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Sémiologie : neurologie

Table des matières

Objectifs de l’enseignement de sémiologie neurologique

1 - Plan de l’examen neurologique

2 - Sémiologie analytique

3 - Les grands syndromes

4 - Sémiologie cognitive

5 - Les syndromes encéphaliques


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 2 - Sémiologie analytique

 

2.2 - Sensibilité

 

2.2.2 Ce qu’il faut savoir

Deux ordres de troubles traduisent les perturbations de la sensibilité : les troubles subjectifs, c’est à dire ceux ressentis par le patient, et les anomalies objectives qui sont observées au cours de l’examen clinique.

On comprend ainsi la difficulté du recueil des symptômes sensitifs, nécessitant une bonne compréhension, et pour l’examen clinique, une bonne coopération du patient.

2.2.3 Ce qu’il faut retenir

2.2.3.1 L’interrogatoire

Il permet de préciser le mode d’installation, l’ancienneté, la topographie, la nature et les circonstances déclenchantes des troubles sensitifs : symptômes permanents ou intermittents, recrudescences paroxystiques, durée et qualité des troubles.

  • Les douleurs traduisent toujours une atteinte des voies sensitives.
  • Les douleurs radiculaires sont caractérisées par leur trajet correspondant au territoire de la racine intéressée. Les circonstances de déclenchement ou d’exacerbation caractérisent encore ce type de douleur. Enfin le caractère mécanique (douleur cédant au repos) traduit habituellement la souffrance radiculaire par conflit discal.
  • La névralgie est définie par le siège de la douleur sur le trajet d’un tronc nerveux. Elle peut être continue, ou intermittente avec paroxysmes, ou encore fulgurante (survenant par accès hyper-algiques).
  • L’hyperpathie définit une souffrance plus étendue que la zone stimulée, plus prolongée que la stimulation et parfois déclenchée par des stimuli indolores.
  • L’hyperesthésie est définie par une douleur provoquée par un simple effleurement du segment douloureux.
  • Les paresthésies sont des sensations anormales de survenue spontanée. Elles sont décrites de façon variable selon les individus : picotements, fourmillements, plus rarement sensation de chaud et froid. Habituellement elles sont décrites comme peu ou pas désagréables, mais peuvent être parfois ressenties de façon douloureuse (comme les paresthésies à type de brûlures, les causalgies). Elles traduisent généralement l’atteinte des fibres myélinisées de gros diamètre, soit centrales soit périphériques.
  • Les dysesthésies correspondent aux mêmes types de sensation mais déclenchées par l’attouchement ou le frottement des zones intéressées.

Il est souvent plus difficile de faire préciser par le patient l’existence d’un déficit de la sensibilité :

  • Déficit de la sensibilité proprioceptive : troubles de l’équilibre apparaissant ou aggravés dans l’obscurité. Ou bien difficulté à reconnaître les objets dans la main.
  • Déficit des sensibilités tactiles et proprioceptives par la sensation de marcher sur du coton, du gravier.
  • Déficit des sensibilités thermo-algiques par l’absence de douleur à la brûlure ou la difficulté à différencier l’eau froide de l’eau chaude.

2.2.3.2 L’examen de la sensibilité

Il dépend de la coopération du patient, les erreurs peuvent naître d’un examen trop long. La topographie du déficit sensitif sera reportée sur un schéma (voir figures 1 et 2).

Sensibilité cutanée
  • Sensibilité tactile : le tact s’explore à l’aide d’un coton effleurant la peau.
  • Sensibilité thermique : elle est explorée à l’aide de tubes chauds et froids.
  • Sensibilité douloureuse : elle est étudiée à l’aide d’une piqûre d’épingle.
Sensibilité proprioceptive :
Etude du sens de position et de mobilisation des segments de membres (par exemple position des orteils).
  • La pallesthésie est l’étude de la perception du diapason appliqué sur des surfaces osseuses.
  • L’ataxie proprioceptive se recherche en demandant au sujet de se tenir debout, de marcher avant et pendant l’occlusion des yeux qui aggrave toujours les troubles proprioceptifs ; il en est de même des gestes plus finalisés (mettre l’index sur le nez, le talon sur le genou).
  • La reconnaissance des objets placés dans la main relève d’une activité plus complexe qui met en jeu plusieurs types de sensibilité. L’astéréognosie est définie comme l’impossibilité de reconnaître les objets ; elle est le plus souvent due à des lésions cérébrales pariétales controlatérales.

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2.1 - Motricité et Réflexes
2.2 - Sensibilité
2.3 - Coordination
2.2.1 - Introduction
2.2.2 - Ce qu’il faut savoir
2.2.3 - Ce qu’il faut retenir
2.2.3.1 - L’interrogatoire
2.2.3.2 - L’examen de la sensibilité