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Neuro-pathologie

Sommaire

1 - Pathologie musculaire

2 - Pathologie du Nerf Périphérique

3 - Examen électromyographique et étude de la conduction nerveuse

4 - Sclérose en plaques et principaux diagnostics différentiels

Références


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 3 - Examen électromyographique et étude de la conduction nerveuse

 

3.1 - Sémiologie électrophysiologique élémentaire

3.1.1 - Étude de la conduction motrice

 

Le principe est d’enregistrer un muscle par des électrodes de surface et de stimuler le nerf afférent en plusieurs points, d’abord un point distal, puis des points de plus en plus proximaux en remontant le long du trajet nerveux. On analyse et on compare les réponses motrices successives.

3.1.1.1 Étude de la conduction motrice distale

Stimuler le nerf dans sa partie distale, à proximité du muscle, provoque normalement une réponse motrice de faible latence, de l’ordre de 3-4 ms (latence distale), et de bonne amplitude, de l’ordre de 7 à 15 mV (amplitude distale). Si les conditions techniques sont bien remplies, on peut accorder une grande valeur sémiologique aux anomalies de ces paramètres. En première analyse, la mesure de l’amplitude permet d’évaluer le nombre de fibres nerveuses fonctionnelles dans le nerf :

  • Une réduction d’amplitude distale traduit le plus souvent une réduction du nombre de fibres nerveuses motrices fonctionnelles dans la partie distale du tronc nerveux :
    • par atteinte du nerf entre le point de stimulation distal et le muscle,
    • ou du fait d’une atteinte plus proximale ou plus diffuse, avec dégénérescence de la partie distale des axones du nerf.
  • Un allongement de latence distale témoigne en général d’un ralentissement de la conduction motrice dans la partie distale du tronc nerveux, du fait le plus souvent d’un processus de démyélinisation entre le point de stimulation distal et le muscle.

3.1.1.2 Étude de la conduction motrice étagée

En gardant les mêmes conditions d’enregistrement, on enregistre une nouvelle réponse motrice en déplaçant la stimulation en un point plus proximal du trajet nerveux. La comparaison de cette réponse à la réponse motrice distale permet d’étudier spécifiquement l’état de la conduction dans le segment nerveux correspondant.

Normalement, la réponse à la stimulation proximale a la même forme et la même amplitude que la réponse distale (variation d’amplitude proximal/distal inférieure à 20 %). Elle survient avec une latence plus longue. En rapportant la différence des latences à la distance qui sépare les deux points de stimulation, on calcule une vitesse de conduction motrice (VCM) de l’ordre de 50 à 60 m/s aux membres supérieurs, 45 à 55 m/s aux membres inférieurs. Elle mesure la vitesse de conduction des fibres nerveuses motrices les plus rapides du nerf dans le segment considéré.

  • Une réduction d’amplitude proximal/distal traduit une altération de la conduction motrice dans le segment nerveux considéré, que ce soit par bloc de conduction (certaines fibres fonctionnelles en distal ne conduisent pas les potentiels d’action à travers le segment considéré) ou par dispersion temporelle (certaines fibres conduisent moins vite, ce qui aboutit à une désynchronisation de la réponse et une perte d’amplitude).
  • Une diminution de la VCM segmentaire est le fait :
    • soit d’un ralentissement de la conduction des fibres motrices (par démyélinisation),
    • soit d’une dégénérescence axonale portant sur les fibres rapides du nerf (on mesure alors la vitesse de conduction des fibres restantes du nerf).

    En général les processus de démyélinisation se traduisent par des VCM très basses (de l’ordre de 10 à 35 m/s), plus faibles que dans les atteintes axonales (VCM de l’ordre de 35 à 40 m/s).

En déplaçant la stimulation vers la racine du membre, les mêmes principes permettent d’étudier de proche en proche la conduction des segments plus proximaux du nerf étudié. On peut ainsi localiser un site de lésion par l’endroit des altérations de conduction maximales.

En déplaçant les électrodes sur d’autres nerfs, selon la pathologie recherchée, on précise l’étendue et la topographie des altérations fonctionnelles.

En résumé
Une démyélinisation se traduit par les signes suivants :
  • diminution marquée des VCM et/ou allongement des latences distales,
  • réduction plus modérée des amplitudes distales, cette conservation relative traduisant l’intégrité anatomique d’un nombre conséquent d’axones,
  • éventuellement présence de blocs de conduction ou de zones de dispersion temporelle.
Une atteinte ou une dégénérescence axonale se traduit :
  • essentiellement par une réduction des amplitudes distales,
  • accessoirement par une diminution minime des VCM, en rapport avec la perte d’axones rapides.

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3.1 - Sémiologie électrophysiologique élémentaire
3.2 - Principaux syndromes électrophysiologiques d’atteinte des nerfs et des muscles
3.1.1 - Étude de la conduction motrice
3.1.2 - Étude de la conduction proximale
3.1.3 - Étude de la conduction sensitive
3.1.4 - Étude de la transmission neuromusculaire
3.1.5 - Examen électromyographique proprement dit (EMG)
3.1.1.1 - Étude de la conduction motrice distale
3.1.1.2 - Étude de la conduction motrice étagée