales lésions des voies optiques

Exploration
Acuité visuelle :
œil par œil, on détermine le plus petit objet nettement perçu, soit par lecture d’une échelle placée à 5 mètres, soit par lecture de l’échelle de Parinaud.
Champ visuel :
(Voir figure 8) : il peut s’étudier « au doigt », en demandant au sujet de fixer le nez de l’examinateur et de dire quand il voit apparaitre le doigt de l’examinateur, qui part d’une position externe et se rapproche progressivement de son nez ; l’ensemble du champ visuel est ainsi exploré, la perception du doigt de l’examinateur servant de référence. De façon plus précise le champ visuel peut être déterminé en ophtalmologie avec l’appareil de Goldman.
Sémiologie
On étudie l’acuité visuelle et le champ visuel.
  • La baisse de l’acuité visuelle. Elle se définit comme une définition des capacités visuelles discriminatives. Elle peut être occasionnée par divers mécanismes :
    • Une atteinte du globe oculaire (traumatisme, décollement de rétine, cataracte, troubles de la réfraction)
    • Une atteinte neurologique des voies visuelles (du nerf optique aux voies visuelles centrales).
  • Les altérations du champ visuel : le champ visuel d’un œil est l’espace perçu lorsque le sujet fixe un point précis.
    Il peut être étudié au lit du malade grâce aux doigts de l’examinateur ou par des boules colorées, présentées dans différents secteurs du champs visuel.
    Il est souvent utile de compléter l’examen par une étude campimétrique en milieu spécialisé (appareil de Goldmann) et par l’examen ophalmologique du fond d’œil (fait par un apareil spécial qui permet de voir notamment la papille et une partie du champs rétinien).

3.6.3.3 La sémiologie (à retenir)

  • Le scotome, lacune du champ visuel d’un ou des deux yeux, central ou périphérique. Il correspond à une lésion de la rétine ou du nerf optique, de toute façon à une lésion pré-chiasmatique.
  • Le rétrécissement concentrique du champ visuel est souvent anorganique.
  • Les hémianopsies (voir figure 8) : il s’agit de la perte de la vision dans la moitié du champ visuel. C’est donc un déficit visuel bilatéral supprimant tout ou partie d’un hémichamp. Malgré l’importance parfois du déficit, l’acuité visuelle n’est pas altérée, ce qui implique qu’on doit la chercher attentivement, elle peut en effet être méconnue du patient.
    • Les hémianopsies altitudinales sont rares, elles sont alors dues à des lésions corticales occipitales ou des radiations optiques.
    • Les hémianopsies bi-temporales : pour chaque œil, le secteur temporal du champ visuel est amputé, il s’agit le plus souvent d’une atteinte chiasmatique (tumeur hypophysaire).
    • Les hémianopsies latérales homonymes intéressent les hémichamps correspondants : champ temporal de l’œil droit et nasal de l’œil gauche dans les hémianopsies latérales homonymes droites ; champ temporal de l’œil gauche et nasal de l’œil droit dans les hémianopsies latérales homonymes gauches. Elles traduisent toujours une lésion rétro-chiasmatique des voies optiques (souvent hémisphériques). La lésion est toujours du côté opposé à l’hémianopsie.
    • Les quadranopsies sont en fait des hémianopsies en quadrant supérieur ou inférieur, ayant les mêmes significations que ces dernières.

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3.1 - Syndromes moteurs périphériques
3.2 - Syndrome moteur central
3.3 - Troubles de l’équilibre
3.4 - Syndromes sensitifs
3.5 - Sémiologie sphinctérienne
3.6 - Nerfs crâniens
3.6.1 - Introduction
3.6.2 - Le nerf olfactif (I)
3.6.3 - Le nerf optique (II) et la vision
3.6.4 - Oculomotricité, nerfs III, IV et VI
3.6.5 - Le nerf trijumeau (V)
3.6.6 - Le nerf facial (VII)
3.6.7 - Le nerf auditif (VIII)
3.6.8 - Le nerf glosso-pharyngien (IX)
3.6.9 - Le nerf pneumogastrique (X)
3.6.10 - Le nerf spinal (XI)
3.6.11 - Le nerf grand hypoglosse (XII)
3.6.3.1 - Ce qu’il faut comprendre
3.6.3.2 - Exploration
3.6.3.3 - La sémiologie (à retenir)