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Sémiologie : neurologie

Table des matières

Objectifs de l’enseignement de sémiologie neurologique

1 - Plan de l’examen neurologique

2 - Sémiologie analytique

3 - Les grands syndromes

4 - Sémiologie cognitive

5 - Les syndromes encéphaliques


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 3 - Les grands syndromes

 

3.4 - Syndromes sensitifs

 

3.4.1 Introduction

L’analyse des syndromes sensitifs a pour but de déterminer le siège des lésions responsables (diagnostic topographique) au moyen de la description des modalités sensitives atteintes et de la topographie des troubles cliniques.

3.4.2 Syndromes médullaires (à savoir)

Selon le siège de la lésion anatomique (voir figure 3), on décrit différents syndromes :

3.4.2.1 Le syndrome cordonnal postérieur

Il est défini par l’atteinte des cordons postérieurs. Le syndrome sensitif est homolatéral à la lésion médullaire, souvent bilatérale. Les symptômes sensitifs sont souvent au premier plan, paresthésies intenses, à prédominance distale ou étendues. Les douleurs cordonnales postérieures réalisent des sensations de striction, d’étau ou plus profondes, « térébrantes ». Le signe de Lhermitte est considéré comme caractéristique de ce type d’atteinte : la flexion du cou sur le thorax provoque une sensation de courant électrique parcourant le rachis et les membres

Les signes sensitifs objectifs : le déficit sensitif est unilatéral (dans les lésions unilatérales), sous-lésionnel et dissocié : il intéresse la sensibilité dite « profonde » ou proprioceptive, respectant la sensibilité thermo-algique.

Selon le siège de la lésion, on peut observer une hémi-ataxie homolatérale à la lésion (lésion cervicale), soit un déficit proprioceptif d’un membre inférieur (en cas de lésion dorsale). Le niveau supérieur du déficit sensitif doit être précisé et reporté sur un schéma.

La lésion cordonnale postérieure est souvent associée à une atteinte radiculaire : syndrome radiculo-cordonnal postérieur, s’y associent : des signes d’atteinte radiculaire, l’abolition des réflexes concernés, parfois des douleurs fulgurantes et des troubles trophiques comme dans le tabès.

3.4.2.2 Le syndrome de Brown-Sequard, ou syndrome de l’hémi-moelle

Il est dû à une lésion d’une hémi-moelle latérale. Les signes neurologiques situés en dessous de la lésion associent un syndrome pyramidal et un syndrome cordonnal postérieur homolatéral à la lésion. Il existe un syndrome spinothalamique controlatéral à la lésion, par atteinte des faisceaux spinothalamiques (sensibilité thermo-algique) dans les cordons antéro-latéraux de la moelle. Le déficit concerne donc la sensibilité thermique et douloureuse et respecte la sensibilité proprioceptive.

3.4.2.3 Le syndrome spino-thalamique

Le déficit sensitif est :

  • sous-lésionnel
  • controlatéral à la lésion médullaire
  • dissocié de type extra-lemniscal (touchant les sensibilités thermique et douloureuse, épargnant les sensibilités tactile et discriminative).

Le syndrome spino-thalamique entre généralement dans la constitution du syndrome de Brown-Sequard.

3.4.2.4 Le syndrome de compression médullaire

La sémiologie dépend du niveau de l’atteinte et du mode d’installation. Dans les formes lentes, on note un syndrome lésionnel et sous lésionnel : le syndrome lésionnel résulte de la compression de la ou les racines correspondant au niveau lésionnel. Il s’agit donc d’une atteinte radiculaire uni ou bilatérale, plus ou moins étendue, indiquant le niveau de compression. Le syndrome sous lésionnel est dominé par le syndrome pyramidal bilatéral entraînant une paraparésie ou paraplégie spasmodique. On note aussi des troubles sensitifs à limite supérieure nette et des troubles sphinctériens.

3.4.2.5 Le syndrome centro-médullaire, syndrome syringomyélique

La lésion centro-médullaire, généralement une fente syringomyélique, interrompt les voies spinothalamiques qui décussent dans la moelle. Il existe donc un déficit sensitif suspendu thermo-algique respectant la sensibilité proprioceptive. On observe aussi une atteinte des faisceaux pyramidaux et surtout une atteinte des cornes antérieures de la moelle provoquant une amyotrophie progressive du territoire correspondant.

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3.1 - Syndromes moteurs périphériques
3.2 - Syndrome moteur central
3.3 - Troubles de l’équilibre
3.4 - Syndromes sensitifs
3.5 - Sémiologie sphinctérienne
3.6 - Nerfs crâniens
3.4.1 - Introduction
3.4.2 - Syndromes médullaires (à savoir)
3.4.3 - Syndromes périphériques
3.4.4 - Syndromes hémisphériques (à retenir)
3.4.2.1 - Le syndrome cordonnal postérieur
3.4.2.2 - Le syndrome de Brown-Sequard, ou syndrome de l’hémi-moelle
3.4.2.3 - Le syndrome spino-thalamique
3.4.2.4 - Le syndrome de compression médullaire
3.4.2.5 - Le syndrome centro-médullaire, syndrome syringomyélique