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Sémiologie : neurologie

Table des matières

Objectifs de l’enseignement de sémiologie neurologique

1 - Plan de l’examen neurologique

2 - Sémiologie analytique

3 - Les grands syndromes

4 - Sémiologie cognitive

5 - Les syndromes encéphaliques


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 1 - Plan de l’examen neurologique

 

 

La sémiologie neurologique est l’étude des symptômes et des signes des maladies conséquences des lésions du système nerveux. Les symptômes (ou signes fonctionnels) sont les manifestations pathologiques ressenties par le malade. Ils sont recueillis par l’interrogatoire du malade et/ou de son entourage. Les signes (ou signes physiques) sont constatés par le médecin lors de l’examen clinique.

Le système nerveux est organisé en afférences sensitives et sensorielles qui recueillent et véhiculent les informations sur l’environnement et sa perception par l’organisme, en centres qui interprètent et traitent les messages reçus, en efférences motrices ou végétatives qui véhiculent les réponses jusqu’aux organes cibles. L’organisation du système nerveux est précise et hiérarchisée. On distingue deux parties : le système nerveux central (cerveau, cervelet, tronc cérébral, moelle) et le système nerveux périphérique (nerfs, plexus, racines).

Chacune des grandes fonctions neurologiques (sensibilité, chacun des cinq sens, motricité, langage, fonctions intellectuelles, fonctions viscérales telle la miction) peut être étudiée par l’analyse des symptômes et des signes. La neurophysiologie étudie le fonctionnement normal, la neurologie étudie la pathologie. Cette dernière regroupe un grand nombre d’affections qui sont soit localisées dans un endroit du système nerveux soit diffuses.

La sémiologie permet une approche précise de la localisation des lésions neurologiques responsables des symptômes et signes recueillis par l’examen clinique : présentation générale, marche, motricité, coordination, langage, comportement... C’est le diagnostic topographique. Les explorations complémentaires (radiographies diverses, électrophysiologie...) sont d’une contribution essentielle pour le confirmer. Une fois la topographie reconnue et souvent de façon simultanée, le regroupement particulier des signes et symptômes permet de trouver (ou de suspecter) le mécanisme lésionnel et/ou la cause de la maladie, de mettre en œuvre, là encore, les explorations complémentaires pour la confirmation, et ensuite les mesures thérapeutiques (bien sûr l’urgence d’une situation peut bousculer la progression logique du diagnostic) :

  • diagnostic positif de l’atteinte du système nerveux. Certains signes ont une valeur absolue : abolition de réflexe ostéo-tendineux, signe de Babinski ; on les dit pathognomoniques de lésions respectivement du système nerveux périphérique et du faisceau pyramidal ; ils sont absents en cas de trouble d’origine psychique (non organicité).
  • diagnostic topographique du siège et du mécanisme de la lésion
  • diagnostic étiologique : c’est la recherche de la cause
  • diagnostic différentiel : ce que n’est pas le tableau clinique présenté.

Le système nerveux peut être frappé par les processus pathologiques qui touchent les autres organes, tels que :

  • traumatismes
  • troubles circulatoires
  • prolifération cellulaire tumorale
  • atrophie et dégénérescence
  • malformation
  • infection
  • perturbation métabolique
  • désordre immunologique, etc.

L’identification clinique d’un des mécanismes précédents est le fruit de l’interrogatoire du patient et de son entourage (si la vigilance et/ou le degré de coopération sont insuffisants).

Deux notions très simples sont déterminantes :

  • le traumatisme est raconté par l’intéressé ou les témoins ;
  • le trouble circulatoire d’origine artérielle est d’installation soudaine, et, pour être plus précis, instantanée ou en quelques minutes ;
  • les proliférations tumorales qui envahissent ou compriment sont d’évolution lente vers l’aggravation régulière ;
  • les processus atrophiques sont d’évolution extrêmement lente et donc de début imprécis, perdu dans le passé ;
  • les perturbations métaboliques intéressent dans son ensemble le système nerveux central ou périphérique, ou les deux, et évoluent de façon progressive et fluctuante ;
  • les lésions congénitales sont constatées dans la petite enfance et non évolutives par la suite.

Il en résulte que l’interrogatoire devra préciser exactement le premier symptôme ; s’il y en a eu d’autres apparus ensuite, ou si tout était constitué d’emblée ; s’il y a eu accentuation de l’intensité des phénomènes ; s’il y a eu régression d’intensité ou de qualité des troubles ; s’ils sont variables d’un jour à l’autre ; s’ils sont permanents ou intermittents et en précisant alors de quelle durée. Dans cette histoire évolutive la consultation peut avoir lieu dès les premières heures, après quelques jours ou mois : il faut préciser l’évolution des troubles durant cette phase de temps ; il y aura des hospitalisations qui auront pour seul dessein d’essayer de savoir ce qu’il en est exactement de l’évolutivité des troubles. Il faudra interroger sur les circonstances qui sont contemporaines à plus ou moins court terme, en sachant que les malades imputent facilement les troubles à un événement et en oublient d’autres : l’imputabilité des troubles à tel ou tel facteur est à discuter.

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