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1.2 - Démarche diagnostique
1.2.2 - Réunir les éléments cliniques et paracliniques pour parvenir au diagnostic étiologique
1.2.2.1 - Diagnostic des principales affections musculaires
- Affections musculaires à début néonatal
- expression clinique
- hypotonie néonatale
- démarche diagnostique
- antécédents familiaux, biopsie musculaire, EMG, cardiomyopathie, contexte métabolique (acidose lactique, acidurie organique), enquête génétique : expansion de triplets CTG, délétion gène SMN, autres
- principales entités
- myopathies congénitales : biopsie : bâtonnets, central core, multi-minicore, myotubulaire, centronucléaire, autres
- dystrophies musculaires congénitales avec ou sans déficit en mérosine
- steinert néonatal (expansion de triplets CTG)
- affections métaboliques : anomalies de la chaîne respiratoire, de l’oxydation des graisses, déficit en maltase acide
- amyotrophie spinale infantile (délétion gène SMN)
- cas particulier des formes légères de myopathies congénitales diagnostiquées à l’âge adulte
- Déficit musculaire proximal lentement progressif, héréditaire
- diagnostic
- transmission, répartition du déficit, myotonie, distribution des rétractions, cardiopathie, biopsie : formule dystrophique, anomalies de la dystrophine, des sarcoglycanes, étude génétique
- principales entités
- autosomique dominante
- myopathie facioscapulohumérale : face, ceinture scapulaire, atteinte asymétrique ; délétion 4q35
- Steinert : face, déficit distal, myotonie, cataracte, bloc de conduction cardiaque ; expansion CTG
- récessive liée à l’X (garçon atteint, mère transmettrice)
- Duchenne (précoce et sévère)
- Becker (plus tardive et moins sévère)
en commun : pas d’atteinte faciale, gros mollets, cardiopathie, déficit musculaire en dystrophine, délétion gène de la dystrophine (2/3 des cas)- autosomique récessive
- calpaïnopathies : anomalies de la calpaïne en western-blot, mutations du géne (Chr 15q)
- sarcoglycanopathies (déficit membranaire de l’expression des sarcoglycanes, génétique)
- dysferlinopathies (génétique : localisation 2p13)
- Déficit musculaire distal lentement progressif, héréditaire
- myopathies distales : récessives, précoces : Miyoshi (dystrophique), Nonaka (vacuoles) ; dominantes, tardives : Welander (Suède), Markesberry et Griggs, Finlandaise
- Rétractations au premier plan, affectant les coudes et le rachis, troubles du rythme et/ou de la conduction cardiaque, déficit modéré et peu évolutif, histoire familiale
- Emery-Dreifuss lié à l’X : déficit en émerine (muscle, lymphocytes) ; recherche de mutations Xp28
- Emery-Dreifuss de transmission dominante : mutations du gène de la lamine : 1q11)
- Déficit musculaire acquis, rapidement évolutif
- diagnostic
- contexte inflammatoire, plurisystémique, toxique, iatrogène, endocrinien, biopsie
- principales entités
- inflammatoires : polymyosite, dermatomyosite, myosite à inclusion
- toxiques et iatrogènes : alcool + tableau VI
- endocriniennes : hyper et hypothyroïdie, Cushing, hyperparathyroïdie
- Syndromes myotoniques
- diagnostic
- myotonie, paramyotonie, transmission, déficit distal ou proximal, atteinte plurisystèmique, étude de l’ADN, biopsie
- principales entités
- maladie de Steinert (voir supra) , étiologie la plus fréquente ; expansion CTG
- PROMM : myopathie proximale avec myotonie ; proche du Steinert, mais déficit proximal, pas d’expansion CTG
- les myotonies congénitales : début précoce, pas de déficit ni atteinte plurisystémique ; dominante = Thomsen, récessive = Becker ; mutations du gène du canal chlore
- paramyotonie de Von Eulenburg : aggravation de la myotonie à la répétition du mouvement et au froid, transmission dominante, mutations du gène du canal sodium
- syndrome de Schwartz-Jampel : chondrodysplasie, dysmorphie
- Episodes paralytiques récidivants
- diagnostic
