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Sémiologie : neurologie

Table des matières

Objectifs de l’enseignement de sémiologie neurologique

1 - Plan de l’examen neurologique

2 - Sémiologie analytique

3 - Les grands syndromes

4 - Sémiologie cognitive

5 - Les syndromes encéphaliques


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traduction HTML V2.7
V. Morice


Chapitre 2 - Sémiologie analytique

 

2.2 - Sensibilité

2.2.1 - Introduction

 

L’analyse des troubles sensitifs a pour but :

  • De déterminer quelles sont les modalités sensitives atteintes ;
  • De préciser la topographie des troubles cliniques ;
  • Puis, en référence aux données anatomiques de l’organisation des fibres afférentes et de leur trajet dans le système nerveux central, de déterminer le siège de la lésion.

2.2.1.1 Données anatomo-physiologiques ayant des implications cliniques

  1. Les messages sensitifs sont codés dès la périphérie par l’activation de récepteurs de natures différentes (terminaisons différenciées ou libres) et véhiculés par des fibres rapides, myélinisées, de gros calibre (sensibilités tactile et proprioceptive) ou par des fibres fines, plus lentes, myélinisées ou non (sensibilités thermique et « douloureuse »). Leur groupement forme le système nerveux périphérique.
  2. Les rameaux nerveux sous-cutanés sont purement sensitifs, mais les troncs nerveux plus profonds sont mixtes (associés aux fibres motrices efférentes).
  3. Les fibres sensitives afférentes se groupent dans les racines postérieures et, à ce niveau, les premiers neurones sensitifs sont situés dans les ganglions rachidiens. Un dermatome correspond à la région cutanée innervée par les fibres sensitives qui empruntent la même racine.

En pathologie humaine, le zona est caractérisé par l’atteinte élective d’une ou plusieurs racines postérieures. La distribution de l’éruption vésiculaire puis les cicatrices anesthésiques objectivent très exactement la topographie du ou des dermatomes correspondant à l’atteinte uni- ou pluri-radiculaire. Les dermatomes affectent une topographie stratifiée. Cependant, en cas de section d’une racine, la zone anesthésiée est toujours moins étendue que la zone d’innervation réelle. En effet, les racines sus et sous-jacentes assurent l’innervation dans la zone de la racine détruite. C’est ce que l’on appelle le chevauchement qui est aussi observé en cas de lésions tronculaires.

Au niveau du tronc et des membres, on compte autant de dermatomes que de vertèbres et de segments du sacrum et du coccyx : l’ensemble a donc une signification métamérique maintenue au cours du développement de l’embryon. Les dermatomes dessinent des bandes circulaires autour du thorax et de l’abdomen, des bandes longitudinales le long des membres (voir figures 1 et 2).

Image territoir_ant_400.jpg
Figure 1 Schéma de la sensibilité (distribution métamérique radiculaire)

Image territoire_dorsal.jpg
Figure 2 Schéma de la sensibilité (distribution métamérique radiculaire)

2.2.1.2 Organisation médullaire

Image moelle450.jpg
Figure 3 Schématisation de la moelle

Après leur pénétration dans la moelle, les fibres des racines postérieures vont former deux voies différentes (voir figure 3) :

  • la voie cordonnale postérieure. Les afférences véhiculant la sensibilité tactile et la sensibilité proprioceptive gagnent sans relais médullaire la partie dorsale de la moelle homolatérale. Elles forment les faisceaux de Goll et Burdach dont les fibres ont une somatotopie précise.
  • la voie antéro-latérale. Les afférences de fin calibre véhiculant principalement les sensibilités thermique et algique relaient sur les neurones de la corne dorsale de la moelle. Leurs axones croisent la ligne médiane en avant du canal épendymaire, en oblique vers le haut sur trois métamères, puis montent dans le cordon antéro-latéral controlatéral formant le faisceau spino-thalamique.

2.2.1.3 Organisation supramédullaire

Les faisceaux de Goll et Burdach restent homolatéraux jusqu’au premier relais sur les noyaux bulbaires. Les axones des deuxièmes neurones croisent la ligne médiane pour former le ruban de Reil, médian dans le tronc cérébral, et gagner le thalamus (noyau ventro-latéral postérieur ou VPL). Les axones des troisièmes neurones se projettent sur le cortex pariétal primaire (aire pariétale ascendante) et associatif. Il existe une somatotopie corticale sensitive analogue à la somatotopie de l’aire motrice.

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2.1 - Motricité et Réflexes
2.2 - Sensibilité
2.3 - Coordination
2.2.1 - Introduction
2.2.2 - Ce qu’il faut savoir
2.2.3 - Ce qu’il faut retenir
2.2.1.1 - Données anatomo-physiologiques ayant des implications cliniques
2.2.1.2 - Organisation médullaire
2.2.1.3 - Organisation supramédullaire