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Sémiologie : neurologie

Table des matières

Objectifs de l’enseignement de sémiologie neurologique

1 - Plan de l’examen neurologique

2 - Sémiologie analytique

3 - Les grands syndromes

4 - Sémiologie cognitive

5 - Les syndromes encéphaliques


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 3 - Les grands syndromes

 

3.2 - Syndrome moteur central

 

3.2.1 Introduction

L’atteinte de la voie pyramidale entraîne un trouble de la commande motrice associée une hypertonie spastique et une modification des réflexes tendineux et cutanés. Le faisceau pyramidal nait du cortex frontal où il est organisé de façon somatotopique. La représentation du corps est proportionnelle, de telle façon que les parties les plus importantes fonctionnellement sont les plus étendues. Le faisceau se rassemble dans le centre ovale, puis gagne la capsule interne, le pied du pédoncule cérébral, décusse à la partie basse des pyramides bulbaires et descend ensuite dans les cordons antéro-latéraux de la moelle.

3.2.2 Syndrome pyramidal

3.2.2.1 Les troubles de la commande motrice

Au maximum les troubles de la commande motrice peuvent entraîner une impossibilité totale de toute mobilisation. Cependant le plus souvent la force musculaire est conservée ou peu altérée, mais les gestes sont malhabiles et les mouvements fins distaux difficiles ou impossibles à effectuer.

Le trouble moteur a ainsi une répartition particulière, à la face il prédomine sur les muscles de la partie inférieure du visage. Aux membres, le trouble moteur peut être global ou partiel, il prédomine distalement et sur les muscles raccourcisseurs aux membres inférieurs, il épargne les muscles axiaux et les muscles du cou.

Le déficit moteur est surtout apparent dans les activités volontaires et tend à s’atténuer ou disparaître dans les activités spontanées : au visage la paralysie faciale est nette et marquée dans la grimace volontaire et disparaît dans le sourire spontané : c’est la dissociation automatico-volontaire.

Il existe aussi des syncinésies : ce sont des mouvements involontaires de groupes musculaires à distance ou à proximité du mouvement volontaire effectué.

3.2.2.2 Les modifications du tonus

L’hypertonie spastique se manifeste lors de la mobilisation passive par une contraction réflexe du muscle étiré qui s’oppose à l’étirement. Cette contraction se voit et se palpe. Elle apparaît à partir d’un certain angle, elle augmente ensuite selon la vitesse et l’importance de l’étirement : elles est dite « élastique ». L’hypertonie spastique est aussi particulière par sa répartition : elle prédomine sur les muscles « allongeurs » aux membres inférieurs et sur les fléchisseurs aux membres supérieurs. Elle se renforce à l’effort et à la fatigue. Elle entraîne des troubles de la marche caractérisés par une démarche en fauchant, lorsque l’atteinte pyramidale est unilatérale.

3.2.2.3 Les troubles des réflexes tendineux

Les réflexes tendineux sont exagérés, il existe un signe de Babinski, une abolition des réflexes abdominaux et une exagération des réflexes de défense.

Il faut en rapprocher le clonus de la rotule et du pied.

3.2.2.4 Regroupement syndromique

  • Hémiplégie ou hémiparésie : les membres supérieurs et inférieurs, d’un même côté, sont affectés ainsi que la face. L’hémiplégie correspond à une paralysie totale et l’hémiparésie à une paralysie incomplète.
  • Hémiplégie proportionnelle : égale sur tout l’hémicorps
  • Hémiplégie brachio-faciale
  • Monoparésie ou monoplégie : atteinte d’un membre (monoplégie crurale d’un accident ischémique dans le territoire de l’artère cérébrale antérieure).
  • Paraparésie ou paraplégie : atteinte des deux membres inférieurs, par atteinte centrale (moelle) ou nerveuse périphérique.
  • Quadriparésie ou quadriplégie : atteinte des quatre membres : centrale (compression médullaire cervicale), périphérique (polyradiculonévrite aiguë).

3.2.2.5 Topographie des atteintes pyramidales

  • L’atteinte corticale provoque une hémiplégie partielle controlatérale, non proportionnelle.
  • L’atteinte au niveau de la capsule interne provoque une hémiplégie massive, complète et proportionnelle.
  • Les atteintes des voies pyramidales dans le tronc cérébral dépendent du niveau : syndromes alternes (paralysies directes des nerfs crâniens et hémiplégie controlatérale), si la lésion siège au dessus du noyau du facial l’hémiplégie est globale, elle respecte la face si la lésion siège au dessous du noyau du facial.

Le syndrome pseudobuldaire est la conséquence d’une atteinte bilatérale des voies pyramidales. Il entraîne une spasticité et une parésie ou paralysie des muscles de l’extrémité céphalique avec pour conséquence des troubles de la phonation et de la déglutition et une diplégie faciale inférieure. Il existe un rire et pleurer spasmodique, des troubles de la marche (à petits pas) et des troubles sphinctériens. Le « rire et pleurer spasmodiques » n’existe jamais de façon isolée dans le cadre d’un syndrome pseudo-bulbaire et peut manquer sans que le diagnostic ne soit remis en cause.

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3.1 - Syndromes moteurs périphériques
3.2 - Syndrome moteur central
3.3 - Troubles de l’équilibre
3.4 - Syndromes sensitifs
3.5 - Sémiologie sphinctérienne
3.6 - Nerfs crâniens
3.2.1 - Introduction
3.2.2 - Syndrome pyramidal
3.2.3 - Syndrome extrapyramidal
3.2.4 - Mouvements anormaux (à retenir)
3.2.2.1 - Les troubles de la commande motrice
3.2.2.2 - Les modifications du tonus
3.2.2.3 - Les troubles des réflexes tendineux
3.2.2.4 - Regroupement syndromique
3.2.2.5 - Topographie des atteintes pyramidales