- kaliémie au cours de la crise, antécédents familiaux, myotonie, biopsie, étude de l’ADN
- principales entités
- héréditaires à transmission dominante
- paralysie familiale hypokaliémique ; mutations du gène du canal calcium
- paralysie familiale hyperkaliémique : myotonie, mutation gène canal sodium
dans les 2 cas vacuoles et agrégats tubulaires- acquises
- hypokaliémique : thyrotoxicose, diarrhée, vomissements, diurétiques, hyperaldostéronisme
- hyperkaliémie : insuffisance rénale, insuffisance surrénale
- Ophtalmoplégie ± troubles bulbaires ± déficit ou fatigabilité des membres
- diagnostic
- profil évolutif, notion familiale, atteinte plurisystémique, test au tensilon, bloc NM, dosage d’anticorps anti-RACh, biopsie, génétique
- principales entités
- myasthénie : poussées, Reversol +, bloc NM, présence d’anticorps anti-RACh
- myopathie mitochondriale : notion familiale, intolérance à l’effort avec myalgies, essoufflement, surdité, rétinite pigmentaire, cardiopathie, ataxie cérebelleuse, hyperlactatémie, biopsie : surcharge mitochondriale : ragged red fibers
- myopathie oculopharyngée : autosomique dominante, absence d’atteinte plurisystémique après 60 ans, biopsie : vacuoles bordées, tubulofilaments de 8.5 nm ; génétique : expansion GCG du gène de la Poly A Binding Protein (14q11)
- Myolyse et/ou intolérance à l’effort
- démarche diagnostique
- recherche d’épisodes de nécrose musculaire aig üe (myolyse), épreuve d’effort (production d’acide lactique), biopsie (accumulation de glycogène ou de lipides, dosages enzymatiques)
- principales entités
- glycogénoses : déficit en phosphorylase (McArdle), phosphorylase kinase, enzymes de la glycolyse, myolyse, intolérance à l’effort bref, absence d’élévation des lactates à l’effort, surcharge en glycogène à la biopsie
- déficit en carnitine palmityl transférase : myolyse après jeûne et/ou effort prolongé biopsie normale ou surcharge discrète en lipides, activité enzymatique diminuée (lymphocytes et muscle)
- myopathies mitochondriales : pas de myolyse, hyperlactacidémie, atteinte plurisystémique, biopsie : ragged red fibers
- autres déficits enzymatiques : myoadénylate déaminase, bétaoxydation, inconnus
- diagnostic differentiel
- douleurs psychogènes
- Myopathies iatrogènes
- voir tableau 2
| Tableau 2 : myopathies iatrogènes |
| myopathie focale |
effet direct de l’aiguille, effet dû au produit injecté : opiacés, chlorpromazine |
| myopathie aigüe ou subaigüe, douloureuse et déficitaire |
hypocholéstérolémiants, acide epsilon caproïque, émétine, vincristine, zidovudine (azt), cimétidine, lithium, danazol, certains cytotoxiques, produits donnant une hypokaliémie : diurétiques, laxatifs, amphotéricine B, réglisse |
| myolyse aigüe |
lithium, barbituriques, benzodiazépine, antihistaminiques, neuroleptiques, paracetamol, oxyprenolol, phenformine, glutethimide (contexte favorisant : coma, crises comitiales), hypokaliémiants (voir supra), etc |
| myopathie subaigüe ou chronique avec déficit indolore |
corticoïdes, chloroquine, colchicine, maléate de perhexilline |
| syndromes myasthéniques |
antibiotiques : aminoglycosides, polymyxine, tétracyclines anésthésiques : curare, suxamethonium bétabloquants, chlorpromazine, phenytoïne, trimethadione, procaïnamide, colchicine, D pénicillamine |
| myotonie |
diazocholesterol, acide epsilon caproïque, chloroquine bétabloquants, suxaméthonium : aggravation d’une myotonie préexistante (Steinert) |
| hyperthermie maligne |
produits en cause : suxamethonium, halotane effet préventif et thérapeutique du Dantrolène contexte : affection musculaire primitive, autosomique dominante, myopathie congénitale à central core, myotonie congénitale, Duchenne/Becker |
| myopathies inflammatoires |
pénicillamine, cimetidine réaction du greffon contre l’hôte : polymyosite tryptophane : fasciite |
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